Qui est cette fille ? Dido parle de la maternité, de garder un profil bas et d'écrire des chansons
Vous vous souvenez de Dido, la chanteuse plusieurs fois disque de platine, interprète des hymnes du millénaire 'Thank You et 'White Flag' ? Elle est de retour, et toujours aussi énigmatique. Rachel Corcoran l'a rencontrée.
Vous ne trouverez pas de pop star plus terre à terre que Dido. Bien qu'elle reste l'une des artistes ayant vendu le plus de disques au monde, elle possède un remarquable talent pour passer inaperçue.
Prendre un peu de repos pour mettre au monde son fils âgé aujourd'hui de deux ans, Stanley, l'a aidée dans ce sens, mais Dido estime qu'elle a toujours mené une vie discrète. "C'est vraiment cool, sourit la chanteuse de 41 ans. Parce que mon visage n'apparaissait pas sur la pochette de mon premier et de mon troisième album, j'ai réussi à le garder caché. Pendant longtemps, les gens pensaient que j'étais un groupe suédois." Et lorsqu'on la reconnait, les fans, dit-elle, sont toujours adorables.
"C'est extraordinaire lorsqu'on se trouve quelque part dans le monde où l'on n'est jamais allé auparavant, et que quelqu'un vous approche et vous chante votre propre chanson. Je crois que l'occurrence la plus fortuite s'est produite alors que j'étais en Ethiopie avec Oxfam [Ndlt : une association caritative], et que le chauffeur a commencé à chanter 'Thank You'. C'était dément. Je me souviens aussi être allée dans un lieu minuscule en Thaïlande, et être passée devant une femme qui chantait l'une de mes chansons, au bar d'un hôtel. Dans ces moments là, on ressent une adrénaline, on n'arrive pas à appréhender entièrement jusqu'où cela s'est étendu. On se sent bienvenue partout, et tout ça grâce à la musique, ce qui est génial."
Dido a commencé à être remarquée en 1998, lorsque son premier single, 'Here With Me', a été utilisé comme musique du générique de la série de science-fiction américaine "Roswell". Puis son second single, 'Thank You', est apparu dans le film "Pile & face", avec Gwyneth Paltrow. Le premier album de Dido, No Angel, est sorti en 1999, mais c'est l'année suivante que sa carrière a été propulsée, lorsque 'Thank You' a été samplée par Eminem, dans le single du rappeur devenu un tube, 'Stan'. Soudain, sa musique touchait un tout autre public. No Angel a été réédité en 2001, et reste, avec son second album, Life For Rent, l'un des disques les plus vendus au Royaume-Uni.
Combien doit-elle a Eminem, alors ?
"Oh, beaucoup, concède-t-elle. 'Stan' était complètement inattendue. Je me souviens l'avoir entendue la première fois, alors que j'étais dans une chambre d'hôtel, à New York, et m'être dis : 'Wouah, c'est génial'. J'étais tellement époustouflée par le rap du morceau. Je m'en sortais bien aux Etats-Unis, quoi qu'il arrive, donc je pensais que les choses iraient bien, mais ça a pris une proportion gigantesque à ce moment là. Ma vie a changé à 100%."
Mais Dido est restée la même, de façon remarquable. Comment y parvient-elle ?
"Je n'ai jamais vraiment lutté avec la célébrité, peut-être parce que je ne l'ai jamais cherchée", résonne-t-elle, en précisant qu'elle a gardé tous ses vieux amis à travers les années, mais "[s'en est] fait beaucoup de nouveaux, également".
Quelques uns de ces amis occupent des postes très bien placés. En plus de sa collaboration avec Eminem (ils se sont retrouvés sur scène lors du festival de Reading et de Leeds, cette année), Dido a fait équipe avec des gens tels que Annie Lennox, Brian Eno et Sting ("J'étais en admiration. J'étais une énorme fan de Police, et il a été vraiment cool"). Mais l'un des temps les plus forts de sa carrière, dit-elle, a été de travailler avec son frère aîné, Rollo.
Producteur de musique et l'un des membres fondateurs du groupe Faithless, il a aussi fortement contribué au catalogue de sa sœur au cours des années, en coécrivant et en produisant des chansons sur tous ses albums.
"Travailler avec mon frère a été merveilleux, dit-elle, rayonnante. Nous avons eu nos disputes, mais toujours à propos de la musique, et jamais pour autre chose. Nos valeurs sont très similaires, et nous aimons la même musique. Nous nous sommes rapprochés, toujours un peu plus."
Née Florian Cloud de Bounevialle Armstrong, le jour de Noël 1971, la fille qui deviendrait Dido a eu la chance de baigner dans un environnement créatif dès le début. Son père, William, dirigeait la maison d'édition Sidgwick & Jackson, tandis que sa mère, Clare, est poète. Et il semble que la tradition artistique des Armstrong va continuer sur sa lancée. L'époux de Dido depuis trois ans, Rohan Gavin, est un scénariste et romancier, tandis que le petit Stanley se joint déjà aux répétions du groupe de sa maman.
"Il est obsédé par la batterie et son clavier. Il marche en le transportant partout où il va, et il se met à en jouer inopinément, rit-elle. Il adore quand les gars viennent répéter, et il croit vraiment qu'il fait partie du groupe, maintenant. Il adopte un visage sérieux et il tape sur la batterie et sur les cymbales pendant qu'on joue. Je ne sais pas où il a appris à faire ça, mais il ne laisse personne d'autre que lui toucher à sa batterie : c'est sa possession matérielle la plus précieuse."
Dido avoue qu'avoir un enfant a affecté sa manière d'écrire des chansons, et qu'en tant que parent, elle cherche désormais des sources d'inspiration différentes.
"Je suis en train d'écrire un album de chansons inédites, et il m'a fallu un bon moment pour m'y remettre après la naissance de Stanley, parce que je m'étais tellement concentrée sur lui et sur mon mari", révèle-t-elle.
"On s'investit tellement dans les menus détails de la vie quotidienne, et à être une famille, ce qui est très important pour moi. Et puis, pendant longtemps, vous avez la tête pleine de comptines pour enfants, et ce n'est pas de ça que vous voulez parler dans vos chansons."
La chanteuse a aussi été occupée par l'assemblage de son best of, une compilation de 18 titres recouvrant sa carrière plusieurs fois décorée de disques de platine.
"Je n'ai jamais vraiment regardé en arrière, avant, parce que j'écris constamment des nouvelles chansons, et je vais de l'avant, dit-elle. Donc ç'a été très émouvant de travailler sur l'album. Les souvenirs sont revenus en masse : je me souviens de tout ce qui entoure chaque chanson que j'ai écrite, même la tenue que je portais à l'époque. L'album est aussi dans l'ordre chronologique, donc ça ressemble à une journal intime fou de 15 ans, résumé en une heure et dix minutes."
Elle concède que l'industrie musicale a beaucoup avancé à cette époque, et qu'en grande partie, elle est contente de ne pas débuter de nos jours.
"Ca a énormément changé, aussi bien en bien qu'en mal, estime-t-elle. J'ai eu tellement de soutien de la part de ma maison de disques, et j'ai vraiment pu construire mon assurance. La même patience n'existe plus, aujourd'hui : les gens doivent réussir plus rapidement, mais en même temps, c'est génial qu'il soit possible d'écrire une chanson, la mettre sur Internet, et que le jour suivant, les gens l'entendent. C'est complètement libérateur."
Que pense-t-elle alors des nombreux télé-crochets actuels ?
"On peut trouver un excellent chanteur partout, dit-elle. Vous pouvez très bien passer devant quelqu'un qui joue dans la rue, ou voir quelqu'un dans 'The X Factor' ou dans une pub, et le trouver formidable. L'essentiel c'est que, si quelqu'un vous donne des frissons et vous émeut, alors il vaut la peine d'être écouté."
Dido a servi de mentor plus tôt cette année, dans "The Voice" (un rôle qu'elle reprend avec plaisir), mais vous ne la trouverez jamais parmi les membres d'un jury.
"Pour moi, la musique n'est pas une compétition, donc je trouve que le concept qui veut que l'on juge est très étrange", admet-elle.
"J'ai vraiment aimé être mentor dans 'The Voice' : les participants étaient excellents et c'est un gros défi. Je me disais : 'Seigneur, je ne pourrais pas faire ça !' Je ne pense pas que j'aurais eu l'assurance nécessaire pour chanter en direct à la télé devant autant de gens, et je suis en complète admiration devant quelques uns des incroyables artistes que j'ai rencontrés, qui sont si jeunes mais complètement posés."
Il est probable que l'on voie d'avantage des talents de Dido en coulisses : elle a déjà écrit des chansons pour de multiples artistes, dont Britney Spears, et révèle qu'elle aimerait le faire encore alors qu'elle avance dans la vie.
"J'adore travailler avec la voix d'autres personnes, explique-t-elle, et j'ai toujours envie d'écrire une meilleure chanson. Lorsque je me réveille, ce sera toujours présent dans mon esprit. Mais Stanley passe en premier, c'est aussi simple que ça."
Dans cette optique, elle se concentre en ce moment sur la préparation d'une réunion familiale festive. "Tout le monde sera là pour Noël, dont les cousins, et c'est la première année où Stanley comprendra ce qui se passe. Il est déjà excité, même si je ne crois pas qu'il réalise que c'est aussi l'anniversaire de sa maman. Il lui faudra quelques années. Mais je suis impatiente. Tout semble bien plus excitant et plus agréable lorsqu'on a un bébé."
Le best of de Dido est disponible. Visitez www.didomusic.com pour connaitre les détails.
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
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dimanche 8 décembre 2013
Express - 8 décembre 2013
Who's that girl: Dido on motherhood, keeping a low profile and song-writing
Remember Dido – the multi platinum-selling singer of millennium anthems 'Thank You' and 'White Flag'? She's back – and as enigmatic as ever. Rachel Corcoran met her
You won't find a pop star more down-to-earth than Dido. Even though she remains one of the biggest-selling artists of all time, she has a remarkable talent for staying under the radar.
Taking some time out to have her son Stanley, now two, helped with that, but Dido reckons she's always led a low-key life. "It's really cool," smiles the 41-year-old singer. "Because my face wasn't on the first or third albums, I've managed to keep it hidden. For a long time people thought I was a Swedish band." And when she does get recognised, the fans, she says, are always lovely.
"It's amazing being somewhere in the world you've never gone to before when someone comes up and sings your song at you. I think the most random incident was when I was in Ethiopia with Oxfam and the guys driving us started singing 'Thank You'. It was insane. I also remember being in a teeny place in Thailand and walking past this woman singing one of my songs in a hotel bar. In those moments you get this rush, where you can't quite comprehend how far it's spread. You feel welcome anywhere and all because of music, which is amazing."
Dido began to get noticed back in 1998 when her first single 'Here With Me' was used as the theme music for the US science fiction programme "Roswell". Then her second single, 'Thank You', featured in the Gwyneth Paltrow film "Sliding Doors" later that year. Dido's debut album No Angel was released in 1999 but it was the following year that her career skyrocketed when 'Thank You' was sampled by Eminem in the rapper's hit single 'Stan'. Suddenly her music was reaching a whole new audience. No Angel was re-released in 2001 and remains – along with her second album Life for Rent – one of the UK's biggest sellers.
So how much does she owe to Eminem?
"Oh loads," she concedes. "'Stan' was just so out of the blue. I remember first hearing it, sitting in a hotel room in New York and I thought, 'Wow, this is just brilliant' – I was so blown away by the rap on it. I was doing pretty well in America anyway, so I thought things would be solid, but it just went stratospheric at that point. My life was changed 100 per cent."
But Dido herself stayed remarkably the same. How does she do it?
"I've never really struggled with fame, maybe because I've never gone out seeking it," she reasons, pointing out that she's kept all her old friends over the years, but "made lots of new ones, too."
Some of those friends are in pretty high places. As well as collaborating with Eminem – they shared a stage again at this year's Reading and Leeds Festival – Dido has teamed up with the likes of Annie Lennox, Brian Eno and Sting ("I was so starstruck – I was such a big Police fan and he was really cool"). But one of her biggest career highlights, she says, has been working with her elder brother Rollo.
A music producer and founder-member of the band Faithless, he has also contributed heavily to his sister's back catalogue over the years, co-writing and producing tracks on all her albums.
"Working with my brother has just been brilliant," she beams. "We've had our fights but always about music, never about anything else. Our values are really similar and we like the same music. We've just got closer and closer."
Born Florian Cloud de Bounevialle Armstrong on Christmas Day 1971, the girl who would be Dido was blessed with a creative environment from the start. Her father William ran the literary publishing house Sidgwick & Jackson, while her mother Clare is a poet. And the Armstrong artistic tradition looks set to continue. Dido's husband of three years, Rohan Gavin, is a screenwriter and novelist, while little Stanley is already muscling in on Mum's band rehearsals.
"He's obsessed with drumming and his keyboard. He walks around carrying it wherever we go and just starts playing," she laughs. "He loves it when the guys come round to rehearse and he truly believes he's in the band now. He gets his serious face on and he bangs the drums and cymbals while we play. I don't know where he learnt to do that, but he won't let anyone else on his drum kit – it's his most precious possession."
Dido admits that having a baby affected her song-writing, and that as a parent she now looks for different inspirations.
"I'm in the middle of writing an album of original material and it took me a while to get back in to it after Stanley was born just because I was so focused on him and my husband," she reveals.
"You get so involved in the minutiae of daily life and being a family, which is so important to me. Plus for a while you have a head full of nursery rhymes and they're not the things you want to write songs about."
The singer has also been busy assembling a greatest hits album, an 18-track compilation covering her multi-platinum career.
"I've never really looked back before because I'm always writing new songs and moving forward," she says. "So it was quite emotional putting the album together. The memories came flooding back – I remember everything around every song I've written, even what I was wearing at the time. The album is chronological too, so it's like this crazy 15-year diary of my life compressed into an hour and 10 minutes."
She concedes that the music industry has moved on a lot in that time and, for the most part, she's glad that she's not starting out in it today.
"It's changed massively – in good and bad ways," she reckons.
"I had so much support from my record company and really got to build up my confidence. There's not the same patience now – people need to be doing well quicker – but then it's amazing that you can write a song, put it up on the internet and the next day people hear it. That's utterly liberating."
So what does she think of the current glut of TV talent shows?
"You can find a great singer anywhere," she says. "You might walk past someone busking, or see someone on 'The X Factor' or an advert and think they're amazing. The simple fact is, if someone gives you chills and moves you, then their voice is worth listening to."
Dido did some mentoring on "The Voice" earlier this year – a role that she's happy to return to – but you'll never catch her on a judging panel.
"Music, for me, isn't a competition so I find the whole concept of judging really funny," she admits.
"I really enjoyed mentoring on 'The Voice' – the contestants were amazing and it's quite a challenge. I was like, 'God, I wouldn't do this!' I don't think I would have had the confidence to perform on live TV in front of so many people – and I'm in total awe of some of the amazing artists I've met who are so young but totally poised."
We're likely to see more of Dido's backstage talents – she has already penned songs for numerous artists, including Britney Spears, and says she'd like to do more of the sameas she gets older.
"I love working with other people's voices," she says, "and I'm always wanting to write a better song. When I wake up that will always be in the back of my mind. But Stanley comes first, it's that simple."
To that end, she is now focused on planning a festive family get-together. "Everyone will be here for Christmas – cousins included – and it's the first year Stanley will know what's happening. He's already getting excited, although I don't think he realises it's mummy's birthday too – that might take a few years. But I'm really looking forward to it. Everything just seems so much more exciting and fun with a baby around."
Dido's Greatest Hits is out now. Visit www.didomusic.com for details.
(Source)
Remember Dido – the multi platinum-selling singer of millennium anthems 'Thank You' and 'White Flag'? She's back – and as enigmatic as ever. Rachel Corcoran met her
You won't find a pop star more down-to-earth than Dido. Even though she remains one of the biggest-selling artists of all time, she has a remarkable talent for staying under the radar.
