Elle vaut des millions, mais Dido était atteinte d'un manque d'assurance chronique. Jusqu'à ce que fonder une famille et fêter ses 40 ans lui ait donné la confiance en elle qu'elle désirait absolument
Balandez vous dans Upper Street, dans Islington, dans le nord de Londres, ou faites un saut dans le Waitrose [Ndlt : un supermarché] local et, qui sait ? vous pourriez bien rencontrer une superstar de la pop.
Avec 38 millions d'albums vendu et un best of prévu pour cette semaine, Dido est l'une des artistes du 21ème siècle ayant vendu le plus de disques, mais les hôtels particuliers, les avions privés et les équipes qui trainent à sa suite ne sont pas sa tasse de thé.
Aujourd'hui encore, 14 ans après qu'elle soit devenue célèbre avec l'album No Angel, Dido est toujours discrète et douce. Elle a 41 ans mais en fait dix de moins, elle ressemble en fait plus à une adolescente, tandis qu'elle joue avec son collier, son vernis à ongle noir écaillé. Ce qui a changé, c'est qu'elle a trouvé la paix de l'esprit.
Elle est mariée au romancier Rohan Gavin, fils de l'auteur pour enfants Jamila Gavin ; ils ont un fils de deux ans, Stanley, et elle est déterminée à vivre une vie ordinaire.
"Stanley adore faire les courses, parcourir les allées, porter les sacs de salades, explique-t-elle. Je ne veux pas d'une vie qui soit complètement différente de celle des autres, où je n'aurais pas mes amis et ma famille auprès de moi."
Stanley croit que sa maman ne chante que pour lui, et lorsque son groupe passe à la maison pour répéter, il pense être l'un des leurs. Lorsqu'elle a demandé à Stanley ce que faisait son papa, plus tôt dans la journée, lors de notre rencontre, il a répondu : "Il écrit des livres."
"Quand je lui ai demandé ce que faisait sa maman comme travail, il a semblé un peu pensif, comme pour dire : 'Elle travaille ?' Et puis, il a répondu : 'Maman mange des livres.' Je me suis dis : 'Où est-ce que tu as pêché ça ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ?'"
En réalité, Dido a bien dévoré des livres toute sa vie, venant d'une famille de littéraires. Son père (qui est décédé), William Armstrong, était directeur général des éditions Sidgwick & Jackson, et sa mère, Clare, est poète. Baptisée Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong (mais elle est devenue Dido au sein de sa famille, d'après la tragique Reine de Carthage), elle préférait, à juste titre, être appelée du nom plus commun Clare, d'après sa mère.
"Je suis sûre que ma mère est très fière du choix de mon nom, aujourd'hui, mais ça n'était pas marrant quand j'étais gamine. On n'a pas besoin d'une raison de plus de se sentir un peu exclu. C'est déjà assez dur d'être un enfant."
Sa mère, bohémienne, n'aimait pas que Dido et son frère Rollo (qui est devenu plus tard un de membres du groupe Faithless) invitent des amis à la maison, et il n'y avait pas de poste de télé ou de radio sous leur toit, mais il y avait beaucoup de livres. En grandissant, ils se sentaient en marge, mais Dido a l'impression que l'expérience leur a laissé un héritage riche.
"Ce que Rollo et moi avons gardé de notre enfance, c'est une véritable capacité à être seuls, à utiliser notre imagination pour créer notre propre divertissement. Nous adorons tous les deux lire, et créer des choses, alors quoi qu'aient fait nos parents, ça a marché, que ça ait été intentionnel ou non."
"Lorsque j'étais enfant, et ensuite adolescente, je voulais désespéramment rentrer dans le moule, et je n'ai jamais eu vraiment l'impression d'y être parvenue. Il faut être rebelle d'une certaine manière, lorsqu'on grandit, et j'étais une adolescente très difficile. Sur des photos de moi de cette époque, je suis un peu renfrognée, j'avais des cheveux très sombres, à la gothique. Le but n'était pas d'être belle, je ne l'étais pas, mais je croyais être cool, et j'ai gardé cette allure pendant toute cette période."
"On ne pouvait pas être tout sourire et heureux. Mais quoi que ce soit qui m'ait conduite jusqu'ici, je le considère comme une chance. J'ai toujours vécu ainsi. Je ne regarde jamais en arrière pour regretter quelque chose, parce que je me dis : 'Est-ce que je suis heureuse aujourd'hui ? Est-ce que ça va maintenant ? Oui.'"
Les racines de Dido se trouvent dans la musique classique. Elle a suivi des cours à la prestigieuse Guildhall School of Music de Londres, a joué du violon et du piano, et est partie en tournée en Europe au sein d'un ensemble de musique classique. Elle rêvait de devenir pianiste concertiste, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle ne serait jamais assez bonne.
Après ses examens, à la fin du lycée, elle a travaillé dans une maison d'édition de renom, tout en étudiant le droit le soir. "Je ne sais pas pourquoi j'ai étudié le droit. Je voulais utiliser mon cerveau, d'une manière ou d'une autre. Ca n'a pas duré longtemps. J'essayais seulement de déterminer ce que je voulais faire [de ma vie]. La musique n'était qu'un hobby et ne semblait pas être quelque chose de réaliste. J'étais dans un groupe et on se produisait sur scène. Je faisais des concerts dont la publicité était imprimée sur la quatrième de couverture des magazines. Affreux."
Elle était fragile sur le plan émotionnel, durant ce temps là. Elle a souffert de crises de panique après avoir signé avec un producteur de musique, en octobre 1996. Dans son esprit, elle pensait avoir renoncé à la partie la plus intime d'elle-même, au réconfort que lui apportaient ses chansons. "La musique était mon unique refuge, le chose la plus solide dans ma vie, vers laquelle je me réfugiais lorsque j'étais heureuse ou triste. C'était mon moyen d'expression. Après avoir signé un contrat, la plupart des gens iraient faire la fête pour célébrer ça, mais j'ai pensé : 'Oh non !' J'avais le sentiment d'avoir cédé la seule partie non-contaminée de ma vie. Mais je m'en suis remise."
Sa musique est parvenue jusqu'au faiseur de tubes américain Clive Davis, qui s'est occupé de la carrière de Whitney Houston, et jusqu'au directeur de maison de disques L.A. Reid, qui est devenu par la suite juré dans le "X Factor" américain. En dépit de leur réputation de durs de la profession, les deux hommes se sont montrés sensibles à son talent fragile, et cela a pris plusieurs années avant qu'elle ne soit prête à affronter le public. Le résultat : l'album No Angel, sorti en 1999, qu'elle a emmené sur une tournée de trois ans autour des Etats-Unis, et dont elle a vendu 21 millions d'exemplaires.
Après sa sortie, elle a été surprise de recevoir une lettre du célèbre rappeur Eminem, lui demandant la permission d'utiliser une partie de sa chanson 'Thank You' dans son titre 'Stan'. Elle a accepté, et la chanson l'a aidée à devenir une star.
N'ayant pas vu Eminem pendant 8 ans, Dido a reçu un appel inopiné de son équipe, plus tôt cette année, pour lui demander si elle voulait interpréter 'Stan' à ses côtés aux festivals de Reading et de Leeds, pendant l'été. "J'ai tenu ça secret, et nous avons débarqué ce soir là. Le public était incroyable. Ils ont deviné de qui il s'agissait très rapidement."
