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mercredi 27 novembre 2013

ET - 27 novembre 2013 [Traduction]

Dido revient sur son best of

Pendant la majorité de mon enfance, il était impossible d'échapper à la musique de Dido, que ce soit au cinéma, à la télévision, à la radio ou sous ma douche. Mais étant donné ses merveilleuses mélodies, sa maîtrise de l'écriture et sa voix ensorcelante, je n'arrive pas à comprendre pourquoi quelqu'un chercherait à fuir ses titres. Et à en juger d'après sa domination des charts, et son omniprésence pendant ces deux dernières décennies, il est clair que personne d'autre n'a pu trouver une raison de le faire.

Aujourd'hui, les chansons les plus populaires de Dido ont été réunies dans un best of. ETonline a récemment discuté avec l'interprète nominée aux Grammy et aux Oscars, à propos de l'expérience bizarre de compiler cette collection, de ses chansons préférées, et du moment le plus étrange de sa carrière.

ETonline : Quelle a été votre réaction lorsqu'on vous a demandé de compiler un best of ?
Dido : Pour être honnête, j'étais un peu surprise [rires]. J'étais en train de travailler sur un autre disque lorsque Sony a suggéré que je sorte un best of. En tant qu'artiste, ce n'est pas une chose à laquelle on pense : on pense plutôt à faire de nouvelles choses, à constamment avancer. Mais j'y ai réfléchi, et tout assembler a été une célébration très agréable de ces 15 dernières années. J'ai fini par tellement être impliquée que je suis allée fouiller dans mes archives pour en sortir mes vieux papiers de textes et de souvenirs, ce qui n'arrive pas souvent dans une carrière. J'ai voulu mettre mon cœur dans cet album, pour qu'il soit spécial pour les fans, avec beaucoup de choses nouvelles que personne n'a jamais vues auparavant. C'était surréaliste, mais très amusant.

ETonline : Avez-vous jamais eu le temps de revenir de manière approfondie sur votre carrière ?
Dido : Je ne m'étais jamais réellement arrêtée pour repenser à tout ce qui s'est passé, et je ne le ferai probablement jamais sérieusement. C'est étrange de prendre réellement conscience que l'on revient sur le passé. Mais en fait, c'est très exaltant. On est d'abord nostalgique, mais ensuite, ça m'a permis de me rappeler où j'ai commencé. J'ai réalisé que la plupart de mes fans, aujourd'hui, me suivent depuis le début, ce qui est super. Le plus fou, c'est que je n'avais pas prévu à quel point ça allait être émouvant pour moi. On n'oublie jamais le moment où l'on écrit une chanson, c'est un souvenir très net, donc je savais exactement où j'en étais [dans ma vie] et ce que je faisais lorsque j'ai écris chaque chanson. C'était comme remonter dans le temps.

ETonline : En rétrospective, quels sont les moments clés qui ont marqué votre carrière, d'après vous ?
Dido : S'il ne fallait s'en tenir qu'à un moment, je choisirai 'White Flag', 'Thank You' et 'Stan'. Je me souviens avoir entendu 'Here With Me' à la radio, et l'avoir entendue progresser, encore et encore, et puis l'équipe de "Roswell" a débarqué pour me demander s'ils pouvaient l'utiliser dans la série ; ce sont ceux-là, les moments clés. Mais le fait que 'Thank You' ait été choisie pour [le film] "Pile & face", et qu'Eminem ait pris contact avec moi, ce n'est pas quelque chose qu'on peut prévoir. Je crois qu'il y a une grande part de magie, qu'il y a une grande place pour la magie. Pour 'White Flag', je pense qu'elle est sortie au bon moment. J'en étais tellement contente. Même aujourd'hui, j'aime chanter 'White Flag'. Il y a toujours un excellent accueil [du public], et j'en suis tellement fière.

ETonline : Vous ne vous lassez vraiment pas de la chanter ?
Dido : On pourrait le croire, mais non ! Je suis de nature à vouloir faire plaisir, en général, donc j'aime rendre les fans heureux en interprétant les titres qu'ils veulent entendre. Il n'y a rien de pire à mes yeux que d'aller à un concert, d'attendre avec impatience sa chanson préférée, et qu'elle ne soit jamais jouée. On est dégoûté. J'adore me nourrir du public, et je ne vois pas l'intérêt si l'on ne pense pas aux fans. Tout le monde peut jouer de la musique sous son toit, mais on la rend publique pour interagir avec les fans. Et, en tant qu'artiste, on reçoit tellement des fans. Alors, lorsque je chante 'Thank You' ou 'White Flag', il y a un accueil tellement fort, qu'on ne peut pas battre ça.