Taking some time out to have her son Stanley, now two, helped with that, but Dido reckons she's always led a low-key life. "It's really cool," smiles the 41-year-old singer. "Because my face wasn't on the first or third albums, I've managed to keep it hidden. For a long time people thought I was a Swedish band." And when she does get recognised, the fans, she says, are always lovely.
"It's amazing being somewhere in the world you've never gone to before when someone comes up and sings your song at you. I think the most random incident was when I was in Ethiopia with Oxfam and the guys driving us started singing 'Thank You'. It was insane. I also remember being in a teeny place in Thailand and walking past this woman singing one of my songs in a hotel bar. In those moments you get this rush, where you can't quite comprehend how far it's spread. You feel welcome anywhere and all because of music, which is amazing."
Dido began to get noticed back in 1998 when her first single 'Here With Me' was used as the theme music for the US science fiction programme "Roswell". Then her second single, 'Thank You', featured in the Gwyneth Paltrow film "Sliding Doors" later that year. Dido's debut album No Angel was released in 1999 but it was the following year that her career skyrocketed when 'Thank You' was sampled by Eminem in the rapper's hit single 'Stan'. Suddenly her music was reaching a whole new audience. No Angel was re-released in 2001 and remains – along with her second album Life for Rent – one of the UK's biggest sellers.
So how much does she owe to Eminem?
"Oh loads," she concedes. "'Stan' was just so out of the blue. I remember first hearing it, sitting in a hotel room in New York and I thought, 'Wow, this is just brilliant' – I was so blown away by the rap on it. I was doing pretty well in America anyway, so I thought things would be solid, but it just went stratospheric at that point. My life was changed 100 per cent."
But Dido herself stayed remarkably the same. How does she do it?
"I've never really struggled with fame, maybe because I've never gone out seeking it," she reasons, pointing out that she's kept all her old friends over the years, but "made lots of new ones, too."
Some of those friends are in pretty high places. As well as collaborating with Eminem – they shared a stage again at this year's Reading and Leeds Festival – Dido has teamed up with the likes of Annie Lennox, Brian Eno and Sting ("I was so starstruck – I was such a big Police fan and he was really cool"). But one of her biggest career highlights, she says, has been working with her elder brother Rollo.
A music producer and founder-member of the band Faithless, he has also contributed heavily to his sister's back catalogue over the years, co-writing and producing tracks on all her albums.
"Working with my brother has just been brilliant," she beams. "We've had our fights but always about music, never about anything else. Our values are really similar and we like the same music. We've just got closer and closer."
Born Florian Cloud de Bounevialle Armstrong on Christmas Day 1971, the girl who would be Dido was blessed with a creative environment from the start. Her father William ran the literary publishing house Sidgwick & Jackson, while her mother Clare is a poet. And the Armstrong artistic tradition looks set to continue. Dido's husband of three years, Rohan Gavin, is a screenwriter and novelist, while little Stanley is already muscling in on Mum's band rehearsals.
"He's obsessed with drumming and his keyboard. He walks around carrying it wherever we go and just starts playing," she laughs. "He loves it when the guys come round to rehearse and he truly believes he's in the band now. He gets his serious face on and he bangs the drums and cymbals while we play. I don't know where he learnt to do that, but he won't let anyone else on his drum kit – it's his most precious possession."
Dido admits that having a baby affected her song-writing, and that as a parent she now looks for different inspirations.
"I'm in the middle of writing an album of original material and it took me a while to get back in to it after Stanley was born just because I was so focused on him and my husband," she reveals.
"You get so involved in the minutiae of daily life and being a family, which is so important to me. Plus for a while you have a head full of nursery rhymes and they're not the things you want to write songs about."
The singer has also been busy assembling a greatest hits album, an 18-track compilation covering her multi-platinum career.
"I've never really looked back before because I'm always writing new songs and moving forward," she says. "So it was quite emotional putting the album together. The memories came flooding back – I remember everything around every song I've written, even what I was wearing at the time. The album is chronological too, so it's like this crazy 15-year diary of my life compressed into an hour and 10 minutes."
She concedes that the music industry has moved on a lot in that time and, for the most part, she's glad that she's not starting out in it today.
"It's changed massively – in good and bad ways," she reckons.
"I had so much support from my record company and really got to build up my confidence. There's not the same patience now – people need to be doing well quicker – but then it's amazing that you can write a song, put it up on the internet and the next day people hear it. That's utterly liberating."
So what does she think of the current glut of TV talent shows?
"You can find a great singer anywhere," she says. "You might walk past someone busking, or see someone on 'The X Factor' or an advert and think they're amazing. The simple fact is, if someone gives you chills and moves you, then their voice is worth listening to."
Dido did some mentoring on "The Voice" earlier this year – a role that she's happy to return to – but you'll never catch her on a judging panel.
"Music, for me, isn't a competition so I find the whole concept of judging really funny," she admits.
"I really enjoyed mentoring on 'The Voice' – the contestants were amazing and it's quite a challenge. I was like, 'God, I wouldn't do this!' I don't think I would have had the confidence to perform on live TV in front of so many people – and I'm in total awe of some of the amazing artists I've met who are so young but totally poised."
We're likely to see more of Dido's backstage talents – she has already penned songs for numerous artists, including Britney Spears, and says she'd like to do more of the sameas she gets older.
"I love working with other people's voices," she says, "and I'm always wanting to write a better song. When I wake up that will always be in the back of my mind. But Stanley comes first, it's that simple."
To that end, she is now focused on planning a festive family get-together. "Everyone will be here for Christmas – cousins included – and it's the first year Stanley will know what's happening. He's already getting excited, although I don't think he realises it's mummy's birthday too – that might take a few years. But I'm really looking forward to it. Everything just seems so much more exciting and fun with a baby around."
Dido's Greatest Hits is out now. Visit www.didomusic.com for details.
(Source)
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Rohan Gavin,
Rollo Armstrong,
Stan,
Stanley,
The Voice
vendredi 22 novembre 2013
Mail Online - 22 novembre 2013 [Traduction]
Elle vaut des millions, mais Dido était atteinte d'un manque d'assurance chronique. Jusqu'à ce que fonder une famille et fêter ses 40 ans lui ait donné la confiance en elle qu'elle désirait absolument
Balandez vous dans Upper Street, dans Islington, dans le nord de Londres, ou faites un saut dans le Waitrose [Ndlt : un supermarché] local et, qui sait ? vous pourriez bien rencontrer une superstar de la pop.
Avec 38 millions d'albums vendu et un best of prévu pour cette semaine, Dido est l'une des artistes du 21ème siècle ayant vendu le plus de disques, mais les hôtels particuliers, les avions privés et les équipes qui trainent à sa suite ne sont pas sa tasse de thé.
Aujourd'hui encore, 14 ans après qu'elle soit devenue célèbre avec l'album No Angel, Dido est toujours discrète et douce. Elle a 41 ans mais en fait dix de moins, elle ressemble en fait plus à une adolescente, tandis qu'elle joue avec son collier, son vernis à ongle noir écaillé. Ce qui a changé, c'est qu'elle a trouvé la paix de l'esprit.
Elle est mariée au romancier Rohan Gavin, fils de l'auteur pour enfants Jamila Gavin ; ils ont un fils de deux ans, Stanley, et elle est déterminée à vivre une vie ordinaire.
"Stanley adore faire les courses, parcourir les allées, porter les sacs de salades, explique-t-elle. Je ne veux pas d'une vie qui soit complètement différente de celle des autres, où je n'aurais pas mes amis et ma famille auprès de moi."
Stanley croit que sa maman ne chante que pour lui, et lorsque son groupe passe à la maison pour répéter, il pense être l'un des leurs. Lorsqu'elle a demandé à Stanley ce que faisait son papa, plus tôt dans la journée, lors de notre rencontre, il a répondu : "Il écrit des livres."
"Quand je lui ai demandé ce que faisait sa maman comme travail, il a semblé un peu pensif, comme pour dire : 'Elle travaille ?' Et puis, il a répondu : 'Maman mange des livres.' Je me suis dis : 'Où est-ce que tu as pêché ça ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ?'"
En réalité, Dido a bien dévoré des livres toute sa vie, venant d'une famille de littéraires. Son père (qui est décédé), William Armstrong, était directeur général des éditions Sidgwick & Jackson, et sa mère, Clare, est poète. Baptisée Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong (mais elle est devenue Dido au sein de sa famille, d'après la tragique Reine de Carthage), elle préférait, à juste titre, être appelée du nom plus commun Clare, d'après sa mère.
"Je suis sûre que ma mère est très fière du choix de mon nom, aujourd'hui, mais ça n'était pas marrant quand j'étais gamine. On n'a pas besoin d'une raison de plus de se sentir un peu exclu. C'est déjà assez dur d'être un enfant."
Sa mère, bohémienne, n'aimait pas que Dido et son frère Rollo (qui est devenu plus tard un de membres du groupe Faithless) invitent des amis à la maison, et il n'y avait pas de poste de télé ou de radio sous leur toit, mais il y avait beaucoup de livres. En grandissant, ils se sentaient en marge, mais Dido a l'impression que l'expérience leur a laissé un héritage riche.
"Ce que Rollo et moi avons gardé de notre enfance, c'est une véritable capacité à être seuls, à utiliser notre imagination pour créer notre propre divertissement. Nous adorons tous les deux lire, et créer des choses, alors quoi qu'aient fait nos parents, ça a marché, que ça ait été intentionnel ou non."
"Lorsque j'étais enfant, et ensuite adolescente, je voulais désespéramment rentrer dans le moule, et je n'ai jamais eu vraiment l'impression d'y être parvenue. Il faut être rebelle d'une certaine manière, lorsqu'on grandit, et j'étais une adolescente très difficile. Sur des photos de moi de cette époque, je suis un peu renfrognée, j'avais des cheveux très sombres, à la gothique. Le but n'était pas d'être belle, je ne l'étais pas, mais je croyais être cool, et j'ai gardé cette allure pendant toute cette période."
"On ne pouvait pas être tout sourire et heureux. Mais quoi que ce soit qui m'ait conduite jusqu'ici, je le considère comme une chance. J'ai toujours vécu ainsi. Je ne regarde jamais en arrière pour regretter quelque chose, parce que je me dis : 'Est-ce que je suis heureuse aujourd'hui ? Est-ce que ça va maintenant ? Oui.'"
Les racines de Dido se trouvent dans la musique classique. Elle a suivi des cours à la prestigieuse Guildhall School of Music de Londres, a joué du violon et du piano, et est partie en tournée en Europe au sein d'un ensemble de musique classique. Elle rêvait de devenir pianiste concertiste, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle ne serait jamais assez bonne.
Après ses examens, à la fin du lycée, elle a travaillé dans une maison d'édition de renom, tout en étudiant le droit le soir. "Je ne sais pas pourquoi j'ai étudié le droit. Je voulais utiliser mon cerveau, d'une manière ou d'une autre. Ca n'a pas duré longtemps. J'essayais seulement de déterminer ce que je voulais faire [de ma vie]. La musique n'était qu'un hobby et ne semblait pas être quelque chose de réaliste. J'étais dans un groupe et on se produisait sur scène. Je faisais des concerts dont la publicité était imprimée sur la quatrième de couverture des magazines. Affreux."
Elle était fragile sur le plan émotionnel, durant ce temps là. Elle a souffert de crises de panique après avoir signé avec un producteur de musique, en octobre 1996. Dans son esprit, elle pensait avoir renoncé à la partie la plus intime d'elle-même, au réconfort que lui apportaient ses chansons. "La musique était mon unique refuge, le chose la plus solide dans ma vie, vers laquelle je me réfugiais lorsque j'étais heureuse ou triste. C'était mon moyen d'expression. Après avoir signé un contrat, la plupart des gens iraient faire la fête pour célébrer ça, mais j'ai pensé : 'Oh non !' J'avais le sentiment d'avoir cédé la seule partie non-contaminée de ma vie. Mais je m'en suis remise."
Sa musique est parvenue jusqu'au faiseur de tubes américain Clive Davis, qui s'est occupé de la carrière de Whitney Houston, et jusqu'au directeur de maison de disques L.A. Reid, qui est devenu par la suite juré dans le "X Factor" américain. En dépit de leur réputation de durs de la profession, les deux hommes se sont montrés sensibles à son talent fragile, et cela a pris plusieurs années avant qu'elle ne soit prête à affronter le public. Le résultat : l'album No Angel, sorti en 1999, qu'elle a emmené sur une tournée de trois ans autour des Etats-Unis, et dont elle a vendu 21 millions d'exemplaires.
Après sa sortie, elle a été surprise de recevoir une lettre du célèbre rappeur Eminem, lui demandant la permission d'utiliser une partie de sa chanson 'Thank You' dans son titre 'Stan'. Elle a accepté, et la chanson l'a aidée à devenir une star.
N'ayant pas vu Eminem pendant 8 ans, Dido a reçu un appel inopiné de son équipe, plus tôt cette année, pour lui demander si elle voulait interpréter 'Stan' à ses côtés aux festivals de Reading et de Leeds, pendant l'été. "J'ai tenu ça secret, et nous avons débarqué ce soir là. Le public était incroyable. Ils ont deviné de qui il s'agissait très rapidement."
Malgré le traumatisme d'avoir signé ce contrat quelque temps auparavant, elle a trouvé en la célébrité une place confortable, en grande majorité parce qu'elle ne pouvait appréhender l'étendue de sa célébrité.
"De manière assez amusante, c'était moins dur de m'habituer à la célébrité que de signer le contrat, parce que je n'en avais pas vraiment conscience. Lorsque les choses ont décollé, avec l'album, j'étais sur une tournée qui a duré trois ans, donc on n'a pas conscience de ce qui se passe dans la vraie vie."
"Vous êtes dans un contexte super cool où vous vous levez, vous montez dans le bus et vous faites votre concert. Jusqu'à ce que je rentre chez moi, je n'avais pas réalisé ce qui s'était passé. Il y a eu des petits incidents qui m'ont fait réaliser, comme lorsqu'un journaliste s'est présenté chez ma mère. Je pense avoir été traitée avec un incroyable respect, et j'en suis reconnaissante. Mais je n'ai rien à cacher, tout est dans ma musique, de toute façon."
Elle est toujours autant passionnée par sa musique, et elle travaille en ce moment sur un nouveau projet, mais tout est secondaire face à son rôle de maman. Stanley, dont le nom n'a rien à voir avec la chanson d'Eminem, l'a aussi aidée à se lier avec sa propre mère. Lorsque Dido avait 15 ou 16 ans (elle n'arrive pas à déterminer son âge), elle a quitté le foyer familial à cause de leur relation conflictuelle.
Elle a dit un jour : "C'était simplement difficile pour nous deux de vivre dans la même maison." Elle rit, avec peut-être un brin d'embarras, à ce souvenir, et endosse toute la responsabilité. "Je n'étais probablement pas de la meilleure compagnie. Mais aujourd'hui, nous avons des discussions merveilleuses. Elle est l'une des personnes avec qui j'aime le plus parler."
Elles vivent désormais à quelques mètres de distance. "C'est une personne formidable, intelligente à en faire peur, une compagnie géniale et une révélation dans le rôle de grand-mère. L'amour et la joie qui apparaissent sur le visage de Stanley lorsqu'elle vient rendre visite... Je ne voudrais perdre ça pour rien au monde."
Dido était très proche de son père, qui est décédé en 2006 des suites d'une longue maladie. Son premier single, 'Here With Me', a été écrit le soir où elle est rentrée chez elle, après être revenue de l'hôpital où son père avait été admis pour la première fois, gravement malade. Elle était présente à son chevet, pour lui chanter sa chanson préférée, 'Raglan Road' de The Dubliners, tandis qu'il était mourant.
Les paroles, écrites par le poète Patrick Kavanagh, parlaient de la tante de William, Hilda O'Malley. "Papa me jouait cette chanson lorsque j'étais enfant. C'était une chanson à laquelle nous étions tous les deux très attachés, et je la lui ai chantée sans arrêt lorsqu'il était malade." Elle a écrit le titre 'Grafton Street' sur son album Safe Trip Home, sorti en 2008, d'après 'Raglan Road', comme un hommage à son père. "My love I know we're losing but I will stand here by you "("Mon amour je sais que nous sommes en train de perdre mais je resterai ici à tes côtés"), a-t-elle écrit.