Malgré le traumatisme d'avoir signé ce contrat quelque temps auparavant, elle a trouvé en la célébrité une place confortable, en grande majorité parce qu'elle ne pouvait appréhender l'étendue de sa célébrité.
"De manière assez amusante, c'était moins dur de m'habituer à la célébrité que de signer le contrat, parce que je n'en avais pas vraiment conscience. Lorsque les choses ont décollé, avec l'album, j'étais sur une tournée qui a duré trois ans, donc on n'a pas conscience de ce qui se passe dans la vraie vie."
"Vous êtes dans un contexte super cool où vous vous levez, vous montez dans le bus et vous faites votre concert. Jusqu'à ce que je rentre chez moi, je n'avais pas réalisé ce qui s'était passé. Il y a eu des petits incidents qui m'ont fait réaliser, comme lorsqu'un journaliste s'est présenté chez ma mère. Je pense avoir été traitée avec un incroyable respect, et j'en suis reconnaissante. Mais je n'ai rien à cacher, tout est dans ma musique, de toute façon."
Elle est toujours autant passionnée par sa musique, et elle travaille en ce moment sur un nouveau projet, mais tout est secondaire face à son rôle de maman. Stanley, dont le nom n'a rien à voir avec la chanson d'Eminem, l'a aussi aidée à se lier avec sa propre mère. Lorsque Dido avait 15 ou 16 ans (elle n'arrive pas à déterminer son âge), elle a quitté le foyer familial à cause de leur relation conflictuelle.
Elle a dit un jour : "C'était simplement difficile pour nous deux de vivre dans la même maison." Elle rit, avec peut-être un brin d'embarras, à ce souvenir, et endosse toute la responsabilité. "Je n'étais probablement pas de la meilleure compagnie. Mais aujourd'hui, nous avons des discussions merveilleuses. Elle est l'une des personnes avec qui j'aime le plus parler."
Elles vivent désormais à quelques mètres de distance. "C'est une personne formidable, intelligente à en faire peur, une compagnie géniale et une révélation dans le rôle de grand-mère. L'amour et la joie qui apparaissent sur le visage de Stanley lorsqu'elle vient rendre visite... Je ne voudrais perdre ça pour rien au monde."
Dido était très proche de son père, qui est décédé en 2006 des suites d'une longue maladie. Son premier single, 'Here With Me', a été écrit le soir où elle est rentrée chez elle, après être revenue de l'hôpital où son père avait été admis pour la première fois, gravement malade. Elle était présente à son chevet, pour lui chanter sa chanson préférée, 'Raglan Road' de The Dubliners, tandis qu'il était mourant.
Les paroles, écrites par le poète Patrick Kavanagh, parlaient de la tante de William, Hilda O'Malley. "Papa me jouait cette chanson lorsque j'étais enfant. C'était une chanson à laquelle nous étions tous les deux très attachés, et je la lui ai chantée sans arrêt lorsqu'il était malade." Elle a écrit le titre 'Grafton Street' sur son album Safe Trip Home, sorti en 2008, d'après 'Raglan Road', comme un hommage à son père. "My love I know we're losing but I will stand here by you "("Mon amour je sais que nous sommes en train de perdre mais je resterai ici à tes côtés"), a-t-elle écrit.
La personnalité de Dido s'est transformée au cours des années. Elle respire la satisfaction, mais pas d'une mannière suffisante. Elle a simplement trouvé son centre de gravité. "J'étais probablement beaucoup plus fragile lorsque j'ai débuté ma carrière. Je suis bien plus sûre de moi qu'auparavant. C'est en partie dû au fait de vieillir. Avec vos 40 ans survient une vague d'acceptation."
"J'ai l'impression de comprendre maintenant. Peu m'importe d'être appréciée, c'est comme ça. Ca m'a pris une bonne vingtaine d'années pour comprendre ça. La moitié de ma carrière est basée sur le fait de vouloir être aimée, mais on en arrive à un point où on se dit : 'Tout le monde ne peut pas m'aimer, et je l'accepte.' Du moment que les gens que j'aime m'aiment en retour."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
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vendredi 22 novembre 2013
Mail Online - 22 novembre 2013
She's worth millions, but Dido was racked with chronic insecurity - until having a family and turning 40 gave her the confidence she craved
Wander down Upper Street in Islington, north London, or pop into the local Waitrose and you never know, you might just bump into a pop superstar.
Dido, with 38 million album sales and a Greatest Hits album coming out this week, is one of the biggest-selling artists of the 21st century, but mansions, private planes and entourages are not her thing.
Even now, 14 years since she shot to fame with the album No Angel, Dido is still demure and softly spoken. She's 41 but looks ten years younger, more like a teenager in fact, as she fiddles with her necklace, her black nail polish chipped. What's changed is that she's found peace of mind.
She's married to novelist Rohan Gavin, son of children's writer Jamila Gavin, they have a two-year-old son Stanley, and she's determined to live an ordinary life.
'Stanley loves shopping, going round the aisles, holding the bags of salad,' she says. 'I don't want a life that's so different from everybody else's, where I don't have all my friends and family around me.'
Stanley thinks Mummy only performs for him, and when her band comes over to rehearse he thinks he's one of them. When she asked Stanley what does Daddy do, earlier on the day we met, he replied, 'He writes books'.
'When I asked what does Mummy do when she's working, he looked a bit thoughtful as if to say, "She works?" Then he said, "Mummy eats books." I thought, "Where are you even getting that? What have I been doing?"'
Dido has actually been devouring books all her life, coming from a literary family. Her late father William Armstrong was managing director of publishers Sidgwick & Jackson and her mother Clare is a poet. Christened Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong – though she became known by the family as Dido after the tragic Queen of Carthage – she understandably preferred to call herself the more commonplace Clare, after her mother.
'I'm sure my mum feels quite proud of her name choice now, but it wasn't fun as a kid. You don't need more reason to feel a bit isolated. It's hard enough being a kid.'
Her bohemian mother didn't like Dido and her brother Rollo (who went on to become one of the band Faithless) having friends around and there was no TV or stereo in the house, though plenty of books. They felt like outsiders growing up, but Dido feels this left them with a rich legacy.
'What Rollo and I do have from our childhood is a real ability to be on our own, using our imaginations to create our own fun. We both love reading and creating things, so whatever our parents did, it worked, whether it was intentional or not.
'As a kid and a teenager I desperately wanted to fit in, I never felt quite like I did. You have to be a rebel in some way growing up and I was quite a difficult teenager. In pictures of me then I'm a bit scowly, I had really dark gothy hair. It wasn't about looking good, I did not look good, but I thought I was cool and kept it up the whole time.
'You couldn't be all smiley and happy. But whatever got me here I feel lucky to have had. I've always lived like that. I don't ever look back and regret things because I think, "Am I happy now? Is it good now? Yes."'
Dido's background was in classical music. She went for lessons at the prestigious Guildhall School of Music in London, played violin and piano and toured Europe in a classical music ensemble. She dreamt of becoming a concert pianist until she realised she’d never be good enough.
After her A-levels she worked at a leading literary agents while studying law at night. 'I don't know why I picked law. I just wanted to use my brain in some way. It didn't last long. I was just trying to work out what I wanted to do. Music was a hobby and didn't seem like a realistic thing. I was in a band and we did gigs. I'd do sessions that were advertised in the back of music magazines. Dreadful.'