ETonline : Vous avez connu la notoriété à une époque très différente de l'industrie musicale, pensez-vous que vous auriez tout autant réussi si vous aviez débuté de nos jours ?
Dido : Je crois que c'est à double tranchant. C'est incroyablement excitant, à notre époque, parce que, pour peu qu'on soit intelligent et téméraire, on peut réaliser des choses vraiment intéressantes, sans être enfermé dans une case ou rangé dans une catégorie. De ce point de vue là, c'est vraiment excitant. D'un autre côté, quelqu'un comme moi avait droit à beaucoup de temps et de patience de la part de la maison de disque : j'étais en tournée, pour promouvoir 'Here With Me', pendant un an et demi. Ca ne pourrait plus arriver de nos jours ! J'ai quasiment vendu moi-même le premier million [de disques], j'ai rencontré tous ceux qui ont acheté un exemplaire.

ETonline : Quels ont été les moments les plus surréalistes de votre carrière ?
Dido : Certains concerts, comme être à l'affiche du V Festival. C'était fou. Je me souviens avoir pensé : "Qu'est-ce que je fais ici ?!?" Mais, en fait, ce sont les petits moments qui se démarquent vraiment, comme marcher dans un aéroport, en Extrême-Orient, en visite pour la toute première fois, et se faire accoster par quelqu'un qui parle à peine anglais, mais qui cite vos paroles. C'est le plus incroyable. Je suis allée en Ethiopie, avec Oxfam [Ndlt : une organisation humanitaire], et nous traversions le désert en voiture, au milieu des champs de café, et ils essayaient d'expliquer [aux habitants] qui j'étais, et pourquoi j'étais là, et ils ont mentionné 'Thank You', et chacun d'entre eux s'est mis à chanter la chanson. C'était complètement dément. J'étais assise dans la voiture, à deux doigts de pleurer, parce que c'est dingue. Que la musique ait voyagé si loin, et être si bien accueillie où que j'aille grâce à mes chansons, c'est absolument dingue. Ce sont ces instants qui vous font réaliser que vous êtes allé au-delà de tout ce dont vous auriez pu rêver. Mais c'est ça, le pouvoir de la musique.

Le best of de Dido est en vente.

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

ET - 27 novembre 2013

Dido Reflects on Her Greatest Hits

For most of my childhood, Dido's music was inescapable; on the big screen, on the small screen, on the radio, in my shower. Although given her marvelous melodies, lyrical mastery and haunting voice, I'm at a loss for why anyone would ever choose to evade her tunes. And judging from her Billboard chart dominanace, and omnipresence for the last two decades, it's clear no one else could settle on a reason either.

Now Dido's most popular songs have been culled together for a Greatest Hits album. ETonline recently chatted with the Grammy and Oscar-nominated performer about the odd experience of compiling this collection, her favorite tracks ever and the most bizarre moment in her career.

ETonline: What was your reaction to being asked to compile a Greatest Hits album?
Dido: To be honest I was a bit taken aback [laughs]. I was in the middle of making another record when Sony suggested I put out a Greatest Hits. As an artist, it's not something you think of; you're thinking about making new things, perpetual motion. But I thought about it and assembling it was a really nice celebration of the last 15 years. I ended up getting so into it that I went into storage and got out my old copies of lyrics and memorabilia, which is not something that happens a lot in your career. I wanted to put my heart into the album so it was special for the fans with lots of new stuff no one has ever seen before. It was surreal but a lot of fun.

ETonline: Have you ever had the time to properly reflect on your career?
Dido: I'd never actually stopped to reflect on everything that's happened, and probably never will properly. It's odd to have that very conscious awareness of "Oh, I'm reminiscing now." But it's actually quite inspiring. You're nostalgic at first but then it made me remember where I began. I realized that most of my fans now have been with me since the beginning, which is lovely. The craziest thing that I hadn't bargained for was how emotional it was for me. You never forget where you were when you write a song; it's a very proper memory, so I knew exactly where I was and what I was doing for each track. It was like going into a time machine.