La personnalité de Dido s'est transformée au cours des années. Elle respire la satisfaction, mais pas d'une mannière suffisante. Elle a simplement trouvé son centre de gravité. "J'étais probablement beaucoup plus fragile lorsque j'ai débuté ma carrière. Je suis bien plus sûre de moi qu'auparavant. C'est en partie dû au fait de vieillir. Avec vos 40 ans survient une vague d'acceptation."
"J'ai l'impression de comprendre maintenant. Peu m'importe d'être appréciée, c'est comme ça. Ca m'a pris une bonne vingtaine d'années pour comprendre ça. La moitié de ma carrière est basée sur le fait de vouloir être aimée, mais on en arrive à un point où on se dit : 'Tout le monde ne peut pas m'aimer, et je l'accepte.' Du moment que les gens que j'aime m'aiment en retour."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
Balandez vous dans Upper Street, dans Islington, dans le nord de Londres, ou faites un saut dans le Waitrose [Ndlt : un supermarché] local et, qui sait ? vous pourriez bien rencontrer une superstar de la pop.
Avec 38 millions d'albums vendu et un best of prévu pour cette semaine, Dido est l'une des artistes du 21ème siècle ayant vendu le plus de disques, mais les hôtels particuliers, les avions privés et les équipes qui trainent à sa suite ne sont pas sa tasse de thé.
Aujourd'hui encore, 14 ans après qu'elle soit devenue célèbre avec l'album No Angel, Dido est toujours discrète et douce. Elle a 41 ans mais en fait dix de moins, elle ressemble en fait plus à une adolescente, tandis qu'elle joue avec son collier, son vernis à ongle noir écaillé. Ce qui a changé, c'est qu'elle a trouvé la paix de l'esprit.
Elle est mariée au romancier Rohan Gavin, fils de l'auteur pour enfants Jamila Gavin ; ils ont un fils de deux ans, Stanley, et elle est déterminée à vivre une vie ordinaire.
"Stanley adore faire les courses, parcourir les allées, porter les sacs de salades, explique-t-elle. Je ne veux pas d'une vie qui soit complètement différente de celle des autres, où je n'aurais pas mes amis et ma famille auprès de moi."
Stanley croit que sa maman ne chante que pour lui, et lorsque son groupe passe à la maison pour répéter, il pense être l'un des leurs. Lorsqu'elle a demandé à Stanley ce que faisait son papa, plus tôt dans la journée, lors de notre rencontre, il a répondu : "Il écrit des livres."
"Quand je lui ai demandé ce que faisait sa maman comme travail, il a semblé un peu pensif, comme pour dire : 'Elle travaille ?' Et puis, il a répondu : 'Maman mange des livres.' Je me suis dis : 'Où est-ce que tu as pêché ça ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ?'"
En réalité, Dido a bien dévoré des livres toute sa vie, venant d'une famille de littéraires. Son père (qui est décédé), William Armstrong, était directeur général des éditions Sidgwick & Jackson, et sa mère, Clare, est poète. Baptisée Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong (mais elle est devenue Dido au sein de sa famille, d'après la tragique Reine de Carthage), elle préférait, à juste titre, être appelée du nom plus commun Clare, d'après sa mère.
"Je suis sûre que ma mère est très fière du choix de mon nom, aujourd'hui, mais ça n'était pas marrant quand j'étais gamine. On n'a pas besoin d'une raison de plus de se sentir un peu exclu. C'est déjà assez dur d'être un enfant."
Sa mère, bohémienne, n'aimait pas que Dido et son frère Rollo (qui est devenu plus tard un de membres du groupe Faithless) invitent des amis à la maison, et il n'y avait pas de poste de télé ou de radio sous leur toit, mais il y avait beaucoup de livres. En grandissant, ils se sentaient en marge, mais Dido a l'impression que l'expérience leur a laissé un héritage riche.
"Ce que Rollo et moi avons gardé de notre enfance, c'est une véritable capacité à être seuls, à utiliser notre imagination pour créer notre propre divertissement. Nous adorons tous les deux lire, et créer des choses, alors quoi qu'aient fait nos parents, ça a marché, que ça ait été intentionnel ou non."
"Lorsque j'étais enfant, et ensuite adolescente, je voulais désespéramment rentrer dans le moule, et je n'ai jamais eu vraiment l'impression d'y être parvenue. Il faut être rebelle d'une certaine manière, lorsqu'on grandit, et j'étais une adolescente très difficile. Sur des photos de moi de cette époque, je suis un peu renfrognée, j'avais des cheveux très sombres, à la gothique. Le but n'était pas d'être belle, je ne l'étais pas, mais je croyais être cool, et j'ai gardé cette allure pendant toute cette période."
"On ne pouvait pas être tout sourire et heureux. Mais quoi que ce soit qui m'ait conduite jusqu'ici, je le considère comme une chance. J'ai toujours vécu ainsi. Je ne regarde jamais en arrière pour regretter quelque chose, parce que je me dis : 'Est-ce que je suis heureuse aujourd'hui ? Est-ce que ça va maintenant ? Oui.'"
Les racines de Dido se trouvent dans la musique classique. Elle a suivi des cours à la prestigieuse Guildhall School of Music de Londres, a joué du violon et du piano, et est partie en tournée en Europe au sein d'un ensemble de musique classique. Elle rêvait de devenir pianiste concertiste, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle ne serait jamais assez bonne.
Après ses examens, à la fin du lycée, elle a travaillé dans une maison d'édition de renom, tout en étudiant le droit le soir. "Je ne sais pas pourquoi j'ai étudié le droit. Je voulais utiliser mon cerveau, d'une manière ou d'une autre. Ca n'a pas duré longtemps. J'essayais seulement de déterminer ce que je voulais faire [de ma vie]. La musique n'était qu'un hobby et ne semblait pas être quelque chose de réaliste. J'étais dans un groupe et on se produisait sur scène. Je faisais des concerts dont la publicité était imprimée sur la quatrième de couverture des magazines. Affreux."
Elle était fragile sur le plan émotionnel, durant ce temps là. Elle a souffert de crises de panique après avoir signé avec un producteur de musique, en octobre 1996. Dans son esprit, elle pensait avoir renoncé à la partie la plus intime d'elle-même, au réconfort que lui apportaient ses chansons. "La musique était mon unique refuge, le chose la plus solide dans ma vie, vers laquelle je me réfugiais lorsque j'étais heureuse ou triste. C'était mon moyen d'expression. Après avoir signé un contrat, la plupart des gens iraient faire la fête pour célébrer ça, mais j'ai pensé : 'Oh non !' J'avais le sentiment d'avoir cédé la seule partie non-contaminée de ma vie. Mais je m'en suis remise."
Sa musique est parvenue jusqu'au faiseur de tubes américain Clive Davis, qui s'est occupé de la carrière de Whitney Houston, et jusqu'au directeur de maison de disques L.A. Reid, qui est devenu par la suite juré dans le "X Factor" américain. En dépit de leur réputation de durs de la profession, les deux hommes se sont montrés sensibles à son talent fragile, et cela a pris plusieurs années avant qu'elle ne soit prête à affronter le public. Le résultat : l'album No Angel, sorti en 1999, qu'elle a emmené sur une tournée de trois ans autour des Etats-Unis, et dont elle a vendu 21 millions d'exemplaires.
Après sa sortie, elle a été surprise de recevoir une lettre du célèbre rappeur Eminem, lui demandant la permission d'utiliser une partie de sa chanson 'Thank You' dans son titre 'Stan'. Elle a accepté, et la chanson l'a aidée à devenir une star.
N'ayant pas vu Eminem pendant 8 ans, Dido a reçu un appel inopiné de son équipe, plus tôt cette année, pour lui demander si elle voulait interpréter 'Stan' à ses côtés aux festivals de Reading et de Leeds, pendant l'été. "J'ai tenu ça secret, et nous avons débarqué ce soir là. Le public était incroyable. Ils ont deviné de qui il s'agissait très rapidement."
Malgré le traumatisme d'avoir signé ce contrat quelque temps auparavant, elle a trouvé en la célébrité une place confortable, en grande majorité parce qu'elle ne pouvait appréhender l'étendue de sa célébrité.
"De manière assez amusante, c'était moins dur de m'habituer à la célébrité que de signer le contrat, parce que je n'en avais pas vraiment conscience. Lorsque les choses ont décollé, avec l'album, j'étais sur une tournée qui a duré trois ans, donc on n'a pas conscience de ce qui se passe dans la vraie vie."
"Vous êtes dans un contexte super cool où vous vous levez, vous montez dans le bus et vous faites votre concert. Jusqu'à ce que je rentre chez moi, je n'avais pas réalisé ce qui s'était passé. Il y a eu des petits incidents qui m'ont fait réaliser, comme lorsqu'un journaliste s'est présenté chez ma mère. Je pense avoir été traitée avec un incroyable respect, et j'en suis reconnaissante. Mais je n'ai rien à cacher, tout est dans ma musique, de toute façon."
Elle est toujours autant passionnée par sa musique, et elle travaille en ce moment sur un nouveau projet, mais tout est secondaire face à son rôle de maman. Stanley, dont le nom n'a rien à voir avec la chanson d'Eminem, l'a aussi aidée à se lier avec sa propre mère. Lorsque Dido avait 15 ou 16 ans (elle n'arrive pas à déterminer son âge), elle a quitté le foyer familial à cause de leur relation conflictuelle.
Elle a dit un jour : "C'était simplement difficile pour nous deux de vivre dans la même maison." Elle rit, avec peut-être un brin d'embarras, à ce souvenir, et endosse toute la responsabilité. "Je n'étais probablement pas de la meilleure compagnie. Mais aujourd'hui, nous avons des discussions merveilleuses. Elle est l'une des personnes avec qui j'aime le plus parler."
Elles vivent désormais à quelques mètres de distance. "C'est une personne formidable, intelligente à en faire peur, une compagnie géniale et une révélation dans le rôle de grand-mère. L'amour et la joie qui apparaissent sur le visage de Stanley lorsqu'elle vient rendre visite... Je ne voudrais perdre ça pour rien au monde."
Dido était très proche de son père, qui est décédé en 2006 des suites d'une longue maladie. Son premier single, 'Here With Me', a été écrit le soir où elle est rentrée chez elle, après être revenue de l'hôpital où son père avait été admis pour la première fois, gravement malade. Elle était présente à son chevet, pour lui chanter sa chanson préférée, 'Raglan Road' de The Dubliners, tandis qu'il était mourant.
Les paroles, écrites par le poète Patrick Kavanagh, parlaient de la tante de William, Hilda O'Malley. "Papa me jouait cette chanson lorsque j'étais enfant. C'était une chanson à laquelle nous étions tous les deux très attachés, et je la lui ai chantée sans arrêt lorsqu'il était malade." Elle a écrit le titre 'Grafton Street' sur son album Safe Trip Home, sorti en 2008, d'après 'Raglan Road', comme un hommage à son père. "My love I know we're losing but I will stand here by you "("Mon amour je sais que nous sommes en train de perdre mais je resterai ici à tes côtés"), a-t-elle écrit.
La personnalité de Dido s'est transformée au cours des années. Elle respire la satisfaction, mais pas d'une mannière suffisante. Elle a simplement trouvé son centre de gravité. "J'étais probablement beaucoup plus fragile lorsque j'ai débuté ma carrière. Je suis bien plus sûre de moi qu'auparavant. C'est en partie dû au fait de vieillir. Avec vos 40 ans survient une vague d'acceptation."
"J'ai l'impression de comprendre maintenant. Peu m'importe d'être appréciée, c'est comme ça. Ca m'a pris une bonne vingtaine d'années pour comprendre ça. La moitié de ma carrière est basée sur le fait de vouloir être aimée, mais on en arrive à un point où on se dit : 'Tout le monde ne peut pas m'aimer, et je l'accepte.' Du moment que les gens que j'aime m'aiment en retour."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
mardi 19 novembre 2013
The Huffington Post - 19 novembre 2013 [Traduction]
Cher journal : Dido s'ouvre au grand jour avec son best of
Au bout du compte, Dido considère que sa prochaine compilation de morceaux est plus "le journal intime fou de ma vie" qu'un simple best of.
Le best of de Dido, qui sera distribué dès le 25 novembre par RCA Records, dans des formats standard et deluxe, couvre près de 15 ans de carrière, laquelle a commencé en 1999, avec la sortie de No Angel.
Le disque, ainsi que ses trois autres albums studio (dont le dernier, sorti en mars, Girl Who Got Away), sont joliment représentés sur cette compilation de 18 titres, accompagnée de bonus, comme le titre nominé aux Oscars 'If I Rise' (avec A.R. Rahman), et 'NYC', une nouvelle chanson dance entrainante, sortie en octobre.
Le titre 'Stan' d'Eminem, single rap qui a permis à l'Anglaise dotée d'un seul nom de se faire une place aux Etats-Unis, grâce à son sample de 'Thank You', est également sur le disque, représentant le début d'une aventure mondiale remarquable.
L'édition deluxe comporte en plus 13 remixes de quelques unes de ses chansons les plus connues, dont une version inédite de 'White Flag' (Timabland Remix).
De tels exemples prouvent qu'elle était destinée à de grandes choses. Pourtant, lors d'une conversation téléphonique depuis l'Angleterre, la semaine dernière, la londonienne solitaire semblait presque gênée d'accoler des superlatifs à son travail.
"Bonne question", répond Dido d'un ton badin, oscillant entre la douceur et le sarcasme, à la question : qu'est-ce que cette compilation de chansons en particulier a de meilleur ?
"Ce n'est pas quelque chose que j'aurais personnellement suggéré, explique-t-elle doucement. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : 'Oh, je vais sortir un best of !' Ca ne m'a même jamais traversé l'esprit."
Après que Sony l'ait contactée à propos de ce projet, Dido raconte qu'elle était encore en train de travailler sur Girl Who Got Away et avait besoin d'y réfléchir.
"Je me suis dit que, du moment où je pouvais réaliser quelque chose que j'aimerais vraiment, qui ressemblerait à une célébration en bonne et due forme de ces 15 dernières années", elle trouverait le temps de s'y consacrer. Même pour une British qui jongle entre ses rôles d'épouse/mère/fille/sœur/chanteuse/auteur.
Non pas qu'elle ait besoin de prouver le poids de sa carrière, mais peut-être que son best of servira de douce piqure de rappel quant à ce que Dido a discrètement mais habilement accompli depuis son arrivée sur le devant de la scène.
La grâce innée de sa voix raffinée se mélange magnifiquement avec la nature personnelle et puissante de ses paroles. Bien sûr, la chanteuse détachée qui, pendant des années, a produit des disques de platine et des clips créatifs mais de bon goût, sans la moindre trace de boule de démolition ou de masse [Ndlt : en référence au clip de Miley Cyrus, 'Wrecking Ball', dans lequel elle chevauche et embrasse les objets en question], n'est pas contre un peu de chaos maîtrisé dans sa vie.
L'interprète expérimentée, qui joue de divers instruments, dont la guitare, le clavier, la flûte à bec et la batterie, met en valeur sa musique avec des tempos électro dance, des basses propulsives, et des collaborations passionnées avec des artistes allant d'Eminem à Kendrick Lamar.
La lauréate du MTV Europe Music Award de la révélation de l'année 2001 n'a pas regardé la cérémonie de cette année, diffusée plus tôt ce mois-ci, lorsque le dernier coup de pub de Miley Cyrus est parti en fumée [Ndlt : Miley Cyrus a allumé un joint au moment de recevoir un prix], mais elle est assez curieuse pour demander comment était l'émission.
"Je trouve que c'est une époque très excitante, explique Dido à propos de la scène pop actuelle, bien trop élégante pour dénigrer qui que ce soit. J'aime le fait que les gens aient la possibilité de faire connaitre leur travail, quel que soit la manière [de le faire]. Et pas nécessairement tout un album, mais des collaborations diverses. Je trouve qu'il y a beaucoup de bons sons en ce moment."