She was emotionally fragile in those early days. She suffered panic attacks after signing with song publishers in October 1996. In her head she thought she'd signed away the most personal part of herself, the solace her songs brought her. 'Music had been my only refuge, the one solid thing in my life that I would go to if I was happy or sad. It was the way I expressed myself. On signing a deal most people would go out and party, but I thought, "Oh no!" I felt I'd given the one uncontaminated piece of my life away. But I got over it.'
Her music came to the attention of American hit maker Clive Davis, who nurtured Whitney Houston's career, and later record executive LA Reid, who went on to become a judge on American X Factor. Despite both men's reputations as tough operators they were sensitive to her fragile talent and it took several years before she was ready to face the public. The result was the 1999 album No Angel, which she took on a three-year tour round America and went on to sell 21 million copies.
After its release she was surprised to receive a letter from notorious rapper Eminem requesting permission to use part of her song 'Thank You' in his song Stan. She agreed and the song helped make her a star.
Having not seen Eminem for eight years, Dido got an unexpected call from his people earlier this year asking if she would like to perform Stan with him at the Reading and Leeds Festivals in the summer. 'I kept it totally quiet and we just rocked up on the night. The crowds were unbelievable. They worked out who it was pretty quickly.'
Despite the trauma of signing that earlier publishing deal, she found fame a comfortable fit, largely because she couldn't comprehend how famous she had become.
'In a funny way it was less hard to get used to fame than signing the publishing deal because I wasn't properly aware of it. By the time things kicked off with the record I was on a tour that lasted three years, so you're not aware of what's going on in the real world.
'You're in this pretty cool place where you get up, get on the bus and do your show. It wasn't until I came home that I realised what had happened. There were little moments that made me realise it, like a journalist turning up at my mum's house. I think I've been treated incredibly respectfully, which I'm thankful for. But I don't have anything to hide, it's all in my music anyway.'
She is still as passionate about her music and is working on new material, but everything is subservient to her role as a mum. Stanley, whose name has nothing to do with the Eminem song, has also helped her bond with her own mother. When Dido was 15 or 16 – she can't quite remember which – she moved away from home because of their difficult relationship.
She once said, 'It was just hard for us to live in the same house as each other.' She laughs, perhaps with a twinge of embarrassment, at the recollection and lays the blame on herself. 'I probably wasn't the best company. But now we have wonderful chats. She's one of my favourite people to talk to.'
They now live round the corner from each other. 'She's an amazing person, scarily intelligent, brilliant company and a revelation as a grandmother. The love and happi- ness on Stanley's face when she comes around the corner – I wouldn't lose that for the world.'
Dido was very close to her father, who died in 2006 after a long illness. Her debut single 'Here With Me' was written the night she came home from the hospital when he was first taken seriously ill, and she was at his bedside singing his favourite song, The Dubliners' Raglan Road, as he lay dying.
The lyrics, written by poet Patrick Kavanagh, were about William's aunt Hilda O'Malley. 'Dad played me that song when I was young. It was a song we both had a huge connection with, and I sang it to him all the time when he was ill.' She wrote the song 'Grafton Street' on her 2008 album Safe Trip Home, based on Raglan Road, as a tribute to her father. 'My love I know we're losing but I will stand here by you,' she wrote.
Dido's personality has been transformed over the years. She exudes contentment, though not in a smug way. She's simply found her centre of gravity. 'I was probably a lot more fragile when I started out in my career. I'm a way more confident person than I was. Part of that is getting older. Turning 40 you get this wave of acceptance.
'I feel like I've got it now. I don't mind not being liked, that's what it is. It's taken me a good 20 years to spot that. Half my career is based on wanting to be liked but you get to the stage where you think, "I'm not going to be liked by everybody and I'm OK with it." As long as the people I love want me back.'
(Source)
Wander down Upper Street in Islington, north London, or pop into the local Waitrose and you never know, you might just bump into a pop superstar.
Dido, with 38 million album sales and a Greatest Hits album coming out this week, is one of the biggest-selling artists of the 21st century, but mansions, private planes and entourages are not her thing.
Even now, 14 years since she shot to fame with the album No Angel, Dido is still demure and softly spoken. She's 41 but looks ten years younger, more like a teenager in fact, as she fiddles with her necklace, her black nail polish chipped. What's changed is that she's found peace of mind.
She's married to novelist Rohan Gavin, son of children's writer Jamila Gavin, they have a two-year-old son Stanley, and she's determined to live an ordinary life.
'Stanley loves shopping, going round the aisles, holding the bags of salad,' she says. 'I don't want a life that's so different from everybody else's, where I don't have all my friends and family around me.'
Stanley thinks Mummy only performs for him, and when her band comes over to rehearse he thinks he's one of them. When she asked Stanley what does Daddy do, earlier on the day we met, he replied, 'He writes books'.
'When I asked what does Mummy do when she's working, he looked a bit thoughtful as if to say, "She works?" Then he said, "Mummy eats books." I thought, "Where are you even getting that? What have I been doing?"'
Dido has actually been devouring books all her life, coming from a literary family. Her late father William Armstrong was managing director of publishers Sidgwick & Jackson and her mother Clare is a poet. Christened Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong – though she became known by the family as Dido after the tragic Queen of Carthage – she understandably preferred to call herself the more commonplace Clare, after her mother.
'I'm sure my mum feels quite proud of her name choice now, but it wasn't fun as a kid. You don't need more reason to feel a bit isolated. It's hard enough being a kid.'
Her bohemian mother didn't like Dido and her brother Rollo (who went on to become one of the band Faithless) having friends around and there was no TV or stereo in the house, though plenty of books. They felt like outsiders growing up, but Dido feels this left them with a rich legacy.
'What Rollo and I do have from our childhood is a real ability to be on our own, using our imaginations to create our own fun. We both love reading and creating things, so whatever our parents did, it worked, whether it was intentional or not.
'As a kid and a teenager I desperately wanted to fit in, I never felt quite like I did. You have to be a rebel in some way growing up and I was quite a difficult teenager. In pictures of me then I'm a bit scowly, I had really dark gothy hair. It wasn't about looking good, I did not look good, but I thought I was cool and kept it up the whole time.
'You couldn't be all smiley and happy. But whatever got me here I feel lucky to have had. I've always lived like that. I don't ever look back and regret things because I think, "Am I happy now? Is it good now? Yes."'
Dido's background was in classical music. She went for lessons at the prestigious Guildhall School of Music in London, played violin and piano and toured Europe in a classical music ensemble. She dreamt of becoming a concert pianist until she realised she’d never be good enough.
After her A-levels she worked at a leading literary agents while studying law at night. 'I don't know why I picked law. I just wanted to use my brain in some way. It didn't last long. I was just trying to work out what I wanted to do. Music was a hobby and didn't seem like a realistic thing. I was in a band and we did gigs. I'd do sessions that were advertised in the back of music magazines. Dreadful.'
She was emotionally fragile in those early days. She suffered panic attacks after signing with song publishers in October 1996. In her head she thought she'd signed away the most personal part of herself, the solace her songs brought her. 'Music had been my only refuge, the one solid thing in my life that I would go to if I was happy or sad. It was the way I expressed myself. On signing a deal most people would go out and party, but I thought, "Oh no!" I felt I'd given the one uncontaminated piece of my life away. But I got over it.'
Her music came to the attention of American hit maker Clive Davis, who nurtured Whitney Houston's career, and later record executive LA Reid, who went on to become a judge on American X Factor. Despite both men's reputations as tough operators they were sensitive to her fragile talent and it took several years before she was ready to face the public. The result was the 1999 album No Angel, which she took on a three-year tour round America and went on to sell 21 million copies.