ETonline: Looking back, what do you consider to be game-changing career moments?
Dido: If you had to boil it down to a point, I think White Flag and Thank You and Stan. I remember hearing Here With Me on the radio and hearing it build up and build up and build up and then the Roswell guys turning up and asking if they could use it in their show; there are those key moments. But Thank You being chosen for Sliding Doors and Eminem reaching out, you can't plan that. I think a lot of magic happens and there's a lot of room for magic to happen. Then, I think White Flag debuted at the right time. I just felt so good about it. Even now I look forward to singing White Flag. There's always a great reaction and I'm just so proud of it.

ETonline: You really don't get sick of singing it?
Dido: You'd think so, but no! I'm quite a pleaser by nature, so for me, I like to make the fans happy by performing the songs they want to hear. To me, there's nothing worse than going to a concert and you're so looking forward to hearing your favorite song and they never play it. You're gutted. I love feeding off the audience, and to me, what's the point if you're not going to think of the fans. Anyone can play music in their house, but you put it out because you want interact with your fans. And, as an artist, you get so much from your fans. So when I sing Thank You or White Flag, there's such a strong reaction and you can't beat that.

ETonline: You rose to prominence at a very different time in the industry, do you think you'd be as successful starting out today?
Dido: I think it's a double edged sword. It's incredibly exciting at the moment because if you're clever and not afraid, you can do some really exciting stuff when not bound by the formula or tied into a certain persona. In that respect, it's incredibly exciting. On the flip side, someone like me had a lot of time and patience from my record company -- I toured around promoting Here With Me for a year and a half. That would never happen today! I pretty much hand-sold that first million, I met everyone who bought a copy.

ETonline: What were the most surreal moments in your career?
Dido: Certain gigs, like headlining V Festival. That was crazy. I remember thinking, "What am I doing here?!?" But, really, it's the little moments that really stand out, like walking through an airport in the Far East having never been there before and being approached by someone who barely speaks English, but they're quoting your lyrics to you. That's the most surreal. I was in Ethiopia with Oxfam and we were driving across the desert of coffee farmers, and they were trying to explain to them who I was and why I was there, and they mentioned Thank You and every single one of them started to sing it. That was absolutely crazy. I was sitting in the car on the verge of tears because that's so mental. For the music to have traveled so far and be so welcomed wherever I go because of my songs is completely crazy. Those are the moments where you realize you've gone beyond anything you've ever dreamed of for yourself. But that's the power of music.

Dido's Greatest Hits album is now available.

(Source)

vendredi 22 novembre 2013

Mail Online - 22 novembre 2013 [Traduction]

Elle vaut des millions, mais Dido était atteinte d'un manque d'assurance chronique. Jusqu'à ce que fonder une famille et fêter ses 40 ans lui ait donné la confiance en elle qu'elle désirait absolument

Balandez vous dans Upper Street, dans Islington, dans le nord de Londres, ou faites un saut dans le Waitrose [Ndlt : un supermarché] local et, qui sait ? vous pourriez bien rencontrer une superstar de la pop.

Avec 38 millions d'albums vendu et un best of prévu pour cette semaine, Dido est l'une des artistes du 21ème siècle ayant vendu le plus de disques, mais les hôtels particuliers, les avions privés et les équipes qui trainent à sa suite ne sont pas sa tasse de thé.

Aujourd'hui encore, 14 ans après qu'elle soit devenue célèbre avec l'album No Angel, Dido est toujours discrète et douce. Elle a 41 ans mais en fait dix de moins, elle ressemble en fait plus à une adolescente, tandis qu'elle joue avec son collier, son vernis à ongle noir écaillé. Ce qui a changé, c'est qu'elle a trouvé la paix de l'esprit.

Elle est mariée au romancier Rohan Gavin, fils de l'auteur pour enfants Jamila Gavin ; ils ont un fils de deux ans, Stanley, et elle est déterminée à vivre une vie ordinaire.

"Stanley adore faire les courses, parcourir les allées, porter les sacs de salades, explique-t-elle. Je ne veux pas d'une vie qui soit complètement différente de celle des autres, où je n'aurais pas mes amis et ma famille auprès de moi."