Tandis qu'elle dit découvrir de nouvelles choses chaque jour, en ce moment, Dido s'extasie sur le son électro de Pete Lawrie Winfield (connu sous le pseudo Until The Ribbon Breaks), et sur les derniers albums de London Grammar (If You Wait) et Lorde (Pure Heroine). Elle ajoute : "J'ai d'ailleurs téléchargé l'album d'Eminem [(The Marshall Mathers LP 2], il y a deux jours, et je l'adore vraiment."
Malgré tout, Dido reste une sorte de romantique à l'ancienne qui écoute toujours la musique à la radio, influençant les audiophiles qui regrettent les jours passés, ceux d'avant les livres confessions et les vidéos virales montrant des garçons (et des filles) qui se comportent mal.
En clair, lui dit-on, la beauté de sa musique réside dans... la beauté de sa musique.
"Je crois que l'une des raisons qui font que quelqu'un comme Adele parle tellement aux gens, c'est qu'en fait, on n'en sait pas beaucoup sur sa vie. Et je trouve ça super. Ca implique qu'on écoute ses chansons et qu'on puisse se les approprier."
Avec plus de 29 millions d'albums vendus, Dido a un large public à travers le monde. Et, bien qu'elle dise être satisfaite de l'accueil fait à Girl Who Got Away, son premier album studio depuis cinq ans, après qu'elle ait pris une pause pour fonder une famille, le disque n'est resté que trois semaines dans le top 200 de Billboard, avec un pic à la 32 position du classement. En comparaison, son second album, Life For Rent, s'est classé 4ème, et est resté classé pendant 47 semaines.
Dans un monde où des fans capricieux demandent souvent : "Qu'est-ce que tu as sorti pour moi, récemment ?", une interruption de carrière peut se révéler être la plus grande peur d'un artiste.
Etre éloigné des projecteurs pendant si longtemps effraierait quasiment quiconque court après la gloire. Mais Dido n'y a pas réfléchi à deux fois.
"Ce n'est pas comme si j'essayais de me raccrocher à quoi que ce soit, si je puis dire, explique-t-elle après avoir décidé de ne pas faire de 'grande tournée mondiale' avant qu'elle ne termine son prochain album, qu'elle 'espère' finir l'année prochaine. Tout ce que j'essaie de faire, c'est créer de la musique et la mettre à la disposition de ceux qui voudraient l'écouter. Mais je ne ressens pas un besoin désespéré de m'accrocher à un certain degré de célébrité, ou un truc dans le genre."
Dido a été plus déçue quant à la réaction peu enthousiaste face à Safe Trip Home, album sorti en 2008 et ignoré par la plupart des gens, qu'elle a coproduit avec Jon Brion, et qui inclut les participations de Mick Fleetwood à la batterie, Brian Eno au clavier, et son coauteur de frère, Rollo Armstrong. Le moment semblait opportun pour marquer une pause et faire de sa famille une priorité.
"J'ai mis mon coeur et mon âme dans cet album, dit-elle sans la moindre trace d'amertume. Et pratiquement personne ne l'a entendu. Ce n'est pas grave, il est là pour être entendu, un jour."
D'un point de vue personnel, elle considère 'Grafton Street' comme "de loin" sa chanson la plus significative. Elle l'a écrite en 2006, juste après le décès de son père, William O'Malley Armstrong, à l'âge de 68 ans, après qu'il ait passé 10 ans à l'hôpital.
No more trips to Grafton Street
(Plus de visites à Grafton Street)
No more going there
(Plus de visites là-bas)
To see you lying still
(Pour te voir étendu, immobile)
While we all come and go
(Alors que nous allons et venons tous)
"'Grafton Street' peut encore réussir à me faire pleurer, révèle-t-elle. Je ne pleure pas facilement, mais si je me sens vulnérable, ce titre peut tout à fait [me faire pleurer]..."
"Ma vie entière se résumait à ça : mes visites à l'hôpital, mes voyages en avion pour me rendre sur un lieu de concert, et revenir pour lui rendre visite à l'hôpital, dit-elle. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. Nous avons passé des moments extraordinaires, malgré le fait que l'hôpital ait été un lieu très sombre. Nous avons passé des grands moments dans cette chambre. Et la chanson parle du fait de regretter ce temps passé en ce lieu."
Il est vrai, cependant, que cette chanson "très, très honnête était très dure à interpréter sur scène, admet Dido. Et je n'y avais pas vraiment réfléchi auparavant. Une grande partie de cet album était très sombre et très dure à interpréter sur scène. Bien sûr, je ne voulais pas vraiment partir sur une grande tournée avec cet album en particulier. C'est à ce moment là que j'ai pensé à me retirer un petit peu de la vie publique."
'Grafton Street' et 'Quiet Times', également extraite de Safe Trip Home, "figurent parmi les meilleurs chansons que j'ai pu écrire, explique-t-elle. Et elle n'ont pas eu droit à leur moment de gloire."
Ainsi donc, l'entrepreneur plein de ressources qu'elle est a décidé de leur donner, ainsi qu'aux auditeurs, une deuxième chance, en les incluant toutes deux dans son best of.
Lorsqu'elle s'est finalement dévouée au projet qui avait "surgi devant elle", Dido a pris le contrôle total quant au choix des titres.
"J'ai passé deux semaines complètement dingues à mettre en place le projet. Mais c'était très appréciable", dit-elle.
Si d'aventure quiconque voulait lui apporter sa contribution, il se voyait remercié.
Alors que sa voix apaisante et stimulante brille sur des titres comme 'Here With Me' et 'Thank You', Dido révèle qu'elle ne s'est mise à chanter que sur le tard.
"Je ne me souviens pas d'une époque où je ne jouais pas de la musique, dit-elle. Mes souvenirs les plus anciens remontent à l'école primaire, lorsque je jouais de la flûte à bec, de la musique, et que je courais à l'étage après être rentrée de l'école pour m'entraîner à jouer. C'est tout ce que je voulais faire."
Il est aisé de comprendre pourquoi elle n'a jamais pris de cours de chant, mais à ce jour, la perfectionniste qui sommeille en elle se dit toujours que, peut-être, elle le devrait.
C'est difficile à croire, en particulier après avoir entendu son don inné, ses cordes vocales bénies qui n'ont aucunement besoin d'être améliorées.
Alors qu'elle a chanté pour la première fois en public, âgée de 17 ans, à l'école pour garçons qu'elle fréquentait, Dido se souvient qu'interpréter 'Summertime' et 'Cry Me A River' avec un orchestre de jazz était un pari risqué. "J'étais en osmose avec Ella Fitzgerald."
Dido a pris une autre direction, et semble avoir bu quelques verres de la Fontaine de Jouvence. Aujourd'hui, près de 25 ans plus tard (son 42ème anniversaire tombe le jour de Noël), elle élève un autre musicien dont le penchant premier et de jouer de la musique, et non pas de chanter.
Telle mère, tel fils.
"C'est un batteur incroyable", confie joyeusement Dido à propos de son fils Stanley, âgé de 2 ans, qu'elle a eu avec son époux Rohan Gavin, un auteur britannique qu'elle qualifie également de musicien talentueux.
Etant donné que les deux parents ont appris à jouer de la musique tôt dans leur vie, son fils "a probablement hérité d'un peu de ça dans son ADN." Mais la passion de Stanley réussit à l'étonner.
"Il ne s'arrête jamais... Depuis le moment où il a pu bouger ses mains, il ne s'est plus arrêté de jouer de la batterie, raconte Dido. Il ne me laisse même pas approcher de la batterie. Je n'ai jamais pu lui montrer comment en jouer, parce qu'il attrape toujours les baguettes et s'assoit pour jouer... Tout sert de batterie de substitution. Le moindre meuble, le moindre jouet se transforme en batterie, et il adore ça..."
"C'est tellement adorable à voir. Vous savez quoi ? Il oubliera sûrement cette obsession lorsqu'il aura 4 ans, mais pour l'instant, je crois que c'est un de ses grands plaisirs dans la vie."
Pour Dido, son petit garçon qui bat le rythme est sans doute l'interprète des meilleures chansons qu'ils soient.
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
Au bout du compte, Dido considère que sa prochaine compilation de morceaux est plus "le journal intime fou de ma vie" qu'un simple best of.
Le best of de Dido, qui sera distribué dès le 25 novembre par RCA Records, dans des formats standard et deluxe, couvre près de 15 ans de carrière, laquelle a commencé en 1999, avec la sortie de No Angel.
Le disque, ainsi que ses trois autres albums studio (dont le dernier, sorti en mars, Girl Who Got Away), sont joliment représentés sur cette compilation de 18 titres, accompagnée de bonus, comme le titre nominé aux Oscars 'If I Rise' (avec A.R. Rahman), et 'NYC', une nouvelle chanson dance entrainante, sortie en octobre.
Le titre 'Stan' d'Eminem, single rap qui a permis à l'Anglaise dotée d'un seul nom de se faire une place aux Etats-Unis, grâce à son sample de 'Thank You', est également sur le disque, représentant le début d'une aventure mondiale remarquable.
L'édition deluxe comporte en plus 13 remixes de quelques unes de ses chansons les plus connues, dont une version inédite de 'White Flag' (Timabland Remix).
De tels exemples prouvent qu'elle était destinée à de grandes choses. Pourtant, lors d'une conversation téléphonique depuis l'Angleterre, la semaine dernière, la londonienne solitaire semblait presque gênée d'accoler des superlatifs à son travail.
"Bonne question", répond Dido d'un ton badin, oscillant entre la douceur et le sarcasme, à la question : qu'est-ce que cette compilation de chansons en particulier a de meilleur ?
"Ce n'est pas quelque chose que j'aurais personnellement suggéré, explique-t-elle doucement. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : 'Oh, je vais sortir un best of !' Ca ne m'a même jamais traversé l'esprit."
Après que Sony l'ait contactée à propos de ce projet, Dido raconte qu'elle était encore en train de travailler sur Girl Who Got Away et avait besoin d'y réfléchir.
"Je me suis dit que, du moment où je pouvais réaliser quelque chose que j'aimerais vraiment, qui ressemblerait à une célébration en bonne et due forme de ces 15 dernières années", elle trouverait le temps de s'y consacrer. Même pour une British qui jongle entre ses rôles d'épouse/mère/fille/sœur/chanteuse/auteur.
Non pas qu'elle ait besoin de prouver le poids de sa carrière, mais peut-être que son best of servira de douce piqure de rappel quant à ce que Dido a discrètement mais habilement accompli depuis son arrivée sur le devant de la scène.
La grâce innée de sa voix raffinée se mélange magnifiquement avec la nature personnelle et puissante de ses paroles. Bien sûr, la chanteuse détachée qui, pendant des années, a produit des disques de platine et des clips créatifs mais de bon goût, sans la moindre trace de boule de démolition ou de masse [Ndlt : en référence au clip de Miley Cyrus, 'Wrecking Ball', dans lequel elle chevauche et embrasse les objets en question], n'est pas contre un peu de chaos maîtrisé dans sa vie.
L'interprète expérimentée, qui joue de divers instruments, dont la guitare, le clavier, la flûte à bec et la batterie, met en valeur sa musique avec des tempos électro dance, des basses propulsives, et des collaborations passionnées avec des artistes allant d'Eminem à Kendrick Lamar.
La lauréate du MTV Europe Music Award de la révélation de l'année 2001 n'a pas regardé la cérémonie de cette année, diffusée plus tôt ce mois-ci, lorsque le dernier coup de pub de Miley Cyrus est parti en fumée [Ndlt : Miley Cyrus a allumé un joint au moment de recevoir un prix], mais elle est assez curieuse pour demander comment était l'émission.
"Je trouve que c'est une époque très excitante, explique Dido à propos de la scène pop actuelle, bien trop élégante pour dénigrer qui que ce soit. J'aime le fait que les gens aient la possibilité de faire connaitre leur travail, quel que soit la manière [de le faire]. Et pas nécessairement tout un album, mais des collaborations diverses. Je trouve qu'il y a beaucoup de bons sons en ce moment."
Tandis qu'elle dit découvrir de nouvelles choses chaque jour, en ce moment, Dido s'extasie sur le son électro de Pete Lawrie Winfield (connu sous le pseudo Until The Ribbon Breaks), et sur les derniers albums de London Grammar (If You Wait) et Lorde (Pure Heroine). Elle ajoute : "J'ai d'ailleurs téléchargé l'album d'Eminem [(The Marshall Mathers LP 2], il y a deux jours, et je l'adore vraiment."
Malgré tout, Dido reste une sorte de romantique à l'ancienne qui écoute toujours la musique à la radio, influençant les audiophiles qui regrettent les jours passés, ceux d'avant les livres confessions et les vidéos virales montrant des garçons (et des filles) qui se comportent mal.
En clair, lui dit-on, la beauté de sa musique réside dans... la beauté de sa musique.
"C'est tout ce que j'ai, en quelque sorte, dit-elle modestement, avec un rire bref, en se souvenant de l'époque où les gens pensaient que Dido était le nom d'un groupe suédois. Mais c'est ce que j'aime... Avant, on n'avait pas besoin de se connaitre aussi bien. On se disait simplement : 'J'adore cette musique, et je me fiche de ne rien savoir de la vie de son interprète.'"
"Je crois que l'une des raisons qui font que quelqu'un comme Adele parle tellement aux gens, c'est qu'en fait, on n'en sait pas beaucoup sur sa vie. Et je trouve ça super. Ca implique qu'on écoute ses chansons et qu'on puisse se les approprier."
Avec plus de 29 millions d'albums vendus, Dido a un large public à travers le monde. Et, bien qu'elle dise être satisfaite de l'accueil fait à Girl Who Got Away, son premier album studio depuis cinq ans, après qu'elle ait pris une pause pour fonder une famille, le disque n'est resté que trois semaines dans le top 200 de Billboard, avec un pic à la 32 position du classement. En comparaison, son second album, Life For Rent, s'est classé 4ème, et est resté classé pendant 47 semaines.
Dans un monde où des fans capricieux demandent souvent : "Qu'est-ce que tu as sorti pour moi, récemment ?", une interruption de carrière peut se révéler être la plus grande peur d'un artiste.
Etre éloigné des projecteurs pendant si longtemps effraierait quasiment quiconque court après la gloire. Mais Dido n'y a pas réfléchi à deux fois.
"Ce n'est pas comme si j'essayais de me raccrocher à quoi que ce soit, si je puis dire, explique-t-elle après avoir décidé de ne pas faire de 'grande tournée mondiale' avant qu'elle ne termine son prochain album, qu'elle 'espère' finir l'année prochaine. Tout ce que j'essaie de faire, c'est créer de la musique et la mettre à la disposition de ceux qui voudraient l'écouter. Mais je ne ressens pas un besoin désespéré de m'accrocher à un certain degré de célébrité, ou un truc dans le genre."
Dido a été plus déçue quant à la réaction peu enthousiaste face à Safe Trip Home, album sorti en 2008 et ignoré par la plupart des gens, qu'elle a coproduit avec Jon Brion, et qui inclut les participations de Mick Fleetwood à la batterie, Brian Eno au clavier, et son coauteur de frère, Rollo Armstrong. Le moment semblait opportun pour marquer une pause et faire de sa famille une priorité.
"J'ai mis mon coeur et mon âme dans cet album, dit-elle sans la moindre trace d'amertume. Et pratiquement personne ne l'a entendu. Ce n'est pas grave, il est là pour être entendu, un jour."
D'un point de vue personnel, elle considère 'Grafton Street' comme "de loin" sa chanson la plus significative. Elle l'a écrite en 2006, juste après le décès de son père, William O'Malley Armstrong, à l'âge de 68 ans, après qu'il ait passé 10 ans à l'hôpital.
No more trips to Grafton Street
(Plus de visites à Grafton Street)
No more going there
(Plus de visites là-bas)
To see you lying still
(Pour te voir étendu, immobile)
While we all come and go
(Alors que nous allons et venons tous)
"'Grafton Street' peut encore réussir à me faire pleurer, révèle-t-elle. Je ne pleure pas facilement, mais si je me sens vulnérable, ce titre peut tout à fait [me faire pleurer]..."