After its release she was surprised to receive a letter from notorious rapper Eminem requesting permission to use part of her song 'Thank You' in his song Stan. She agreed and the song helped make her a star.
Having not seen Eminem for eight years, Dido got an unexpected call from his people earlier this year asking if she would like to perform Stan with him at the Reading and Leeds Festivals in the summer. 'I kept it totally quiet and we just rocked up on the night. The crowds were unbelievable. They worked out who it was pretty quickly.'
Despite the trauma of signing that earlier publishing deal, she found fame a comfortable fit, largely because she couldn't comprehend how famous she had become.
'In a funny way it was less hard to get used to fame than signing the publishing deal because I wasn't properly aware of it. By the time things kicked off with the record I was on a tour that lasted three years, so you're not aware of what's going on in the real world.
'You're in this pretty cool place where you get up, get on the bus and do your show. It wasn't until I came home that I realised what had happened. There were little moments that made me realise it, like a journalist turning up at my mum's house. I think I've been treated incredibly respectfully, which I'm thankful for. But I don't have anything to hide, it's all in my music anyway.'
She is still as passionate about her music and is working on new material, but everything is subservient to her role as a mum. Stanley, whose name has nothing to do with the Eminem song, has also helped her bond with her own mother. When Dido was 15 or 16 – she can't quite remember which – she moved away from home because of their difficult relationship.
She once said, 'It was just hard for us to live in the same house as each other.' She laughs, perhaps with a twinge of embarrassment, at the recollection and lays the blame on herself. 'I probably wasn't the best company. But now we have wonderful chats. She's one of my favourite people to talk to.'
They now live round the corner from each other. 'She's an amazing person, scarily intelligent, brilliant company and a revelation as a grandmother. The love and happi- ness on Stanley's face when she comes around the corner – I wouldn't lose that for the world.'
Dido was very close to her father, who died in 2006 after a long illness. Her debut single 'Here With Me' was written the night she came home from the hospital when he was first taken seriously ill, and she was at his bedside singing his favourite song, The Dubliners' Raglan Road, as he lay dying.
The lyrics, written by poet Patrick Kavanagh, were about William's aunt Hilda O'Malley. 'Dad played me that song when I was young. It was a song we both had a huge connection with, and I sang it to him all the time when he was ill.' She wrote the song 'Grafton Street' on her 2008 album Safe Trip Home, based on Raglan Road, as a tribute to her father. 'My love I know we're losing but I will stand here by you,' she wrote.
Dido's personality has been transformed over the years. She exudes contentment, though not in a smug way. She's simply found her centre of gravity. 'I was probably a lot more fragile when I started out in my career. I'm a way more confident person than I was. Part of that is getting older. Turning 40 you get this wave of acceptance.
'I feel like I've got it now. I don't mind not being liked, that's what it is. It's taken me a good 20 years to spot that. Half my career is based on wanting to be liked but you get to the stage where you think, "I'm not going to be liked by everybody and I'm OK with it." As long as the people I love want me back.'
(Source)
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jeudi 1 juillet 2004
ELLE UK - Juillet 2004 [Traduction]
"Je veux une vie intense."
Son véritable nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong. Elle aime boire du rhum et rester éveillée jusque tard dans la nuit, pour composer des chansons que personne n'entendra jamais, sur son Steinway des années 1930. Et il existe deux choses dans la vie que, peut-être, elle apprécie plus encore que sa propre compagnie : le sexe et un bon match d'Arsenal. Découvrez une Dido drôle et décalée, comme vous ne la connaissiez pas, dans son interview la plus révélatrice à ce jour. Par Jan Moir.
Dido est moulée dans une robe signée Missoni, fendue jusqu'à la taille, aux motifs léopards, et qui se termine par des rubans flottants au niveau de ses jambes minces et bronzées. Ses cheveux sont humides et ondulés, et ses yeux sont fardés d'un noir très vamp. Elle est à couper le souffle, sensuelle : Wilma Pierrafeu rencontre la Jane de Tarzan. Un brin "ouh, là, là !" Beaucoup de "arrrgg". Mais ça ne ressemble pas vraiment à Dido. Du moins, pas à la Dido que l'on croit connaitre. Mais la connait-on réellement ? "Pas vraiment", dit-elle. Et ça lui convient très bien.
Elle explique : "J'ai toujours essayé de faire en sorte que les gens se focalisent sur ma musique, et non sur moi. C'est pour ça que je ne défile pas en soutien gorge et mini-short. C'est amusant de s'habiller et d'être féminine, et si quelqu'un me dit que je suis sexy, j'en suis contente, mais je ne veux pas que tout le monde ait le sentiment de connaitre la moindre parcelle de mon anatomie. J'ai absolument confiance en moi, actuellement ; j'adore cette robe, mais je peux me sentir sexy dans des vêtements très simples. Pour moi, c'est une attitude plus élégante à adopter. Garder [mon corps] pour moi. Le garder privé. Le réserver pour la chambre à coucher."
Dido rit et disparait dans une loge, afin de se changer après notre séance photo. Plus tard, elle réapparait dans ses vêtements sobres habituels : un jean Juicy, un T-shirt et une paire de sandales Topshop qu'elle adore, car elles sont hautes, mais assez confortables pour lui permettre de danser sur scène. "Comme ça", explique-t-elle, en bougeant un peu. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? "Un de mes pas de danse avant-gardistes, s'il vous plaît !", rit-elle. Elle plaisante, bien sûr. "Je suppose que ça explique pourquoi je n'ai jamais pu être une véritable pop star géniale, à l'échelle planétaire, comme Kylie ou Britney. Je me casserais la figure dès le premier obstacle de danse."
C'est une soirée douce dans Kew Gardens, avec un léger vent frais qui accompagne la brise. Dido veut une tasse de thé noir. Où sont ses lunettes de soleil ? Elle enfile sa chère veste Marc Jacobs, celle-là même qu'elle portait pour la séance photo de son second album, Life for Rent. Pour son premier album, No Angel, elle apparaissait à peine, si ce n'est comme une ombre floue en noir et blanc. "Si j'avais pu choisir, personne n'aurait jamais su à qui appartenait ce visage. Je n'ai jamais voulu que tout ça arrive. Tout ce que j'avais entrepris, c'était de faire un album que je voulais écouter, dit-elle. J'étais une artiste underground qui avait fait un disque sans prétention, mais, d'une manière ou d'une autre, c'est devenu dingue."
Ca, c'est sûr. La musique éparse et mélancolique de Dido a fait d'elle l'une des artistes les plus vendeuses dans le monde. Il y a quelque chose à propos de l'intimité de sa voix cristalline et de ses chansons épurées, à laquelle les fans répondent de manière profonde ; comme si, certains l'affirment, elle chantait dans leur propre tête. Faisant le lien à un autre niveau, Dido aime aussi écrire et chanter à propos des "petits moments" furtifs que nous partageons tous : lorsque le bel amour tourne mal, lorsqu'on rencontre quelqu'un, le triomphe et la tragédie de la vie quotidienne. "Comme ce bref moment où vous êtes complètement malade parce que vous venez de passer près de l'être aimé, et qu'il est accompagné de quelqu'un d'autre. C'est ça qui compte : cet infime, minuscule moment d'une vie. J'adore écrire des grandes chansons à propos de ça." Il y a deux scénarii lorsqu'elle écrit ces chansons-là : "Je dois me retirer quelque part et me sentir véritablement seule, explique-t-elle. Ou alors, je reste chez moi et je me saoule un peu. Etre ivre et écrire des chansons est l'une des choses que je préfère par-dessus tout."