Stanley croit que sa maman ne chante que pour lui, et lorsque son groupe passe à la maison pour répéter, il pense être l'un des leurs. Lorsqu'elle a demandé à Stanley ce que faisait son papa, plus tôt dans la journée, lors de notre rencontre, il a répondu : "Il écrit des livres."

"Quand je lui ai demandé ce que faisait sa maman comme travail, il a semblé un peu pensif, comme pour dire : 'Elle travaille ?' Et puis, il a répondu : 'Maman mange des livres.' Je me suis dis : 'Où est-ce que tu as pêché ça ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ?'"

En réalité, Dido a bien dévoré des livres toute sa vie, venant d'une famille de littéraires. Son père (qui est décédé), William Armstrong, était directeur général des éditions Sidgwick & Jackson, et sa mère, Clare, est poète. Baptisée Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong (mais elle est devenue Dido au sein de sa famille, d'après la tragique Reine de Carthage), elle préférait, à juste titre, être appelée du nom plus commun Clare, d'après sa mère.

"Je suis sûre que ma mère est très fière du choix de mon nom, aujourd'hui, mais ça n'était pas marrant quand j'étais gamine. On n'a pas besoin d'une raison de plus de se sentir un peu exclu. C'est déjà assez dur d'être un enfant."

Sa mère, bohémienne, n'aimait pas que Dido et son frère Rollo (qui est devenu plus tard un de membres du groupe Faithless) invitent des amis à la maison, et il n'y avait pas de poste de télé ou de radio sous leur toit, mais il y avait beaucoup de livres. En grandissant, ils se sentaient en marge, mais Dido a l'impression que l'expérience leur a laissé un héritage riche.

"Ce que Rollo et moi avons gardé de notre enfance, c'est une véritable capacité à être seuls, à utiliser notre imagination pour créer notre propre divertissement. Nous adorons tous les deux lire, et créer des choses, alors quoi qu'aient fait nos parents, ça a marché, que ça ait été intentionnel ou non."

"Lorsque j'étais enfant, et ensuite adolescente, je voulais désespéramment rentrer dans le moule, et je n'ai jamais eu vraiment l'impression d'y être parvenue. Il faut être rebelle d'une certaine manière, lorsqu'on grandit, et j'étais une adolescente très difficile. Sur des photos de moi de cette époque, je suis un peu renfrognée, j'avais des cheveux très sombres, à la gothique. Le but n'était pas d'être belle, je ne l'étais pas, mais je croyais être cool, et j'ai gardé cette allure pendant toute cette période."

"On ne pouvait pas être tout sourire et heureux. Mais quoi que ce soit qui m'ait conduite jusqu'ici, je le considère comme une chance. J'ai toujours vécu ainsi. Je ne regarde jamais en arrière pour regretter quelque chose, parce que je me dis : 'Est-ce que je suis heureuse aujourd'hui ? Est-ce que ça va maintenant ? Oui.'"

Les racines de Dido se trouvent dans la musique classique. Elle a suivi des cours à la prestigieuse Guildhall School of Music de Londres, a joué du violon et du piano, et est partie en tournée en Europe au sein d'un ensemble de musique classique. Elle rêvait de devenir pianiste concertiste, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle ne serait jamais assez bonne.

Après ses examens, à la fin du lycée, elle a travaillé dans une maison d'édition de renom, tout en étudiant le droit le soir. "Je ne sais pas pourquoi j'ai étudié le droit. Je voulais utiliser mon cerveau, d'une manière ou d'une autre. Ca n'a pas duré longtemps. J'essayais seulement de déterminer ce que je voulais faire [de ma vie]. La musique n'était qu'un hobby et ne semblait pas être quelque chose de réaliste. J'étais dans un groupe et on se produisait sur scène. Je faisais des concerts dont la publicité était imprimée sur la quatrième de couverture des magazines. Affreux."

Elle était fragile sur le plan émotionnel, durant ce temps là. Elle a souffert de crises de panique après avoir signé avec un producteur de musique, en octobre 1996. Dans son esprit, elle pensait avoir renoncé à la partie la plus intime d'elle-même, au réconfort que lui apportaient ses chansons. "La musique était mon unique refuge, le chose la plus solide dans ma vie, vers laquelle je me réfugiais lorsque j'étais heureuse ou triste. C'était mon moyen d'expression. Après avoir signé un contrat, la plupart des gens iraient faire la fête pour célébrer ça, mais j'ai pensé : 'Oh non !' J'avais le sentiment d'avoir cédé la seule partie non-contaminée de ma vie. Mais je m'en suis remise."