"Ma vie entière se résumait à ça : mes visites à l'hôpital, mes voyages en avion pour me rendre sur un lieu de concert, et revenir pour lui rendre visite à l'hôpital, dit-elle. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. Nous avons passé des moments extraordinaires, malgré le fait que l'hôpital ait été un lieu très sombre. Nous avons passé des grands moments dans cette chambre. Et la chanson parle du fait de regretter ce temps passé en ce lieu."
Il est vrai, cependant, que cette chanson "très, très honnête était très dure à interpréter sur scène, admet Dido. Et je n'y avais pas vraiment réfléchi auparavant. Une grande partie de cet album était très sombre et très dure à interpréter sur scène. Bien sûr, je ne voulais pas vraiment partir sur une grande tournée avec cet album en particulier. C'est à ce moment là que j'ai pensé à me retirer un petit peu de la vie publique."
'Grafton Street' et 'Quiet Times', également extraite de Safe Trip Home, "figurent parmi les meilleurs chansons que j'ai pu écrire, explique-t-elle. Et elle n'ont pas eu droit à leur moment de gloire."
Ainsi donc, l'entrepreneur plein de ressources qu'elle est a décidé de leur donner, ainsi qu'aux auditeurs, une deuxième chance, en les incluant toutes deux dans son best of.
Lorsqu'elle s'est finalement dévouée au projet qui avait "surgi devant elle", Dido a pris le contrôle total quant au choix des titres.
"J'ai passé deux semaines complètement dingues à mettre en place le projet. Mais c'était très appréciable", dit-elle.
Si d'aventure quiconque voulait lui apporter sa contribution, il se voyait remercié.
"J'ai dit à tout le monde qu'ils étaient libre d'avoir leur opinion, mais que... [rires] Vraiment, j'aurais aussi bien pu envoyer un e-mail collectif pour dire : 'C'est très gentil à vous de me dire ce que vous voulez voir sur le disque, mais c'est mon disque, alors c'est moi qui choisis.'"
Alors que sa voix apaisante et stimulante brille sur des titres comme 'Here With Me' et 'Thank You', Dido révèle qu'elle ne s'est mise à chanter que sur le tard.
"Je ne me souviens pas d'une époque où je ne jouais pas de la musique, dit-elle. Mes souvenirs les plus anciens remontent à l'école primaire, lorsque je jouais de la flûte à bec, de la musique, et que je courais à l'étage après être rentrée de l'école pour m'entraîner à jouer. C'est tout ce que je voulais faire."
Il est aisé de comprendre pourquoi elle n'a jamais pris de cours de chant, mais à ce jour, la perfectionniste qui sommeille en elle se dit toujours que, peut-être, elle le devrait.
C'est difficile à croire, en particulier après avoir entendu son don inné, ses cordes vocales bénies qui n'ont aucunement besoin d'être améliorées.
Alors qu'elle a chanté pour la première fois en public, âgée de 17 ans, à l'école pour garçons qu'elle fréquentait, Dido se souvient qu'interpréter 'Summertime' et 'Cry Me A River' avec un orchestre de jazz était un pari risqué. "J'étais en osmose avec Ella Fitzgerald."
Dido a pris une autre direction, et semble avoir bu quelques verres de la Fontaine de Jouvence. Aujourd'hui, près de 25 ans plus tard (son 42ème anniversaire tombe le jour de Noël), elle élève un autre musicien dont le penchant premier et de jouer de la musique, et non pas de chanter.
Telle mère, tel fils.
"C'est un batteur incroyable", confie joyeusement Dido à propos de son fils Stanley, âgé de 2 ans, qu'elle a eu avec son époux Rohan Gavin, un auteur britannique qu'elle qualifie également de musicien talentueux.
Etant donné que les deux parents ont appris à jouer de la musique tôt dans leur vie, son fils "a probablement hérité d'un peu de ça dans son ADN." Mais la passion de Stanley réussit à l'étonner.
"Il ne s'arrête jamais... Depuis le moment où il a pu bouger ses mains, il ne s'est plus arrêté de jouer de la batterie, raconte Dido. Il ne me laisse même pas approcher de la batterie. Je n'ai jamais pu lui montrer comment en jouer, parce qu'il attrape toujours les baguettes et s'assoit pour jouer... Tout sert de batterie de substitution. Le moindre meuble, le moindre jouet se transforme en batterie, et il adore ça..."
"C'est tellement adorable à voir. Vous savez quoi ? Il oubliera sûrement cette obsession lorsqu'il aura 4 ans, mais pour l'instant, je crois que c'est un de ses grands plaisirs dans la vie."
Pour Dido, son petit garçon qui bat le rythme est sans doute l'interprète des meilleures chansons qu'ils soient.
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
The Huffington Post - 19 novembre 2013
Dear Diary: Going on Record, Dido Opens Up With Greatest Hits
Ultimately, Dido believes her upcoming collection of songs is "the crazy diary of my life" rather than a greatest hits record.
Dido's Greatest Hits, available on November 25 through RCA Records in standard and deluxe editions, covers almost 15 years, beginning in 1999 with the release of No Angel.
That and her three other studio albums, including last March's Girl Who Got Away, are nicely represented on this 18-song compilation, along with treats such as the Academy Award-nominated "If I Rise" (with A.R. Rahman) and "NYC," a lively new dance track that was released in October.
Eminem's "Stan," the rap single that put the UK woman who only needs one name on the U.S. map thanks to her sample of "Thank You," is also there, signifying the start of a remarkable global adventure.
The deluxe edition adds 13 remixes of some of her most popular songs, including a previously unreleased version of "White Flag (Timbaland Remix)."
Such examples provide proof that she was destined for greatness, yet during an overseas phone conversation last week, the lovely Londoner almost seemed embarrassed to attach superlatives to her work.
"Nice question," Dido said in a playful tone ranging somewhere between sweet and sarcastic when asked what makes this particular collection of songs great.
"It's not something that I would have suggested doing," she explained softly. "I didn't wake up one morning and think, 'Oh, I'm going to do a greatest hits album.' It never even crossed my mind."
After Sony approached her with the idea, Dido said she still was in the middle of making Girl Who Got Away and needed some time to consider it.
"And I thought as long as I can put together something that I truly love, that feels like a proper celebration of the last 15 years," there would be enough hours in the day to make it happen. Even for a Great Brit who's balancing being a wife-mother-daughter-sister-singer-songwriter.
Not that she needs a career validation, but perhaps Greatest Hits will serve as a gentle reminder of what Dido has quietly but skillfully accomplished since bursting on the scene.
The effortless grace of her understated vocals blend splendidly with the powerfully personal nature of her lyrics. Of course, the cool chanteuse who for years was cranking out platinum records and imaginative but tasteful videos without a wrecking ball or sledgehammer in sight doesn't mind some controlled chaos in her life.
The seasoned performer who plays various instruments, including guitar, keyboards, recorder and drums, enhances her sound with electronica dance beats, propulsive bass lines and impassioned collaborations with artists ranging from Eminem to Kendrick Lamar.
The winner of the MTV Europe Music Award for best new act in 2001 didn't watch the EMA's earlier this month, when Miley Cyrus' latest publicity stunt went up in smoke, but still was curious enough to ask if it was a good show.
"I think it's quite an exciting time," Dido said of today's pop music scene, too classy to diss anyone. "I like that people can put things out any which way. It's not necessarily a whole album. It's just sort of various collaborations and I think there's a lot of good stuff around."
Saying she's discovering new things everyday, Dido at the moment is raving about electronic act Pete Lawrie Winfield (under the guise of Until the Ribbon Breaks), recent albums by London Grammar (If You Wait) and Lorde (Pure Heroine), then added, "I actually downloaded the Eminem album (The Marshall Mathers LP 2) a couple of days ago; I'm really enjoying that."
Still, Dido remains a romantic throwback of sorts who still listens to music on the radio, influencing audiophiles who yearn for the days or yore before tell-all books and viral videos captured boys (and girls) behaving badly.
Simply put, she's told, the beauty of her music lies in the beauty of her music.
"I think one of the reasons that someone like Adele resonates so much with people is that actually we don't know much about her life. And I think that's great. And it means that you listen to her songs and you make them your own."
Having sold more than 29 million albums, Dido has plenty of listeners worldwide. And though she said she's pleased with the response to Girl Who Got Away, her first studio album in five years after taking some time off to start a family, it only remained on the Billboard 200 charts for three weeks, peaking at No. 32. By comparison, her second album, Life For Rent, peaked at No. 4 and was on the list for 47 weeks.
In a world where fickle fans often ask -- "What have you done for me lately?" -- career interruptus might be an artist's biggest fear.
Being out of the limelight for so long would scare almost anyone who craves attention. But Dido didn't give it a second thought.
"It's not like I'm trying to hang on to anything, if that makes sense," she said, deciding to hold off on a "full-blown around-the-globe tour" until she completes her next record "hopefully" next year. "Like, you know, all I'm ever trying to do is make music and put it out there and it's there for people if they want to hear it. But I'm not feeling like a desperate need to hang on to a certain level of fame or anything like that."
Dido was more disappointed with the lukewarm reaction to 2008's mostly overlooked Safe Trip Home, the album she co-produced with Jon Brion that features Mick Fleetwood (drums), Brian Eno (keyboards) and her co-songwriting brother, Rollo Armstrong. The timing seemed right to press pause and make family a priority.
"I put my heart and soul into that record," she said without a tinge of bitterness. "And pretty much no one's heard it, which is fine, and it's sort of there to be heard one day."
Personally, she considers "Grafton Street" her most meaningful song "by far," written just after the 2006 death of her 68-year-old father, William O'Malley Armstrong, who had spent 10 years in the hospital.
No more trips to Grafton Street
No more going there
To see you lying still
While we all come and go
"'Grafton Street' still could make me cry," she said. "I'm not a big crier but if I was feeling vulnerable, that one definitely could...
"My whole life was sort of built around visiting him in the hospital and then getting on a plane and going and doing a show and then coming back and visiting the hospital," she said. "You know, we spent so much time together. We had these amazing times, even though the hospital was this really dark place. We had amazing times in that room. And it's sort of a song about, wow, actually really missing being with you in this place."
Admittedly, though, this "very, very honest" song "was quite hard to sing live," Dido said. "And I hadn't really thought it through, you know. And a lot of that album was very dark and quite hard to do live. Of course, I didn't really want to do a big tour on that particular record. And that's when I thought I'd disappear from view a little bit."
"Grafton Street" and "Quiet Times," also from from Safe Trip Home, "were some of the best songs I've ever written," she said. "And they don't get their moment in the sun."
Yet the ever resourceful entrepreneur decided to give them -- and listeners -- a second chance by including both in the Greatest Hits package.
When she finally committed to the project that "was sprung on me," Dido took total control of song selection.
"I had a crazy, crazy couple of weeks of putting the whole thing together. But it was really enjoyable," she said.
If others wanted to provide input, it was a matter of thanks, but no thanks.
While her calming, inspirational voice shines on tracks such as "Here With Me" and "Thank You," Dido revealed that she was a late bloomer when it came to singing.
"I don't remember a time not playing music," she said. "Like my earliest memories are from being at primary school playing recorder, playing music, and just running upstairs when I got home from school to practice. That's just all I wanted to do."
It's easy to understand why she never took a voice lesson, but to this day the perfectionist in Dido still thinks, "Maybe I should."
That's hard to believe, especially after hearing her innate gift, those golden pipes that don't require any fine-tuning.
Singing publicly for the first time as a 17-year-old at the boys school she attended, Dido recalled it was a risky move to perform "Summertime" and "Cry Me a River" with a jazz band and thought, "I was channeling Ella Fitzgerald."
Dido went in another direction, and apparently made a few side trips to the Fountain of Youth. Now, nearly 25 years later (her 42nd birthday is on Christmas Day), she is raising another musician whose initial inkling is to play music, not sing it.
Like mother, like son.
"He's an insane drummer," Dido joyously said about her 2-year-old Stanley with husband Rohan Gavin, a British writer who she said is also a great musician.
Since both parents learned to play music early in life, her son "is probably getting a little bit of that passed down through the DNA." But Stanley's passion even amazes her.
"He just doesn't stop. ... Since the moment he could move his hands, he hasn't stopped drumming," Dido said. "He won't even let me on the drum kit. So I've never been able to show him how to drum because he always grabs the sticks and just sits there. ... Everything's a drum. Like every single piece of furniture, every toy eventually becomes a drum and he just loves it. ...
"It's so sweet to watch. You know what? He'll probably forget all about it when he's 4, but right now I think that's one of his huge pleasures in life."
For Dido, her little drummer boy undoubtedly is delivering the greatest hits of them all.
(Source)
Ultimately, Dido believes her upcoming collection of songs is "the crazy diary of my life" rather than a greatest hits record.
Dido's Greatest Hits, available on November 25 through RCA Records in standard and deluxe editions, covers almost 15 years, beginning in 1999 with the release of No Angel.
That and her three other studio albums, including last March's Girl Who Got Away, are nicely represented on this 18-song compilation, along with treats such as the Academy Award-nominated "If I Rise" (with A.R. Rahman) and "NYC," a lively new dance track that was released in October.
Eminem's "Stan," the rap single that put the UK woman who only needs one name on the U.S. map thanks to her sample of "Thank You," is also there, signifying the start of a remarkable global adventure.
The deluxe edition adds 13 remixes of some of her most popular songs, including a previously unreleased version of "White Flag (Timbaland Remix)."
Such examples provide proof that she was destined for greatness, yet during an overseas phone conversation last week, the lovely Londoner almost seemed embarrassed to attach superlatives to her work.
"Nice question," Dido said in a playful tone ranging somewhere between sweet and sarcastic when asked what makes this particular collection of songs great.
"It's not something that I would have suggested doing," she explained softly. "I didn't wake up one morning and think, 'Oh, I'm going to do a greatest hits album.' It never even crossed my mind."
After Sony approached her with the idea, Dido said she still was in the middle of making Girl Who Got Away and needed some time to consider it.
"And I thought as long as I can put together something that I truly love, that feels like a proper celebration of the last 15 years," there would be enough hours in the day to make it happen. Even for a Great Brit who's balancing being a wife-mother-daughter-sister-singer-songwriter.
Not that she needs a career validation, but perhaps Greatest Hits will serve as a gentle reminder of what Dido has quietly but skillfully accomplished since bursting on the scene.
The effortless grace of her understated vocals blend splendidly with the powerfully personal nature of her lyrics. Of course, the cool chanteuse who for years was cranking out platinum records and imaginative but tasteful videos without a wrecking ball or sledgehammer in sight doesn't mind some controlled chaos in her life.
The seasoned performer who plays various instruments, including guitar, keyboards, recorder and drums, enhances her sound with electronica dance beats, propulsive bass lines and impassioned collaborations with artists ranging from Eminem to Kendrick Lamar.
The winner of the MTV Europe Music Award for best new act in 2001 didn't watch the EMA's earlier this month, when Miley Cyrus' latest publicity stunt went up in smoke, but still was curious enough to ask if it was a good show.
"I think it's quite an exciting time," Dido said of today's pop music scene, too classy to diss anyone. "I like that people can put things out any which way. It's not necessarily a whole album. It's just sort of various collaborations and I think there's a lot of good stuff around."
Saying she's discovering new things everyday, Dido at the moment is raving about electronic act Pete Lawrie Winfield (under the guise of Until the Ribbon Breaks), recent albums by London Grammar (If You Wait) and Lorde (Pure Heroine), then added, "I actually downloaded the Eminem album (The Marshall Mathers LP 2) a couple of days ago; I'm really enjoying that."
Still, Dido remains a romantic throwback of sorts who still listens to music on the radio, influencing audiophiles who yearn for the days or yore before tell-all books and viral videos captured boys (and girls) behaving badly.
Simply put, she's told, the beauty of her music lies in the beauty of her music.
"I mean, yeah, it's sort of all I've got, really," she modestly said with a laugh, remembering when people thought Dido was the name of a Swedish band. "But I mean that's what I love. ... Back then, we didn't have to know each other quite so well. It was like, 'I just like this music and I don't care if I don't know anything about this person's life.'
"I think one of the reasons that someone like Adele resonates so much with people is that actually we don't know much about her life. And I think that's great. And it means that you listen to her songs and you make them your own."