Chez elle, c'est une maison fabuleuse dans le nord de Londres, qu'elle a achetée elle-même et qu'elle a transformée en une sorte de "Temple de Dido". Il n'y a qu'une chambre à coucher (la sienne), parce que toutes les autres pièces ont été transformées en satellites de Dido, pour le travail et les loisirs. Il y a la salle de gym de Dido, le bureau de Dido, la salle de musique de Dido ; toutes ces pièces formant une zone exclusive à Dido, d'une certaine manière. Le message que cela envoie est clair : défense d'entrer ! Cette femme a besoin de son espace. Enfant, Dido (dont le vrai nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong) était isolée. Elle confesse une vie très casanière, où elle pratiquait le violon et la flute à bec dans sa chambre pendant des heures, et où elle a enduré les affres et les douleurs de l'adolescence seule. "Lorsque j'ai rompu avec mon premier petit copain, j'avais vraiment le cœur brisé. Ma mère a dit que je n'ai pas quitté la maison pendant trois mois. Chaque soir, je faisais de l'aérobic dans ma chambre, au son des disques de Imagination. C'était excellent. Je me suis complètement remodelée."
Malgré ce genre de calamités de l'adolescence, la douce jeune fille qui excellait à ses cours de musique, et chantait dans la chorale de l'école, a aussi découvert des activités extrascolaires différentes, plus intéressantes. "J'étais toujours très ouverte à propos du sexe, quand j'étais plus jeune. On est prêt à tout essayer, à cet âge, pas vrai ? Même si on ressent toujours un peu de manque d'assurance. Parfois, on n'est pas assez sûr." Mais la pratique permet de s'améliorer. "Oui. Et puis, on prend de l'âge, et le sexe devient génial. On passe à un niveau complètement nouveau."
Malgré tout, Dido a toujours besoin de beaucoup de temps seule, et est frustrée lorsque ce n'est pas possible. De bien des façons, la vie de troubadour de la pop star, entre studios d'enregistrement et tournées, voyages et déplacements, lui convient "parfaitement". "J'ai seulement besoin de faire les choses en étant seule. Je suis très contente quand je suis seule. Je passe mon temps à semer les gens."
Ainsi, sa maison de Islington demeure son sanctuaire. Lorsqu'elle a envie de compagnie, elle cuisine des plats sains et "délicieux" pour ses amis : beaucoup de poisson, de légumes, de salades. "Je ne sais pas faire de sauces, mais je suis experte en poisson ; j'enroule le cabillaud dans du papier aluminium, avec un peu de citron et d'huile, et je le fais cuire au four." Parfois, lorsqu'elle revient de ses emplettes, avec ses salades et ses fruits, elle descend sa rue, observe sa maison et se dit : "Je n'arrive pas à croire que j'habite là. Je n'arrive pas à croire que c'est ma maison. C'est tout ce dont j'aurais toujours besoin."
La célébrité et la fortune sont arrivées rapidement, pour Dido. Et, en dehors d'une étrange crise de panique occasionnelle, elle a merveilleusement fait face, de sa manière bien à elle, sensée et terre-à-terre. "Tous mes amis disent que ça ne m'a pas changée du tout, mais, bien sûr que ça m'a changée. De manière positive. J'ai bien plus confiance en moi et je suis plus heureuse ; la vie est magnifique. Il y a des jours où ça m'ennuie, mais aujourd'hui, si quelque chose m'embête, je m'arrête et je me dis : 'Rien de ce qui t'ennuie ne compte vraiment.' J'ai de la chance. J'ai une vie extraordinaire, et je veux en profiter, parce que quelque chose surviendra et m'arrêtera, à un moment donné."
Dido a reçu une éducation aimante, plutôt bohémienne, de la part de son père éditeur et de sa mère poète, dans le nord de Londres. La télévision était bannie de leur maison de ville, et sa relation avec ses deux parents, et particulièrement avec sa mère, pouvait être orageuse. Son frère, Rollo, et elle s'amusaient avec des instruments de musique et des chansons, et elle a étudié la musique dans les deux écoles privées qu'elle a fréquentées. Alors qu'elle enregistrait son second album, son père est tombé gravement malade et a failli mourir. Cela explique peut-être, en partie, la gravité derrière le regard clair et intelligent de Dido, et sa détermination à profiter pleinement des choses. "Oui, dit-elle. Vous devez vivre votre vie. Vous pouvez vous laisser porter par la vie, ou vous pouvez vous y lancer pleinement. Et je veux la vivre pleinement."
Sa famille reste liée, à sa manière. Elle assiste aux matchs de foot d'Arsenal avec son père et, au milieu de son salon, se trouve son bien le plus imposant : un piano à queue Steinway des années 1930, cadeau de Rollo, un musicien, dont la maison de disques a été la première de Dido. "Il est superbe, avec une sonorité merveilleuse", commente-t-elle.
Une bonne soirée, pour Dido, inclurait un dîner avec des amis et quelques verres (soit du vin rouge, du champagne, du rhum ou de la vodka), et ensuite, retour à la maison pour un grog en solitaire. "Une boisson très agréable, avant d'aller se coucher, consiste en un mélange de rhum et d'eau chaude. Ca marche complètement. Mettez du rhum Old Jamaica dans un verre, et préparez-le comme une tasse de thé. C'est super, ça vous met d'une humeur délicieuse." Elle mettrait ensuite sa guitare sur son genou, s'assiérait à son magnifique piano et commencerait à travailler. "Je pisserais de rire toute seule, parce que je sais que ce que j'écris ne verra jamais la lumière du jour. J'avoue pratiquement tout ! Ces morceaux ne seront jamais rendus publics. Et c'est libérateur, d'écrire des chansons qui ne seront jamais dévoilées. J'en ai des tas, de ce genre. Toutes sur des bouts de papier, partout dans la maison." Je lui demande de me donner le titre de l'une de ces chansons. "Non", répond-elle, avant d'éclater d'un long rire personnel.
Ce qui est étrange, c'est que Dido et ses chansons ne sont pas aussi fades que certains voudraient le faire croire. Elle est simplement plus discrète que d'autres. Beaucoup de ses chansons sont rythmées par le sexe et le désir, mais la reine de la sérénité le fait avec un si bon goût que certains de ses auditeurs ne le remarquent jamais. "Je ne m'imagine pas vraiment chanter ou écrire une chanson qui dirait : 'Touche-moi partout, je veux que tu... quelque chose. Je veux que tu lèches... quelque chose.' Beurk ! Je rirais trop en chantant ça. Mais j'aime le sexe. Je suis très ouverte à propos de ça, j'adore ça", dit-elle, faisant remarquer qu'elle a perdu son manque de confiance d'adolescente quelque temps auparavant. "Je pense que le sexe est l'une des meilleures choses au monde. Ca vous rend heureux. Je suis très détendue à propos de ça, et ça s'est renforcé avec l'âge. Vous savez ce que vous voulez, et vous vous amusez, et vous vous sentez libre et ouvert." Elle boit une gorgée de son thé. "C'est vrai, ce qu'on raconte, à propos des femmes qui atteignent un palier avec l'âge ; vous appréciez ça, tout simplement. Le sexe devient moins lié aux émotions et aux relations affectives, et plus en rapport avec le fait de passer un bon moment."