Sa musique est parvenue jusqu'au faiseur de tubes américain Clive Davis, qui s'est occupé de la carrière de Whitney Houston, et jusqu'au directeur de maison de disques L.A. Reid, qui est devenu par la suite juré dans le "X Factor" américain. En dépit de leur réputation de durs de la profession, les deux hommes se sont montrés sensibles à son talent fragile, et cela a pris plusieurs années avant qu'elle ne soit prête à affronter le public. Le résultat : l'album No Angel, sorti en 1999, qu'elle a emmené sur une tournée de trois ans autour des Etats-Unis, et dont elle a vendu 21 millions d'exemplaires.

Après sa sortie, elle a été surprise de recevoir une lettre du célèbre rappeur Eminem, lui demandant la permission d'utiliser une partie de sa chanson 'Thank You' dans son titre 'Stan'. Elle a accepté, et la chanson l'a aidée à devenir une star.

N'ayant pas vu Eminem pendant 8 ans, Dido a reçu un appel inopiné de son équipe, plus tôt cette année, pour lui demander si elle voulait interpréter 'Stan' à ses côtés aux festivals de Reading et de Leeds, pendant l'été. "J'ai tenu ça secret, et nous avons débarqué ce soir là. Le public était incroyable. Ils ont deviné de qui il s'agissait très rapidement."

Malgré le traumatisme d'avoir signé ce contrat quelque temps auparavant, elle a trouvé en la célébrité une place confortable, en grande majorité parce qu'elle ne pouvait appréhender l'étendue de sa célébrité.

"De manière assez amusante, c'était moins dur de m'habituer à la célébrité que de signer le contrat, parce que je n'en avais pas vraiment conscience. Lorsque les choses ont décollé, avec l'album, j'étais sur une tournée qui a duré trois ans, donc on n'a pas conscience de ce qui se passe dans la vraie vie."

"Vous êtes dans un contexte super cool où vous vous levez, vous montez dans le bus et vous faites votre concert. Jusqu'à ce que je rentre chez moi, je n'avais pas réalisé ce qui s'était passé. Il y a eu des petits incidents qui m'ont fait réaliser, comme lorsqu'un journaliste s'est présenté chez ma mère. Je pense avoir été traitée avec un incroyable respect, et j'en suis reconnaissante. Mais je n'ai rien à cacher, tout est dans ma musique, de toute façon."

Elle est toujours autant passionnée par sa musique, et elle travaille en ce moment sur un nouveau projet, mais tout est secondaire face à son rôle de maman. Stanley, dont le nom n'a rien à voir avec la chanson d'Eminem, l'a aussi aidée à se lier avec sa propre mère. Lorsque Dido avait 15 ou 16 ans (elle n'arrive pas à déterminer son âge), elle a quitté le foyer familial à cause de leur relation conflictuelle.

Elle a dit un jour : "C'était simplement difficile pour nous deux de vivre dans la même maison." Elle rit, avec peut-être un brin d'embarras, à ce souvenir, et endosse toute la responsabilité. "Je n'étais probablement pas de la meilleure compagnie. Mais aujourd'hui, nous avons des discussions merveilleuses. Elle est l'une des personnes avec qui j'aime le plus parler."

Elles vivent désormais à quelques mètres de distance. "C'est une personne formidable, intelligente à en faire peur, une compagnie géniale et une révélation dans le rôle de grand-mère. L'amour et la joie qui apparaissent sur le visage de Stanley lorsqu'elle vient rendre visite... Je ne voudrais perdre ça pour rien au monde."

Dido était très proche de son père, qui est décédé en 2006 des suites d'une longue maladie. Son premier single, 'Here With Me', a été écrit le soir où elle est rentrée chez elle, après être revenue de l'hôpital où son père avait été admis pour la première fois, gravement malade. Elle était présente à son chevet, pour lui chanter sa chanson préférée, 'Raglan Road' de The Dubliners, tandis qu'il était mourant.