Having sold more than 29 million albums, Dido has plenty of listeners worldwide. And though she said she's pleased with the response to Girl Who Got Away, her first studio album in five years after taking some time off to start a family, it only remained on the Billboard 200 charts for three weeks, peaking at No. 32. By comparison, her second album, Life For Rent, peaked at No. 4 and was on the list for 47 weeks.
In a world where fickle fans often ask -- "What have you done for me lately?" -- career interruptus might be an artist's biggest fear.
Being out of the limelight for so long would scare almost anyone who craves attention. But Dido didn't give it a second thought.
"It's not like I'm trying to hang on to anything, if that makes sense," she said, deciding to hold off on a "full-blown around-the-globe tour" until she completes her next record "hopefully" next year. "Like, you know, all I'm ever trying to do is make music and put it out there and it's there for people if they want to hear it. But I'm not feeling like a desperate need to hang on to a certain level of fame or anything like that."
Dido was more disappointed with the lukewarm reaction to 2008's mostly overlooked Safe Trip Home, the album she co-produced with Jon Brion that features Mick Fleetwood (drums), Brian Eno (keyboards) and her co-songwriting brother, Rollo Armstrong. The timing seemed right to press pause and make family a priority.
"I put my heart and soul into that record," she said without a tinge of bitterness. "And pretty much no one's heard it, which is fine, and it's sort of there to be heard one day."
Personally, she considers "Grafton Street" her most meaningful song "by far," written just after the 2006 death of her 68-year-old father, William O'Malley Armstrong, who had spent 10 years in the hospital.
No more trips to Grafton Street
No more going there
To see you lying still
While we all come and go
"'Grafton Street' still could make me cry," she said. "I'm not a big crier but if I was feeling vulnerable, that one definitely could...
"My whole life was sort of built around visiting him in the hospital and then getting on a plane and going and doing a show and then coming back and visiting the hospital," she said. "You know, we spent so much time together. We had these amazing times, even though the hospital was this really dark place. We had amazing times in that room. And it's sort of a song about, wow, actually really missing being with you in this place."
Admittedly, though, this "very, very honest" song "was quite hard to sing live," Dido said. "And I hadn't really thought it through, you know. And a lot of that album was very dark and quite hard to do live. Of course, I didn't really want to do a big tour on that particular record. And that's when I thought I'd disappear from view a little bit."
"Grafton Street" and "Quiet Times," also from from Safe Trip Home, "were some of the best songs I've ever written," she said. "And they don't get their moment in the sun."
Yet the ever resourceful entrepreneur decided to give them -- and listeners -- a second chance by including both in the Greatest Hits package.
When she finally committed to the project that "was sprung on me," Dido took total control of song selection.
"I had a crazy, crazy couple of weeks of putting the whole thing together. But it was really enjoyable," she said.
If others wanted to provide input, it was a matter of thanks, but no thanks.
"I basically told everyone that they were entitled to their opinions but ... (laughs) I definitely, I was very much like I could've sent out an email saying, 'You're very welcome to tell me what you want on it but this is my record, so I'm choosing.'... And I'm like, 'You know what, this feels right for me, so I trust my instincts on it.' "
While her calming, inspirational voice shines on tracks such as "Here With Me" and "Thank You," Dido revealed that she was a late bloomer when it came to singing.
"I don't remember a time not playing music," she said. "Like my earliest memories are from being at primary school playing recorder, playing music, and just running upstairs when I got home from school to practice. That's just all I wanted to do."
It's easy to understand why she never took a voice lesson, but to this day the perfectionist in Dido still thinks, "Maybe I should."
That's hard to believe, especially after hearing her innate gift, those golden pipes that don't require any fine-tuning.
Singing publicly for the first time as a 17-year-old at the boys school she attended, Dido recalled it was a risky move to perform "Summertime" and "Cry Me a River" with a jazz band and thought, "I was channeling Ella Fitzgerald."
Dido went in another direction, and apparently made a few side trips to the Fountain of Youth. Now, nearly 25 years later (her 42nd birthday is on Christmas Day), she is raising another musician whose initial inkling is to play music, not sing it.
Like mother, like son.
"He's an insane drummer," Dido joyously said about her 2-year-old Stanley with husband Rohan Gavin, a British writer who she said is also a great musician.
Since both parents learned to play music early in life, her son "is probably getting a little bit of that passed down through the DNA." But Stanley's passion even amazes her.
"He just doesn't stop. ... Since the moment he could move his hands, he hasn't stopped drumming," Dido said. "He won't even let me on the drum kit. So I've never been able to show him how to drum because he always grabs the sticks and just sits there. ... Everything's a drum. Like every single piece of furniture, every toy eventually becomes a drum and he just loves it. ...
"It's so sweet to watch. You know what? He'll probably forget all about it when he's 4, but right now I think that's one of his huge pleasures in life."
For Dido, her little drummer boy undoubtedly is delivering the greatest hits of them all.
(Source)
jeudi 1 juillet 2004
ELLE UK - Juillet 2004 [Traduction]
"Je veux une vie intense."
Son véritable nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong. Elle aime boire du rhum et rester éveillée jusque tard dans la nuit, pour composer des chansons que personne n'entendra jamais, sur son Steinway des années 1930. Et il existe deux choses dans la vie que, peut-être, elle apprécie plus encore que sa propre compagnie : le sexe et un bon match d'Arsenal. Découvrez une Dido drôle et décalée, comme vous ne la connaissiez pas, dans son interview la plus révélatrice à ce jour. Par Jan Moir.
Dido est moulée dans une robe signée Missoni, fendue jusqu'à la taille, aux motifs léopards, et qui se termine par des rubans flottants au niveau de ses jambes minces et bronzées. Ses cheveux sont humides et ondulés, et ses yeux sont fardés d'un noir très vamp. Elle est à couper le souffle, sensuelle : Wilma Pierrafeu rencontre la Jane de Tarzan. Un brin "ouh, là, là !" Beaucoup de "arrrgg". Mais ça ne ressemble pas vraiment à Dido. Du moins, pas à la Dido que l'on croit connaitre. Mais la connait-on réellement ? "Pas vraiment", dit-elle. Et ça lui convient très bien.
Elle explique : "J'ai toujours essayé de faire en sorte que les gens se focalisent sur ma musique, et non sur moi. C'est pour ça que je ne défile pas en soutien gorge et mini-short. C'est amusant de s'habiller et d'être féminine, et si quelqu'un me dit que je suis sexy, j'en suis contente, mais je ne veux pas que tout le monde ait le sentiment de connaitre la moindre parcelle de mon anatomie. J'ai absolument confiance en moi, actuellement ; j'adore cette robe, mais je peux me sentir sexy dans des vêtements très simples. Pour moi, c'est une attitude plus élégante à adopter. Garder [mon corps] pour moi. Le garder privé. Le réserver pour la chambre à coucher."
Dido rit et disparait dans une loge, afin de se changer après notre séance photo. Plus tard, elle réapparait dans ses vêtements sobres habituels : un jean Juicy, un T-shirt et une paire de sandales Topshop qu'elle adore, car elles sont hautes, mais assez confortables pour lui permettre de danser sur scène. "Comme ça", explique-t-elle, en bougeant un peu. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? "Un de mes pas de danse avant-gardistes, s'il vous plaît !", rit-elle. Elle plaisante, bien sûr. "Je suppose que ça explique pourquoi je n'ai jamais pu être une véritable pop star géniale, à l'échelle planétaire, comme Kylie ou Britney. Je me casserais la figure dès le premier obstacle de danse."
C'est une soirée douce dans Kew Gardens, avec un léger vent frais qui accompagne la brise. Dido veut une tasse de thé noir. Où sont ses lunettes de soleil ? Elle enfile sa chère veste Marc Jacobs, celle-là même qu'elle portait pour la séance photo de son second album, Life for Rent. Pour son premier album, No Angel, elle apparaissait à peine, si ce n'est comme une ombre floue en noir et blanc. "Si j'avais pu choisir, personne n'aurait jamais su à qui appartenait ce visage. Je n'ai jamais voulu que tout ça arrive. Tout ce que j'avais entrepris, c'était de faire un album que je voulais écouter, dit-elle. J'étais une artiste underground qui avait fait un disque sans prétention, mais, d'une manière ou d'une autre, c'est devenu dingue."
Ca, c'est sûr. La musique éparse et mélancolique de Dido a fait d'elle l'une des artistes les plus vendeuses dans le monde. Il y a quelque chose à propos de l'intimité de sa voix cristalline et de ses chansons épurées, à laquelle les fans répondent de manière profonde ; comme si, certains l'affirment, elle chantait dans leur propre tête. Faisant le lien à un autre niveau, Dido aime aussi écrire et chanter à propos des "petits moments" furtifs que nous partageons tous : lorsque le bel amour tourne mal, lorsqu'on rencontre quelqu'un, le triomphe et la tragédie de la vie quotidienne. "Comme ce bref moment où vous êtes complètement malade parce que vous venez de passer près de l'être aimé, et qu'il est accompagné de quelqu'un d'autre. C'est ça qui compte : cet infime, minuscule moment d'une vie. J'adore écrire des grandes chansons à propos de ça." Il y a deux scénarii lorsqu'elle écrit ces chansons-là : "Je dois me retirer quelque part et me sentir véritablement seule, explique-t-elle. Ou alors, je reste chez moi et je me saoule un peu. Etre ivre et écrire des chansons est l'une des choses que je préfère par-dessus tout."
Chez elle, c'est une maison fabuleuse dans le nord de Londres, qu'elle a achetée elle-même et qu'elle a transformée en une sorte de "Temple de Dido". Il n'y a qu'une chambre à coucher (la sienne), parce que toutes les autres pièces ont été transformées en satellites de Dido, pour le travail et les loisirs. Il y a la salle de gym de Dido, le bureau de Dido, la salle de musique de Dido ; toutes ces pièces formant une zone exclusive à Dido, d'une certaine manière. Le message que cela envoie est clair : défense d'entrer ! Cette femme a besoin de son espace. Enfant, Dido (dont le vrai nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong) était isolée. Elle confesse une vie très casanière, où elle pratiquait le violon et la flute à bec dans sa chambre pendant des heures, et où elle a enduré les affres et les douleurs de l'adolescence seule. "Lorsque j'ai rompu avec mon premier petit copain, j'avais vraiment le cœur brisé. Ma mère a dit que je n'ai pas quitté la maison pendant trois mois. Chaque soir, je faisais de l'aérobic dans ma chambre, au son des disques de Imagination. C'était excellent. Je me suis complètement remodelée."
Malgré ce genre de calamités de l'adolescence, la douce jeune fille qui excellait à ses cours de musique, et chantait dans la chorale de l'école, a aussi découvert des activités extrascolaires différentes, plus intéressantes. "J'étais toujours très ouverte à propos du sexe, quand j'étais plus jeune. On est prêt à tout essayer, à cet âge, pas vrai ? Même si on ressent toujours un peu de manque d'assurance. Parfois, on n'est pas assez sûr." Mais la pratique permet de s'améliorer. "Oui. Et puis, on prend de l'âge, et le sexe devient génial. On passe à un niveau complètement nouveau."
Malgré tout, Dido a toujours besoin de beaucoup de temps seule, et est frustrée lorsque ce n'est pas possible. De bien des façons, la vie de troubadour de la pop star, entre studios d'enregistrement et tournées, voyages et déplacements, lui convient "parfaitement". "J'ai seulement besoin de faire les choses en étant seule. Je suis très contente quand je suis seule. Je passe mon temps à semer les gens."
Ainsi, sa maison de Islington demeure son sanctuaire. Lorsqu'elle a envie de compagnie, elle cuisine des plats sains et "délicieux" pour ses amis : beaucoup de poisson, de légumes, de salades. "Je ne sais pas faire de sauces, mais je suis experte en poisson ; j'enroule le cabillaud dans du papier aluminium, avec un peu de citron et d'huile, et je le fais cuire au four." Parfois, lorsqu'elle revient de ses emplettes, avec ses salades et ses fruits, elle descend sa rue, observe sa maison et se dit : "Je n'arrive pas à croire que j'habite là. Je n'arrive pas à croire que c'est ma maison. C'est tout ce dont j'aurais toujours besoin."
La célébrité et la fortune sont arrivées rapidement, pour Dido. Et, en dehors d'une étrange crise de panique occasionnelle, elle a merveilleusement fait face, de sa manière bien à elle, sensée et terre-à-terre. "Tous mes amis disent que ça ne m'a pas changée du tout, mais, bien sûr que ça m'a changée. De manière positive. J'ai bien plus confiance en moi et je suis plus heureuse ; la vie est magnifique. Il y a des jours où ça m'ennuie, mais aujourd'hui, si quelque chose m'embête, je m'arrête et je me dis : 'Rien de ce qui t'ennuie ne compte vraiment.' J'ai de la chance. J'ai une vie extraordinaire, et je veux en profiter, parce que quelque chose surviendra et m'arrêtera, à un moment donné."
Dido a reçu une éducation aimante, plutôt bohémienne, de la part de son père éditeur et de sa mère poète, dans le nord de Londres. La télévision était bannie de leur maison de ville, et sa relation avec ses deux parents, et particulièrement avec sa mère, pouvait être orageuse. Son frère, Rollo, et elle s'amusaient avec des instruments de musique et des chansons, et elle a étudié la musique dans les deux écoles privées qu'elle a fréquentées. Alors qu'elle enregistrait son second album, son père est tombé gravement malade et a failli mourir. Cela explique peut-être, en partie, la gravité derrière le regard clair et intelligent de Dido, et sa détermination à profiter pleinement des choses. "Oui, dit-elle. Vous devez vivre votre vie. Vous pouvez vous laisser porter par la vie, ou vous pouvez vous y lancer pleinement. Et je veux la vivre pleinement."
Sa famille reste liée, à sa manière. Elle assiste aux matchs de foot d'Arsenal avec son père et, au milieu de son salon, se trouve son bien le plus imposant : un piano à queue Steinway des années 1930, cadeau de Rollo, un musicien, dont la maison de disques a été la première de Dido. "Il est superbe, avec une sonorité merveilleuse", commente-t-elle.
Une bonne soirée, pour Dido, inclurait un dîner avec des amis et quelques verres (soit du vin rouge, du champagne, du rhum ou de la vodka), et ensuite, retour à la maison pour un grog en solitaire. "Une boisson très agréable, avant d'aller se coucher, consiste en un mélange de rhum et d'eau chaude. Ca marche complètement. Mettez du rhum Old Jamaica dans un verre, et préparez-le comme une tasse de thé. C'est super, ça vous met d'une humeur délicieuse." Elle mettrait ensuite sa guitare sur son genou, s'assiérait à son magnifique piano et commencerait à travailler. "Je pisserais de rire toute seule, parce que je sais que ce que j'écris ne verra jamais la lumière du jour. J'avoue pratiquement tout ! Ces morceaux ne seront jamais rendus publics. Et c'est libérateur, d'écrire des chansons qui ne seront jamais dévoilées. J'en ai des tas, de ce genre. Toutes sur des bouts de papier, partout dans la maison." Je lui demande de me donner le titre de l'une de ces chansons. "Non", répond-elle, avant d'éclater d'un long rire personnel.
Ce qui est étrange, c'est que Dido et ses chansons ne sont pas aussi fades que certains voudraient le faire croire. Elle est simplement plus discrète que d'autres. Beaucoup de ses chansons sont rythmées par le sexe et le désir, mais la reine de la sérénité le fait avec un si bon goût que certains de ses auditeurs ne le remarquent jamais. "Je ne m'imagine pas vraiment chanter ou écrire une chanson qui dirait : 'Touche-moi partout, je veux que tu... quelque chose. Je veux que tu lèches... quelque chose.' Beurk ! Je rirais trop en chantant ça. Mais j'aime le sexe. Je suis très ouverte à propos de ça, j'adore ça", dit-elle, faisant remarquer qu'elle a perdu son manque de confiance d'adolescente quelque temps auparavant. "Je pense que le sexe est l'une des meilleures choses au monde. Ca vous rend heureux. Je suis très détendue à propos de ça, et ça s'est renforcé avec l'âge. Vous savez ce que vous voulez, et vous vous amusez, et vous vous sentez libre et ouvert." Elle boit une gorgée de son thé. "C'est vrai, ce qu'on raconte, à propos des femmes qui atteignent un palier avec l'âge ; vous appréciez ça, tout simplement. Le sexe devient moins lié aux émotions et aux relations affectives, et plus en rapport avec le fait de passer un bon moment."