Dido a désormais 32 ans. Sa plus longue relation amoureuse a duré sept ans, avec l'avocat Bob Page. Ils étaient fiancés et avaient prévu de se marier en 2002, mais ils ont reporté le mariage, avant de vraiment se séparer, l'année dernière. Aujourd'hui encore, elle parle de lui avec affection, et n'a pas l'impression que leur séparation soit due à son succès grandissant. "Non, notre relation a simplement été la victime du phénomène où l'on rencontre quelqu'un alors qu'on entame la vingtaine, on grandit tous les deux, et on n'est plus du tout en phase à la fin de la vingtaine." Dido a écrit 'Thank You' pour lui, le titre qu'Eminem a samplé dans son morceau 'Stan', et qui a propulsé les ventes de son album dans la stratosphère. "J'étais dans mon bain, chez moi, et je pensais : 'Même si les choses vont mal, j'ai Bob et la vie est belle.' Il adorait cette chanson, il l'adore toujours."
Depuis, elle a vécu une liaison sporadique avec Ferdinand Unger-Hamilton, le patron de maison de disques ; liaison qui a brièvement repris lors de trois rendez-vous, à la fin du printemps. Mais depuis, il n'y a eu personne en particulier. "Ferdy et moi avons toujours vécu une relation mouvementée", dit-elle en haussant les épaules.
Voulait-elle vraiment être seule à ce point ? "Je suis célibataire en ce moment, et j'adore vraiment ça. D'habitude, je glisse d'une relation à une autre. Actuellement, j'apprécie intensément de ne pas être en couple. Je me suis rendu compte, l'autre jour, que j'ai été en couple pendant 13 ans. C'est ridicule ! Donc c'est agréable, cette nouveauté de pouvoir dire : 'Non, je veux être seule.'" Depuis combien de temps est-elle célibataire ? "Une semaine." Combien de temps peut-elle tenir sans relations sexuelles ? "Je n'ai encore jamais essayé de m'en passer, jusqu'ici. Je vous tiendrai au courant !"
Pendant la plus grande partie de l'année, Dido sera en tournée avec ses musiciens à travers le monde. Exige-t-elle que tous ses musiciens soient beaux ? "Non ! rit-elle. Ils sont tous séduisants, mais je n'ai envie de coucher avec aucun d'entre eux."
Huit mois sur la route sont tout aussi biens pour être célibataire, pour en profiter, pour penser à l'avenir. Autrefois, Dido devait se marier et avoir des enfants. Mais maintenant qu'elle a vu de ses propres yeux la réalité harassante de la maternité, elle n'en est plus si sûre. "Lorsque j'avais 19 ans, je pensais que le mariage et les enfants arriveraient naturellement dans ma vie. Tout ça semblait si facile. 'Mais oui, je peux avoir un bébé ! Mais oui, je sais m'occuper d'un bébé, où est le problème ?' Maintenant, je vois mes amis, et je me dis : 'Wouah ! Si ça doit m'arriver, ça devra être un accident.'"
Malgré tout, elle est convaincue qu'elle aimera vraiment être mère lorsqu'elle sera prête, et croit que c'est "le rêve de tout le monde, et, évidemment, l'un des miens." Mais elle a aussi d'autres rêves.
"Oui ! Parfois, vous rencontrez un type, et vous vous dites : 'Oh, Seigneur ! Je veux porter tes enfants.'" Un type comme qui, par exemple ? "Quelqu'un comme... euh... Hum. Noooon ! Je n'ai pas d'exemple à l'esprit, à cet instant." C'est une menteuse de pacotille. "Ce n'est pas du tout ce que je veux dire ! Je vois d'ici la Une maintenant : 'Dido, l'alcoolique nymphomane, révèle qu'elle veut des enfants d'un inconnu !'" Nous n'écririons jamais ça. "Promis ?" Promis.
Alors, qu'est-ce que l'avenir réserve à Dido ? Elle est assez intelligente pour admettre que le fait qu'elle soit l'une des plus grandes pop stars du monde aura un énorme impact sur ses relations amoureuses futures ("Je ne vais même pas essayer de prétendre le contraire"), et sait que l'homme qu'elle choisira devra être "extrêmement fort ; pas sur le plan physique, mais il devra être si sûr de lui qu'il se fichera que j'attire parfois toute l'attention." En attendant, elle est heureuse de rester seule, à boire ses grogs de rhum chaud jusque tard dans la nuit, et à rire de toutes ces chansons qu'elle écrit et que personne n'entendra jamais. Une dernière question. Comment concilie-t-elle son besoin de solitude et son amour du sexe ? "Eh bien, ce sont deux choses complètements différentes. Je n'ai pas de relations sexuelles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ou chaque jour", explique-t-elle.
Mais, voyons, la solution de tout ça est tellement évidente que ç'en est aveuglant : pourquoi ne pas tomber amoureuse de quelqu'un sur la route ? Quelqu'un qui jouerait pour Arsenal. "Excellent ! s'exclame-t-elle. Mais je ne crois pas que je sortirai avec un joueur de foot d'Arsenal. Je ne pense pas !" Pourquoi pas ? "Parce que les meilleurs sont déjà pris. C'est une blague, au fait."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
Son véritable nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong. Elle aime boire du rhum et rester éveillée jusque tard dans la nuit, pour composer des chansons que personne n'entendra jamais, sur son Steinway des années 1930. Et il existe deux choses dans la vie que, peut-être, elle apprécie plus encore que sa propre compagnie : le sexe et un bon match d'Arsenal. Découvrez une Dido drôle et décalée, comme vous ne la connaissiez pas, dans son interview la plus révélatrice à ce jour. Par Jan Moir.
Dido est moulée dans une robe signée Missoni, fendue jusqu'à la taille, aux motifs léopards, et qui se termine par des rubans flottants au niveau de ses jambes minces et bronzées. Ses cheveux sont humides et ondulés, et ses yeux sont fardés d'un noir très vamp. Elle est à couper le souffle, sensuelle : Wilma Pierrafeu rencontre la Jane de Tarzan. Un brin "ouh, là, là !" Beaucoup de "arrrgg". Mais ça ne ressemble pas vraiment à Dido. Du moins, pas à la Dido que l'on croit connaitre. Mais la connait-on réellement ? "Pas vraiment", dit-elle. Et ça lui convient très bien.
Elle explique : "J'ai toujours essayé de faire en sorte que les gens se focalisent sur ma musique, et non sur moi. C'est pour ça que je ne défile pas en soutien gorge et mini-short. C'est amusant de s'habiller et d'être féminine, et si quelqu'un me dit que je suis sexy, j'en suis contente, mais je ne veux pas que tout le monde ait le sentiment de connaitre la moindre parcelle de mon anatomie. J'ai absolument confiance en moi, actuellement ; j'adore cette robe, mais je peux me sentir sexy dans des vêtements très simples. Pour moi, c'est une attitude plus élégante à adopter. Garder [mon corps] pour moi. Le garder privé. Le réserver pour la chambre à coucher."
Dido rit et disparait dans une loge, afin de se changer après notre séance photo. Plus tard, elle réapparait dans ses vêtements sobres habituels : un jean Juicy, un T-shirt et une paire de sandales Topshop qu'elle adore, car elles sont hautes, mais assez confortables pour lui permettre de danser sur scène. "Comme ça", explique-t-elle, en bougeant un peu. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? "Un de mes pas de danse avant-gardistes, s'il vous plaît !", rit-elle. Elle plaisante, bien sûr. "Je suppose que ça explique pourquoi je n'ai jamais pu être une véritable pop star géniale, à l'échelle planétaire, comme Kylie ou Britney. Je me casserais la figure dès le premier obstacle de danse."
C'est une soirée douce dans Kew Gardens, avec un léger vent frais qui accompagne la brise. Dido veut une tasse de thé noir. Où sont ses lunettes de soleil ? Elle enfile sa chère veste Marc Jacobs, celle-là même qu'elle portait pour la séance photo de son second album, Life for Rent. Pour son premier album, No Angel, elle apparaissait à peine, si ce n'est comme une ombre floue en noir et blanc. "Si j'avais pu choisir, personne n'aurait jamais su à qui appartenait ce visage. Je n'ai jamais voulu que tout ça arrive. Tout ce que j'avais entrepris, c'était de faire un album que je voulais écouter, dit-elle. J'étais une artiste underground qui avait fait un disque sans prétention, mais, d'une manière ou d'une autre, c'est devenu dingue."
Ca, c'est sûr. La musique éparse et mélancolique de Dido a fait d'elle l'une des artistes les plus vendeuses dans le monde. Il y a quelque chose à propos de l'intimité de sa voix cristalline et de ses chansons épurées, à laquelle les fans répondent de manière profonde ; comme si, certains l'affirment, elle chantait dans leur propre tête. Faisant le lien à un autre niveau, Dido aime aussi écrire et chanter à propos des "petits moments" furtifs que nous partageons tous : lorsque le bel amour tourne mal, lorsqu'on rencontre quelqu'un, le triomphe et la tragédie de la vie quotidienne. "Comme ce bref moment où vous êtes complètement malade parce que vous venez de passer près de l'être aimé, et qu'il est accompagné de quelqu'un d'autre. C'est ça qui compte : cet infime, minuscule moment d'une vie. J'adore écrire des grandes chansons à propos de ça." Il y a deux scénarii lorsqu'elle écrit ces chansons-là : "Je dois me retirer quelque part et me sentir véritablement seule, explique-t-elle. Ou alors, je reste chez moi et je me saoule un peu. Etre ivre et écrire des chansons est l'une des choses que je préfère par-dessus tout."
Chez elle, c'est une maison fabuleuse dans le nord de Londres, qu'elle a achetée elle-même et qu'elle a transformée en une sorte de "Temple de Dido". Il n'y a qu'une chambre à coucher (la sienne), parce que toutes les autres pièces ont été transformées en satellites de Dido, pour le travail et les loisirs. Il y a la salle de gym de Dido, le bureau de Dido, la salle de musique de Dido ; toutes ces pièces formant une zone exclusive à Dido, d'une certaine manière. Le message que cela envoie est clair : défense d'entrer ! Cette femme a besoin de son espace. Enfant, Dido (dont le vrai nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong) était isolée. Elle confesse une vie très casanière, où elle pratiquait le violon et la flute à bec dans sa chambre pendant des heures, et où elle a enduré les affres et les douleurs de l'adolescence seule. "Lorsque j'ai rompu avec mon premier petit copain, j'avais vraiment le cœur brisé. Ma mère a dit que je n'ai pas quitté la maison pendant trois mois. Chaque soir, je faisais de l'aérobic dans ma chambre, au son des disques de Imagination. C'était excellent. Je me suis complètement remodelée."
Malgré ce genre de calamités de l'adolescence, la douce jeune fille qui excellait à ses cours de musique, et chantait dans la chorale de l'école, a aussi découvert des activités extrascolaires différentes, plus intéressantes. "J'étais toujours très ouverte à propos du sexe, quand j'étais plus jeune. On est prêt à tout essayer, à cet âge, pas vrai ? Même si on ressent toujours un peu de manque d'assurance. Parfois, on n'est pas assez sûr." Mais la pratique permet de s'améliorer. "Oui. Et puis, on prend de l'âge, et le sexe devient génial. On passe à un niveau complètement nouveau."
Malgré tout, Dido a toujours besoin de beaucoup de temps seule, et est frustrée lorsque ce n'est pas possible. De bien des façons, la vie de troubadour de la pop star, entre studios d'enregistrement et tournées, voyages et déplacements, lui convient "parfaitement". "J'ai seulement besoin de faire les choses en étant seule. Je suis très contente quand je suis seule. Je passe mon temps à semer les gens."
Ainsi, sa maison de Islington demeure son sanctuaire. Lorsqu'elle a envie de compagnie, elle cuisine des plats sains et "délicieux" pour ses amis : beaucoup de poisson, de légumes, de salades. "Je ne sais pas faire de sauces, mais je suis experte en poisson ; j'enroule le cabillaud dans du papier aluminium, avec un peu de citron et d'huile, et je le fais cuire au four." Parfois, lorsqu'elle revient de ses emplettes, avec ses salades et ses fruits, elle descend sa rue, observe sa maison et se dit : "Je n'arrive pas à croire que j'habite là. Je n'arrive pas à croire que c'est ma maison. C'est tout ce dont j'aurais toujours besoin."
La célébrité et la fortune sont arrivées rapidement, pour Dido. Et, en dehors d'une étrange crise de panique occasionnelle, elle a merveilleusement fait face, de sa manière bien à elle, sensée et terre-à-terre. "Tous mes amis disent que ça ne m'a pas changée du tout, mais, bien sûr que ça m'a changée. De manière positive. J'ai bien plus confiance en moi et je suis plus heureuse ; la vie est magnifique. Il y a des jours où ça m'ennuie, mais aujourd'hui, si quelque chose m'embête, je m'arrête et je me dis : 'Rien de ce qui t'ennuie ne compte vraiment.' J'ai de la chance. J'ai une vie extraordinaire, et je veux en profiter, parce que quelque chose surviendra et m'arrêtera, à un moment donné."
Dido a reçu une éducation aimante, plutôt bohémienne, de la part de son père éditeur et de sa mère poète, dans le nord de Londres. La télévision était bannie de leur maison de ville, et sa relation avec ses deux parents, et particulièrement avec sa mère, pouvait être orageuse. Son frère, Rollo, et elle s'amusaient avec des instruments de musique et des chansons, et elle a étudié la musique dans les deux écoles privées qu'elle a fréquentées. Alors qu'elle enregistrait son second album, son père est tombé gravement malade et a failli mourir. Cela explique peut-être, en partie, la gravité derrière le regard clair et intelligent de Dido, et sa détermination à profiter pleinement des choses. "Oui, dit-elle. Vous devez vivre votre vie. Vous pouvez vous laisser porter par la vie, ou vous pouvez vous y lancer pleinement. Et je veux la vivre pleinement."
Sa famille reste liée, à sa manière. Elle assiste aux matchs de foot d'Arsenal avec son père et, au milieu de son salon, se trouve son bien le plus imposant : un piano à queue Steinway des années 1930, cadeau de Rollo, un musicien, dont la maison de disques a été la première de Dido. "Il est superbe, avec une sonorité merveilleuse", commente-t-elle.