Dido a désormais 32 ans. Sa plus longue relation amoureuse a duré sept ans, avec l'avocat Bob Page. Ils étaient fiancés et avaient prévu de se marier en 2002, mais ils ont reporté le mariage, avant de vraiment se séparer, l'année dernière. Aujourd'hui encore, elle parle de lui avec affection, et n'a pas l'impression que leur séparation soit due à son succès grandissant. "Non, notre relation a simplement été la victime du phénomène où l'on rencontre quelqu'un alors qu'on entame la vingtaine, on grandit tous les deux, et on n'est plus du tout en phase à la fin de la vingtaine." Dido a écrit 'Thank You' pour lui, le titre qu'Eminem a samplé dans son morceau 'Stan', et qui a propulsé les ventes de son album dans la stratosphère. "J'étais dans mon bain, chez moi, et je pensais : 'Même si les choses vont mal, j'ai Bob et la vie est belle.' Il adorait cette chanson, il l'adore toujours."
Depuis, elle a vécu une liaison sporadique avec Ferdinand Unger-Hamilton, le patron de maison de disques ; liaison qui a brièvement repris lors de trois rendez-vous, à la fin du printemps. Mais depuis, il n'y a eu personne en particulier. "Ferdy et moi avons toujours vécu une relation mouvementée", dit-elle en haussant les épaules.
Voulait-elle vraiment être seule à ce point ? "Je suis célibataire en ce moment, et j'adore vraiment ça. D'habitude, je glisse d'une relation à une autre. Actuellement, j'apprécie intensément de ne pas être en couple. Je me suis rendu compte, l'autre jour, que j'ai été en couple pendant 13 ans. C'est ridicule ! Donc c'est agréable, cette nouveauté de pouvoir dire : 'Non, je veux être seule.'" Depuis combien de temps est-elle célibataire ? "Une semaine." Combien de temps peut-elle tenir sans relations sexuelles ? "Je n'ai encore jamais essayé de m'en passer, jusqu'ici. Je vous tiendrai au courant !"
Pendant la plus grande partie de l'année, Dido sera en tournée avec ses musiciens à travers le monde. Exige-t-elle que tous ses musiciens soient beaux ? "Non ! rit-elle. Ils sont tous séduisants, mais je n'ai envie de coucher avec aucun d'entre eux."
Huit mois sur la route sont tout aussi biens pour être célibataire, pour en profiter, pour penser à l'avenir. Autrefois, Dido devait se marier et avoir des enfants. Mais maintenant qu'elle a vu de ses propres yeux la réalité harassante de la maternité, elle n'en est plus si sûre. "Lorsque j'avais 19 ans, je pensais que le mariage et les enfants arriveraient naturellement dans ma vie. Tout ça semblait si facile. 'Mais oui, je peux avoir un bébé ! Mais oui, je sais m'occuper d'un bébé, où est le problème ?' Maintenant, je vois mes amis, et je me dis : 'Wouah ! Si ça doit m'arriver, ça devra être un accident.'"
Malgré tout, elle est convaincue qu'elle aimera vraiment être mère lorsqu'elle sera prête, et croit que c'est "le rêve de tout le monde, et, évidemment, l'un des miens." Mais elle a aussi d'autres rêves.
"Oui ! Parfois, vous rencontrez un type, et vous vous dites : 'Oh, Seigneur ! Je veux porter tes enfants.'" Un type comme qui, par exemple ? "Quelqu'un comme... euh... Hum. Noooon ! Je n'ai pas d'exemple à l'esprit, à cet instant." C'est une menteuse de pacotille. "Ce n'est pas du tout ce que je veux dire ! Je vois d'ici la Une maintenant : 'Dido, l'alcoolique nymphomane, révèle qu'elle veut des enfants d'un inconnu !'" Nous n'écririons jamais ça. "Promis ?" Promis.
Alors, qu'est-ce que l'avenir réserve à Dido ? Elle est assez intelligente pour admettre que le fait qu'elle soit l'une des plus grandes pop stars du monde aura un énorme impact sur ses relations amoureuses futures ("Je ne vais même pas essayer de prétendre le contraire"), et sait que l'homme qu'elle choisira devra être "extrêmement fort ; pas sur le plan physique, mais il devra être si sûr de lui qu'il se fichera que j'attire parfois toute l'attention." En attendant, elle est heureuse de rester seule, à boire ses grogs de rhum chaud jusque tard dans la nuit, et à rire de toutes ces chansons qu'elle écrit et que personne n'entendra jamais. Une dernière question. Comment concilie-t-elle son besoin de solitude et son amour du sexe ? "Eh bien, ce sont deux choses complètements différentes. Je n'ai pas de relations sexuelles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ou chaque jour", explique-t-elle.
Mais, voyons, la solution de tout ça est tellement évidente que ç'en est aveuglant : pourquoi ne pas tomber amoureuse de quelqu'un sur la route ? Quelqu'un qui jouerait pour Arsenal. "Excellent ! s'exclame-t-elle. Mais je ne crois pas que je sortirai avec un joueur de foot d'Arsenal. Je ne pense pas !" Pourquoi pas ? "Parce que les meilleurs sont déjà pris. C'est une blague, au fait."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
Son véritable nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong. Elle aime boire du rhum et rester éveillée jusque tard dans la nuit, pour composer des chansons que personne n'entendra jamais, sur son Steinway des années 1930. Et il existe deux choses dans la vie que, peut-être, elle apprécie plus encore que sa propre compagnie : le sexe et un bon match d'Arsenal. Découvrez une Dido drôle et décalée, comme vous ne la connaissiez pas, dans son interview la plus révélatrice à ce jour. Par Jan Moir.
Dido est moulée dans une robe signée Missoni, fendue jusqu'à la taille, aux motifs léopards, et qui se termine par des rubans flottants au niveau de ses jambes minces et bronzées. Ses cheveux sont humides et ondulés, et ses yeux sont fardés d'un noir très vamp. Elle est à couper le souffle, sensuelle : Wilma Pierrafeu rencontre la Jane de Tarzan. Un brin "ouh, là, là !" Beaucoup de "arrrgg". Mais ça ne ressemble pas vraiment à Dido. Du moins, pas à la Dido que l'on croit connaitre. Mais la connait-on réellement ? "Pas vraiment", dit-elle. Et ça lui convient très bien.
Elle explique : "J'ai toujours essayé de faire en sorte que les gens se focalisent sur ma musique, et non sur moi. C'est pour ça que je ne défile pas en soutien gorge et mini-short. C'est amusant de s'habiller et d'être féminine, et si quelqu'un me dit que je suis sexy, j'en suis contente, mais je ne veux pas que tout le monde ait le sentiment de connaitre la moindre parcelle de mon anatomie. J'ai absolument confiance en moi, actuellement ; j'adore cette robe, mais je peux me sentir sexy dans des vêtements très simples. Pour moi, c'est une attitude plus élégante à adopter. Garder [mon corps] pour moi. Le garder privé. Le réserver pour la chambre à coucher."
Dido rit et disparait dans une loge, afin de se changer après notre séance photo. Plus tard, elle réapparait dans ses vêtements sobres habituels : un jean Juicy, un T-shirt et une paire de sandales Topshop qu'elle adore, car elles sont hautes, mais assez confortables pour lui permettre de danser sur scène. "Comme ça", explique-t-elle, en bougeant un peu. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? "Un de mes pas de danse avant-gardistes, s'il vous plaît !", rit-elle. Elle plaisante, bien sûr. "Je suppose que ça explique pourquoi je n'ai jamais pu être une véritable pop star géniale, à l'échelle planétaire, comme Kylie ou Britney. Je me casserais la figure dès le premier obstacle de danse."
C'est une soirée douce dans Kew Gardens, avec un léger vent frais qui accompagne la brise. Dido veut une tasse de thé noir. Où sont ses lunettes de soleil ? Elle enfile sa chère veste Marc Jacobs, celle-là même qu'elle portait pour la séance photo de son second album, Life for Rent. Pour son premier album, No Angel, elle apparaissait à peine, si ce n'est comme une ombre floue en noir et blanc. "Si j'avais pu choisir, personne n'aurait jamais su à qui appartenait ce visage. Je n'ai jamais voulu que tout ça arrive. Tout ce que j'avais entrepris, c'était de faire un album que je voulais écouter, dit-elle. J'étais une artiste underground qui avait fait un disque sans prétention, mais, d'une manière ou d'une autre, c'est devenu dingue."
Ca, c'est sûr. La musique éparse et mélancolique de Dido a fait d'elle l'une des artistes les plus vendeuses dans le monde. Il y a quelque chose à propos de l'intimité de sa voix cristalline et de ses chansons épurées, à laquelle les fans répondent de manière profonde ; comme si, certains l'affirment, elle chantait dans leur propre tête. Faisant le lien à un autre niveau, Dido aime aussi écrire et chanter à propos des "petits moments" furtifs que nous partageons tous : lorsque le bel amour tourne mal, lorsqu'on rencontre quelqu'un, le triomphe et la tragédie de la vie quotidienne. "Comme ce bref moment où vous êtes complètement malade parce que vous venez de passer près de l'être aimé, et qu'il est accompagné de quelqu'un d'autre. C'est ça qui compte : cet infime, minuscule moment d'une vie. J'adore écrire des grandes chansons à propos de ça." Il y a deux scénarii lorsqu'elle écrit ces chansons-là : "Je dois me retirer quelque part et me sentir véritablement seule, explique-t-elle. Ou alors, je reste chez moi et je me saoule un peu. Etre ivre et écrire des chansons est l'une des choses que je préfère par-dessus tout."
Chez elle, c'est une maison fabuleuse dans le nord de Londres, qu'elle a achetée elle-même et qu'elle a transformée en une sorte de "Temple de Dido". Il n'y a qu'une chambre à coucher (la sienne), parce que toutes les autres pièces ont été transformées en satellites de Dido, pour le travail et les loisirs. Il y a la salle de gym de Dido, le bureau de Dido, la salle de musique de Dido ; toutes ces pièces formant une zone exclusive à Dido, d'une certaine manière. Le message que cela envoie est clair : défense d'entrer ! Cette femme a besoin de son espace. Enfant, Dido (dont le vrai nom est Florian Cloud de Bounevialle Armstrong) était isolée. Elle confesse une vie très casanière, où elle pratiquait le violon et la flute à bec dans sa chambre pendant des heures, et où elle a enduré les affres et les douleurs de l'adolescence seule. "Lorsque j'ai rompu avec mon premier petit copain, j'avais vraiment le cœur brisé. Ma mère a dit que je n'ai pas quitté la maison pendant trois mois. Chaque soir, je faisais de l'aérobic dans ma chambre, au son des disques de Imagination. C'était excellent. Je me suis complètement remodelée."
Malgré ce genre de calamités de l'adolescence, la douce jeune fille qui excellait à ses cours de musique, et chantait dans la chorale de l'école, a aussi découvert des activités extrascolaires différentes, plus intéressantes. "J'étais toujours très ouverte à propos du sexe, quand j'étais plus jeune. On est prêt à tout essayer, à cet âge, pas vrai ? Même si on ressent toujours un peu de manque d'assurance. Parfois, on n'est pas assez sûr." Mais la pratique permet de s'améliorer. "Oui. Et puis, on prend de l'âge, et le sexe devient génial. On passe à un niveau complètement nouveau."
Malgré tout, Dido a toujours besoin de beaucoup de temps seule, et est frustrée lorsque ce n'est pas possible. De bien des façons, la vie de troubadour de la pop star, entre studios d'enregistrement et tournées, voyages et déplacements, lui convient "parfaitement". "J'ai seulement besoin de faire les choses en étant seule. Je suis très contente quand je suis seule. Je passe mon temps à semer les gens."
Ainsi, sa maison de Islington demeure son sanctuaire. Lorsqu'elle a envie de compagnie, elle cuisine des plats sains et "délicieux" pour ses amis : beaucoup de poisson, de légumes, de salades. "Je ne sais pas faire de sauces, mais je suis experte en poisson ; j'enroule le cabillaud dans du papier aluminium, avec un peu de citron et d'huile, et je le fais cuire au four." Parfois, lorsqu'elle revient de ses emplettes, avec ses salades et ses fruits, elle descend sa rue, observe sa maison et se dit : "Je n'arrive pas à croire que j'habite là. Je n'arrive pas à croire que c'est ma maison. C'est tout ce dont j'aurais toujours besoin."
La célébrité et la fortune sont arrivées rapidement, pour Dido. Et, en dehors d'une étrange crise de panique occasionnelle, elle a merveilleusement fait face, de sa manière bien à elle, sensée et terre-à-terre. "Tous mes amis disent que ça ne m'a pas changée du tout, mais, bien sûr que ça m'a changée. De manière positive. J'ai bien plus confiance en moi et je suis plus heureuse ; la vie est magnifique. Il y a des jours où ça m'ennuie, mais aujourd'hui, si quelque chose m'embête, je m'arrête et je me dis : 'Rien de ce qui t'ennuie ne compte vraiment.' J'ai de la chance. J'ai une vie extraordinaire, et je veux en profiter, parce que quelque chose surviendra et m'arrêtera, à un moment donné."
Dido a reçu une éducation aimante, plutôt bohémienne, de la part de son père éditeur et de sa mère poète, dans le nord de Londres. La télévision était bannie de leur maison de ville, et sa relation avec ses deux parents, et particulièrement avec sa mère, pouvait être orageuse. Son frère, Rollo, et elle s'amusaient avec des instruments de musique et des chansons, et elle a étudié la musique dans les deux écoles privées qu'elle a fréquentées. Alors qu'elle enregistrait son second album, son père est tombé gravement malade et a failli mourir. Cela explique peut-être, en partie, la gravité derrière le regard clair et intelligent de Dido, et sa détermination à profiter pleinement des choses. "Oui, dit-elle. Vous devez vivre votre vie. Vous pouvez vous laisser porter par la vie, ou vous pouvez vous y lancer pleinement. Et je veux la vivre pleinement."
Sa famille reste liée, à sa manière. Elle assiste aux matchs de foot d'Arsenal avec son père et, au milieu de son salon, se trouve son bien le plus imposant : un piano à queue Steinway des années 1930, cadeau de Rollo, un musicien, dont la maison de disques a été la première de Dido. "Il est superbe, avec une sonorité merveilleuse", commente-t-elle.
Une bonne soirée, pour Dido, inclurait un dîner avec des amis et quelques verres (soit du vin rouge, du champagne, du rhum ou de la vodka), et ensuite, retour à la maison pour un grog en solitaire. "Une boisson très agréable, avant d'aller se coucher, consiste en un mélange de rhum et d'eau chaude. Ca marche complètement. Mettez du rhum Old Jamaica dans un verre, et préparez-le comme une tasse de thé. C'est super, ça vous met d'une humeur délicieuse." Elle mettrait ensuite sa guitare sur son genou, s'assiérait à son magnifique piano et commencerait à travailler. "Je pisserais de rire toute seule, parce que je sais que ce que j'écris ne verra jamais la lumière du jour. J'avoue pratiquement tout ! Ces morceaux ne seront jamais rendus publics. Et c'est libérateur, d'écrire des chansons qui ne seront jamais dévoilées. J'en ai des tas, de ce genre. Toutes sur des bouts de papier, partout dans la maison." Je lui demande de me donner le titre de l'une de ces chansons. "Non", répond-elle, avant d'éclater d'un long rire personnel.