Une bonne soirée, pour Dido, inclurait un dîner avec des amis et quelques verres (soit du vin rouge, du champagne, du rhum ou de la vodka), et ensuite, retour à la maison pour un grog en solitaire. "Une boisson très agréable, avant d'aller se coucher, consiste en un mélange de rhum et d'eau chaude. Ca marche complètement. Mettez du rhum Old Jamaica dans un verre, et préparez-le comme une tasse de thé. C'est super, ça vous met d'une humeur délicieuse." Elle mettrait ensuite sa guitare sur son genou, s'assiérait à son magnifique piano et commencerait à travailler. "Je pisserais de rire toute seule, parce que je sais que ce que j'écris ne verra jamais la lumière du jour. J'avoue pratiquement tout ! Ces morceaux ne seront jamais rendus publics. Et c'est libérateur, d'écrire des chansons qui ne seront jamais dévoilées. J'en ai des tas, de ce genre. Toutes sur des bouts de papier, partout dans la maison." Je lui demande de me donner le titre de l'une de ces chansons. "Non", répond-elle, avant d'éclater d'un long rire personnel.
Ce qui est étrange, c'est que Dido et ses chansons ne sont pas aussi fades que certains voudraient le faire croire. Elle est simplement plus discrète que d'autres. Beaucoup de ses chansons sont rythmées par le sexe et le désir, mais la reine de la sérénité le fait avec un si bon goût que certains de ses auditeurs ne le remarquent jamais. "Je ne m'imagine pas vraiment chanter ou écrire une chanson qui dirait : 'Touche-moi partout, je veux que tu... quelque chose. Je veux que tu lèches... quelque chose.' Beurk ! Je rirais trop en chantant ça. Mais j'aime le sexe. Je suis très ouverte à propos de ça, j'adore ça", dit-elle, faisant remarquer qu'elle a perdu son manque de confiance d'adolescente quelque temps auparavant. "Je pense que le sexe est l'une des meilleures choses au monde. Ca vous rend heureux. Je suis très détendue à propos de ça, et ça s'est renforcé avec l'âge. Vous savez ce que vous voulez, et vous vous amusez, et vous vous sentez libre et ouvert." Elle boit une gorgée de son thé. "C'est vrai, ce qu'on raconte, à propos des femmes qui atteignent un palier avec l'âge ; vous appréciez ça, tout simplement. Le sexe devient moins lié aux émotions et aux relations affectives, et plus en rapport avec le fait de passer un bon moment."
Dido a désormais 32 ans. Sa plus longue relation amoureuse a duré sept ans, avec l'avocat Bob Page. Ils étaient fiancés et avaient prévu de se marier en 2002, mais ils ont reporté le mariage, avant de vraiment se séparer, l'année dernière. Aujourd'hui encore, elle parle de lui avec affection, et n'a pas l'impression que leur séparation soit due à son succès grandissant. "Non, notre relation a simplement été la victime du phénomène où l'on rencontre quelqu'un alors qu'on entame la vingtaine, on grandit tous les deux, et on n'est plus du tout en phase à la fin de la vingtaine." Dido a écrit 'Thank You' pour lui, le titre qu'Eminem a samplé dans son morceau 'Stan', et qui a propulsé les ventes de son album dans la stratosphère. "J'étais dans mon bain, chez moi, et je pensais : 'Même si les choses vont mal, j'ai Bob et la vie est belle.' Il adorait cette chanson, il l'adore toujours."
Depuis, elle a vécu une liaison sporadique avec Ferdinand Unger-Hamilton, le patron de maison de disques ; liaison qui a brièvement repris lors de trois rendez-vous, à la fin du printemps. Mais depuis, il n'y a eu personne en particulier. "Ferdy et moi avons toujours vécu une relation mouvementée", dit-elle en haussant les épaules.
Voulait-elle vraiment être seule à ce point ? "Je suis célibataire en ce moment, et j'adore vraiment ça. D'habitude, je glisse d'une relation à une autre. Actuellement, j'apprécie intensément de ne pas être en couple. Je me suis rendu compte, l'autre jour, que j'ai été en couple pendant 13 ans. C'est ridicule ! Donc c'est agréable, cette nouveauté de pouvoir dire : 'Non, je veux être seule.'" Depuis combien de temps est-elle célibataire ? "Une semaine." Combien de temps peut-elle tenir sans relations sexuelles ? "Je n'ai encore jamais essayé de m'en passer, jusqu'ici. Je vous tiendrai au courant !"
Pendant la plus grande partie de l'année, Dido sera en tournée avec ses musiciens à travers le monde. Exige-t-elle que tous ses musiciens soient beaux ? "Non ! rit-elle. Ils sont tous séduisants, mais je n'ai envie de coucher avec aucun d'entre eux."
Huit mois sur la route sont tout aussi biens pour être célibataire, pour en profiter, pour penser à l'avenir. Autrefois, Dido devait se marier et avoir des enfants. Mais maintenant qu'elle a vu de ses propres yeux la réalité harassante de la maternité, elle n'en est plus si sûre. "Lorsque j'avais 19 ans, je pensais que le mariage et les enfants arriveraient naturellement dans ma vie. Tout ça semblait si facile. 'Mais oui, je peux avoir un bébé ! Mais oui, je sais m'occuper d'un bébé, où est le problème ?' Maintenant, je vois mes amis, et je me dis : 'Wouah ! Si ça doit m'arriver, ça devra être un accident.'"
Malgré tout, elle est convaincue qu'elle aimera vraiment être mère lorsqu'elle sera prête, et croit que c'est "le rêve de tout le monde, et, évidemment, l'un des miens." Mais elle a aussi d'autres rêves.
"Oui ! Parfois, vous rencontrez un type, et vous vous dites : 'Oh, Seigneur ! Je veux porter tes enfants.'" Un type comme qui, par exemple ? "Quelqu'un comme... euh... Hum. Noooon ! Je n'ai pas d'exemple à l'esprit, à cet instant." C'est une menteuse de pacotille. "Ce n'est pas du tout ce que je veux dire ! Je vois d'ici la Une maintenant : 'Dido, l'alcoolique nymphomane, révèle qu'elle veut des enfants d'un inconnu !'" Nous n'écririons jamais ça. "Promis ?" Promis.
Alors, qu'est-ce que l'avenir réserve à Dido ? Elle est assez intelligente pour admettre que le fait qu'elle soit l'une des plus grandes pop stars du monde aura un énorme impact sur ses relations amoureuses futures ("Je ne vais même pas essayer de prétendre le contraire"), et sait que l'homme qu'elle choisira devra être "extrêmement fort ; pas sur le plan physique, mais il devra être si sûr de lui qu'il se fichera que j'attire parfois toute l'attention." En attendant, elle est heureuse de rester seule, à boire ses grogs de rhum chaud jusque tard dans la nuit, et à rire de toutes ces chansons qu'elle écrit et que personne n'entendra jamais. Une dernière question. Comment concilie-t-elle son besoin de solitude et son amour du sexe ? "Eh bien, ce sont deux choses complètements différentes. Je n'ai pas de relations sexuelles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ou chaque jour", explique-t-elle.
Mais, voyons, la solution de tout ça est tellement évidente que ç'en est aveuglant : pourquoi ne pas tomber amoureuse de quelqu'un sur la route ? Quelqu'un qui jouerait pour Arsenal. "Excellent ! s'exclame-t-elle. Mais je ne crois pas que je sortirai avec un joueur de foot d'Arsenal. Je ne pense pas !" Pourquoi pas ? "Parce que les meilleurs sont déjà pris. C'est une blague, au fait."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
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