Ce qui est étrange, c'est que Dido et ses chansons ne sont pas aussi fades que certains voudraient le faire croire. Elle est simplement plus discrète que d'autres. Beaucoup de ses chansons sont rythmées par le sexe et le désir, mais la reine de la sérénité le fait avec un si bon goût que certains de ses auditeurs ne le remarquent jamais. "Je ne m'imagine pas vraiment chanter ou écrire une chanson qui dirait : 'Touche-moi partout, je veux que tu... quelque chose. Je veux que tu lèches... quelque chose.' Beurk ! Je rirais trop en chantant ça. Mais j'aime le sexe. Je suis très ouverte à propos de ça, j'adore ça", dit-elle, faisant remarquer qu'elle a perdu son manque de confiance d'adolescente quelque temps auparavant. "Je pense que le sexe est l'une des meilleures choses au monde. Ca vous rend heureux. Je suis très détendue à propos de ça, et ça s'est renforcé avec l'âge. Vous savez ce que vous voulez, et vous vous amusez, et vous vous sentez libre et ouvert." Elle boit une gorgée de son thé. "C'est vrai, ce qu'on raconte, à propos des femmes qui atteignent un palier avec l'âge ; vous appréciez ça, tout simplement. Le sexe devient moins lié aux émotions et aux relations affectives, et plus en rapport avec le fait de passer un bon moment."
Dido a désormais 32 ans. Sa plus longue relation amoureuse a duré sept ans, avec l'avocat Bob Page. Ils étaient fiancés et avaient prévu de se marier en 2002, mais ils ont reporté le mariage, avant de vraiment se séparer, l'année dernière. Aujourd'hui encore, elle parle de lui avec affection, et n'a pas l'impression que leur séparation soit due à son succès grandissant. "Non, notre relation a simplement été la victime du phénomène où l'on rencontre quelqu'un alors qu'on entame la vingtaine, on grandit tous les deux, et on n'est plus du tout en phase à la fin de la vingtaine." Dido a écrit 'Thank You' pour lui, le titre qu'Eminem a samplé dans son morceau 'Stan', et qui a propulsé les ventes de son album dans la stratosphère. "J'étais dans mon bain, chez moi, et je pensais : 'Même si les choses vont mal, j'ai Bob et la vie est belle.' Il adorait cette chanson, il l'adore toujours."
Depuis, elle a vécu une liaison sporadique avec Ferdinand Unger-Hamilton, le patron de maison de disques ; liaison qui a brièvement repris lors de trois rendez-vous, à la fin du printemps. Mais depuis, il n'y a eu personne en particulier. "Ferdy et moi avons toujours vécu une relation mouvementée", dit-elle en haussant les épaules.
Voulait-elle vraiment être seule à ce point ? "Je suis célibataire en ce moment, et j'adore vraiment ça. D'habitude, je glisse d'une relation à une autre. Actuellement, j'apprécie intensément de ne pas être en couple. Je me suis rendu compte, l'autre jour, que j'ai été en couple pendant 13 ans. C'est ridicule ! Donc c'est agréable, cette nouveauté de pouvoir dire : 'Non, je veux être seule.'" Depuis combien de temps est-elle célibataire ? "Une semaine." Combien de temps peut-elle tenir sans relations sexuelles ? "Je n'ai encore jamais essayé de m'en passer, jusqu'ici. Je vous tiendrai au courant !"
Pendant la plus grande partie de l'année, Dido sera en tournée avec ses musiciens à travers le monde. Exige-t-elle que tous ses musiciens soient beaux ? "Non ! rit-elle. Ils sont tous séduisants, mais je n'ai envie de coucher avec aucun d'entre eux."
Huit mois sur la route sont tout aussi biens pour être célibataire, pour en profiter, pour penser à l'avenir. Autrefois, Dido devait se marier et avoir des enfants. Mais maintenant qu'elle a vu de ses propres yeux la réalité harassante de la maternité, elle n'en est plus si sûre. "Lorsque j'avais 19 ans, je pensais que le mariage et les enfants arriveraient naturellement dans ma vie. Tout ça semblait si facile. 'Mais oui, je peux avoir un bébé ! Mais oui, je sais m'occuper d'un bébé, où est le problème ?' Maintenant, je vois mes amis, et je me dis : 'Wouah ! Si ça doit m'arriver, ça devra être un accident.'"
Malgré tout, elle est convaincue qu'elle aimera vraiment être mère lorsqu'elle sera prête, et croit que c'est "le rêve de tout le monde, et, évidemment, l'un des miens." Mais elle a aussi d'autres rêves.
"Oui ! Parfois, vous rencontrez un type, et vous vous dites : 'Oh, Seigneur ! Je veux porter tes enfants.'" Un type comme qui, par exemple ? "Quelqu'un comme... euh... Hum. Noooon ! Je n'ai pas d'exemple à l'esprit, à cet instant." C'est une menteuse de pacotille. "Ce n'est pas du tout ce que je veux dire ! Je vois d'ici la Une maintenant : 'Dido, l'alcoolique nymphomane, révèle qu'elle veut des enfants d'un inconnu !'" Nous n'écririons jamais ça. "Promis ?" Promis.
Alors, qu'est-ce que l'avenir réserve à Dido ? Elle est assez intelligente pour admettre que le fait qu'elle soit l'une des plus grandes pop stars du monde aura un énorme impact sur ses relations amoureuses futures ("Je ne vais même pas essayer de prétendre le contraire"), et sait que l'homme qu'elle choisira devra être "extrêmement fort ; pas sur le plan physique, mais il devra être si sûr de lui qu'il se fichera que j'attire parfois toute l'attention." En attendant, elle est heureuse de rester seule, à boire ses grogs de rhum chaud jusque tard dans la nuit, et à rire de toutes ces chansons qu'elle écrit et que personne n'entendra jamais. Une dernière question. Comment concilie-t-elle son besoin de solitude et son amour du sexe ? "Eh bien, ce sont deux choses complètements différentes. Je n'ai pas de relations sexuelles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ou chaque jour", explique-t-elle.
Mais, voyons, la solution de tout ça est tellement évidente que ç'en est aveuglant : pourquoi ne pas tomber amoureuse de quelqu'un sur la route ? Quelqu'un qui jouerait pour Arsenal. "Excellent ! s'exclame-t-elle. Mais je ne crois pas que je sortirai avec un joueur de foot d'Arsenal. Je ne pense pas !" Pourquoi pas ? "Parce que les meilleurs sont déjà pris. C'est une blague, au fait."
Traduction de Dido France. Reproduction interdite.
Libellés :
Arsenal,
Bob Page,
Clare Armstrong,
ELLE UK,
Enfance,
Famille,
Ferdinand Unger-Hamilton,
Life For Rent,
No Angel,
Rollo Armstrong,
Sexualité,
Traduction,
Vie amoureuse,
William Armstrong
lundi 1 janvier 2001
M6 Music - 2001
M6 Music : Comment expliques-tu ton formidable succès ?
Dido : J'ai fait cet album (NDLR : No Angel) après avoir longtemps tourné. J'ai une bonne maison de disques, un bon management autour de moi, mais j'ai aussi conscience d'avoir beaucoup de chance. Tout s'est bien enchaîné dans ma carrière, même si ça a mis du temps. Mais j'ai attendu qu'on prête attention à moi, j'ai accumulé les fans petit à petit, et maintenant j'en profite.
Le succès de ton album No Angel, bien que sorti avant celui d'Eminem, est finalement assez tardif ?
Oui, mon album est sorti en juin 1999 aux Etats-Unis. Il n'a pas bien marché tout de suite parce que j'étais à l'époque dans une situation un peu tendue avec ma maison de disques. Je suis donc partie dans une grande tournée américaine pour me faire connaître. L'album a alors commencé à démarrer dans les charts, et c'est le moment qu’a choisi Eminem (bon timing !) pour sampler ma chanson 'Thank you' sur son titre 'Stan'. A partir de ce moment, cela a créé dans la presse aux Etats-Unis un super hype autour de moi, un an après la sortie du disque, et ça s'est propagé ensuite partout dans le monde.
Le succès de 'Stan' est principalement dû à lui ou à toi ?
Je pense que c'est l’association des deux. C'est juste une parfaite combinaison. Mais il faut dire que c'est lui qui a choisi mon titre pour 'Stan'. Je ne lui ai pas proposé le sample, c'est lui qui a décidé de le prendre et qui a construit sa chanson autour. Je pense que c'est une communion entre nos deux musiques, et ça a marché.
N'es-tu pas un peu en colère contre ceux qui insinuent que sans le sample d'Eminem, tu n'aurais eu aucun succès ?
Si évidemment... mais passons sur le sujet. En fait c'était sympa. De toute manière, c'est une bonne chose pour moi que tant de gens aient écouté mon disque. Mais il est vrai que je n'apprécie pas beaucoup que certains laissent entendre que rien ne serait arrivé pour moi s'il n’y avait pas eu Eminem. Cela voudrait dire qu'il n’y a rien d'autre de valable sur mon album alors que le sample ne représente que cinq lignes à peine. Pour moi ça concerne ma musique. Mais tout cela ne veut pas dire grand chose. Ce qui compte le plus, c'est que j'ai eu beaucoup de chance. Il y a tant de choses intéressantes qui sortent et qui restent ignorées. Mais c'est cool, j'aime la chanson, j'aime 'Stan' et ça a été sympa d'en faire partie.
Tu as été élevée dans une famille assez stricte. Ça te sert maintenant ?
Oui, je pense que ça m'a donné une discipline de vie. Je veux faire mon métier sérieusement. Je suis quelqu'un qui aime contrôler les choses, qui aime toujours faire de son mieux, d'essayer d'écrire constamment les meilleures chansons, de chanter le mieux possible. Ce qui m'a donné cette discipline, c'est le besoin d'en faire et d'en avoir toujours plus, de toujours être la meilleure. Ça peut paraître horrible, mais je me suis améliorée par rapport à mon enfance où j'étais complètement obsédée de ce point de vue, à en être presque maladif. Mais je suis toujours guidée par cette discipline.
Tu n'as pas peur d'attraper la grosse tête ?
Vous savez, si ça m'arrive, je ne le saurais même pas puisque j'aurais la grosse tête [Rires]. Mais j'ai de très bons amis qui ne me passent rien et qui me tomberont dessus si je me mets à changer un tant soit peu. Ils me diront : "Ne fais pas ça, ne deviens pas une garce". Alors je ne vous raconte pas si j'allais les voir en leur disant que j'ai exigé telle ou telle chose. Mes amis seraient dans l'embarras si je prenais la grosse tête, et ça je ne le veux surtout pas. Dieu merci, j'ai la chance de les avoir, parce qu'il n'est vraiment pas facile de garder la tête froide dans cette industrie où il y a une quantité de gens qui sont prévenants, qui sont à ta disposition lorsque tu es sur scène ou à la télé, ou quoi que tu fasses d'ailleurs. Tu peux donc demander et exiger tout ce que tu veux. On doit faire très attention à ne pas aller trop loin.
Ton frère Rollo, membre du projet Faithless, a co-produit No Angel. Est-ce facile de travailler avec son propre frère ?
C'est très facile. Notre relation et notre rapport à la musique a évolué avec le temps. Quand j'ai débuté avec Faithless, j'étais sa petite sœur, j'apprenais beaucoup de lui, de sa production et de sa façon de travailler. Et puis j'ai commencé à écrire mon album et les choses ont changé parce que c'était avant tout mon propre projet. Et maintenant, nos relations changent encore parce que Rollo évolue vers des choses complètement différentes par rapport à ce qu'il faisait auparavant. On a testé de nouvelles chansons pour le prochain album de Faithless et c'était génial. Je travaillerai avec lui sur mon prochain disque.
Dido : J'ai fait cet album (NDLR : No Angel) après avoir longtemps tourné. J'ai une bonne maison de disques, un bon management autour de moi, mais j'ai aussi conscience d'avoir beaucoup de chance. Tout s'est bien enchaîné dans ma carrière, même si ça a mis du temps. Mais j'ai attendu qu'on prête attention à moi, j'ai accumulé les fans petit à petit, et maintenant j'en profite.
Le succès de ton album No Angel, bien que sorti avant celui d'Eminem, est finalement assez tardif ?
Oui, mon album est sorti en juin 1999 aux Etats-Unis. Il n'a pas bien marché tout de suite parce que j'étais à l'époque dans une situation un peu tendue avec ma maison de disques. Je suis donc partie dans une grande tournée américaine pour me faire connaître. L'album a alors commencé à démarrer dans les charts, et c'est le moment qu’a choisi Eminem (bon timing !) pour sampler ma chanson 'Thank you' sur son titre 'Stan'. A partir de ce moment, cela a créé dans la presse aux Etats-Unis un super hype autour de moi, un an après la sortie du disque, et ça s'est propagé ensuite partout dans le monde.
Le succès de 'Stan' est principalement dû à lui ou à toi ?
Je pense que c'est l’association des deux. C'est juste une parfaite combinaison. Mais il faut dire que c'est lui qui a choisi mon titre pour 'Stan'. Je ne lui ai pas proposé le sample, c'est lui qui a décidé de le prendre et qui a construit sa chanson autour. Je pense que c'est une communion entre nos deux musiques, et ça a marché.
N'es-tu pas un peu en colère contre ceux qui insinuent que sans le sample d'Eminem, tu n'aurais eu aucun succès ?
Si évidemment... mais passons sur le sujet. En fait c'était sympa. De toute manière, c'est une bonne chose pour moi que tant de gens aient écouté mon disque. Mais il est vrai que je n'apprécie pas beaucoup que certains laissent entendre que rien ne serait arrivé pour moi s'il n’y avait pas eu Eminem. Cela voudrait dire qu'il n’y a rien d'autre de valable sur mon album alors que le sample ne représente que cinq lignes à peine. Pour moi ça concerne ma musique. Mais tout cela ne veut pas dire grand chose. Ce qui compte le plus, c'est que j'ai eu beaucoup de chance. Il y a tant de choses intéressantes qui sortent et qui restent ignorées. Mais c'est cool, j'aime la chanson, j'aime 'Stan' et ça a été sympa d'en faire partie.
Tu as été élevée dans une famille assez stricte. Ça te sert maintenant ?
Oui, je pense que ça m'a donné une discipline de vie. Je veux faire mon métier sérieusement. Je suis quelqu'un qui aime contrôler les choses, qui aime toujours faire de son mieux, d'essayer d'écrire constamment les meilleures chansons, de chanter le mieux possible. Ce qui m'a donné cette discipline, c'est le besoin d'en faire et d'en avoir toujours plus, de toujours être la meilleure. Ça peut paraître horrible, mais je me suis améliorée par rapport à mon enfance où j'étais complètement obsédée de ce point de vue, à en être presque maladif. Mais je suis toujours guidée par cette discipline.
Tu n'as pas peur d'attraper la grosse tête ?
Vous savez, si ça m'arrive, je ne le saurais même pas puisque j'aurais la grosse tête [Rires]. Mais j'ai de très bons amis qui ne me passent rien et qui me tomberont dessus si je me mets à changer un tant soit peu. Ils me diront : "Ne fais pas ça, ne deviens pas une garce". Alors je ne vous raconte pas si j'allais les voir en leur disant que j'ai exigé telle ou telle chose. Mes amis seraient dans l'embarras si je prenais la grosse tête, et ça je ne le veux surtout pas. Dieu merci, j'ai la chance de les avoir, parce qu'il n'est vraiment pas facile de garder la tête froide dans cette industrie où il y a une quantité de gens qui sont prévenants, qui sont à ta disposition lorsque tu es sur scène ou à la télé, ou quoi que tu fasses d'ailleurs. Tu peux donc demander et exiger tout ce que tu veux. On doit faire très attention à ne pas aller trop loin.
Ton frère Rollo, membre du projet Faithless, a co-produit No Angel. Est-ce facile de travailler avec son propre frère ?
C'est très facile. Notre relation et notre rapport à la musique a évolué avec le temps. Quand j'ai débuté avec Faithless, j'étais sa petite sœur, j'apprenais beaucoup de lui, de sa production et de sa façon de travailler. Et puis j'ai commencé à écrire mon album et les choses ont changé parce que c'était avant tout mon propre projet. Et maintenant, nos relations changent encore parce que Rollo évolue vers des choses complètement différentes par rapport à ce qu'il faisait auparavant. On a testé de nouvelles chansons pour le prochain album de Faithless et c'était génial. Je travaillerai avec lui sur mon prochain disque.
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