Les paroles, écrites par le poète Patrick Kavanagh, parlaient de la tante de William, Hilda O'Malley. "Papa me jouait cette chanson lorsque j'étais enfant. C'était une chanson à laquelle nous étions tous les deux très attachés, et je la lui ai chantée sans arrêt lorsqu'il était malade." Elle a écrit le titre 'Grafton Street' sur son album Safe Trip Home, sorti en 2008, d'après 'Raglan Road', comme un hommage à son père. "My love I know we're losing but I will stand here by you "("Mon amour je sais que nous sommes en train de perdre mais je resterai ici à tes côtés"), a-t-elle écrit.

La personnalité de Dido s'est transformée au cours des années. Elle respire la satisfaction, mais pas d'une mannière suffisante. Elle a simplement trouvé son centre de gravité. "J'étais probablement beaucoup plus fragile lorsque j'ai débuté ma carrière. Je suis bien plus sûre de moi qu'auparavant. C'est en partie dû au fait de vieillir. Avec vos 40 ans survient une vague d'acceptation."

"J'ai l'impression de comprendre maintenant. Peu m'importe d'être appréciée, c'est comme ça. Ca m'a pris une bonne vingtaine d'années pour comprendre ça. La moitié de ma carrière est basée sur le fait de vouloir être aimée, mais on en arrive à un point où on se dit : 'Tout le monde ne peut pas m'aimer, et je l'accepte.' Du moment que les gens que j'aime m'aiment en retour."

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

Mail Online - 22 novembre 2013

She's worth millions, but Dido was racked with chronic insecurity - until having a family and turning 40 gave her the confidence she craved

Wander down Upper Street in Islington, north London, or pop into the local Waitrose and you never know, you might just bump into a pop superstar.

Dido, with 38 million album sales and a Greatest Hits album coming out this week, is one of the biggest-selling artists of the 21st century, but mansions, private planes and entourages are not her thing.

Even now, 14 years since she shot to fame with the album No Angel, Dido is still demure and softly spoken. She's 41 but looks ten years younger, more like a teenager in fact, as she fiddles with her necklace, her black nail polish chipped. What's changed is that she's found peace of mind.

She's married to novelist Rohan Gavin, son of children's writer Jamila Gavin, they have a two-year-old son Stanley, and she's determined to live an ordinary life.

'Stanley loves shopping, going round the aisles, holding the bags of salad,' she says. 'I don't want a life that's so different from everybody else's, where I don't have all my friends and family around me.'

Stanley thinks Mummy only performs for him, and when her band comes over to rehearse he thinks he's one of them. When she asked Stanley what does Daddy do, earlier on the day we met, he replied, 'He writes books'.

'When I asked what does Mummy do when she's working, he looked a bit thoughtful as if to say, "She works?" Then he said, "Mummy eats books." I thought, "Where are you even getting that? What have I been doing?"'

Dido has actually been devouring books all her life, coming from a literary family. Her late father William Armstrong was managing director of publishers Sidgwick & Jackson and her mother Clare is a poet. Christened Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong – though she became known by the family as Dido after the tragic Queen of Carthage – she understandably preferred to call herself the more commonplace Clare, after her mother.

'I'm sure my mum feels quite proud of her name choice now, but it wasn't fun as a kid. You don't need more reason to feel a bit isolated. It's hard enough being a kid.'

Her bohemian mother didn't like Dido and her brother Rollo (who went on to become one of the band Faithless) having friends around and there was no TV or stereo in the house, though plenty of books. They felt like outsiders growing up, but Dido feels this left them with a rich legacy.

'What Rollo and I do have from our childhood is a real ability to be on our own, using our imaginations to create our own fun. We both love reading and creating things, so whatever our parents did, it worked, whether it was intentional or not.

'As a kid and a teenager I desperately wanted to fit in, I never felt quite like I did. You have to be a rebel in some way growing up and I was quite a difficult teenager. In pictures of me then I'm a bit scowly, I had really dark gothy hair. It wasn't about looking good, I did not look good, but I thought I was cool and kept it up the whole time.

'You couldn't be all smiley and happy. But whatever got me here I feel lucky to have had. I've always lived like that. I don't ever look back and regret things because I think, "Am I happy now? Is it good now? Yes."'

Dido's background was in classical music. She went for lessons at the prestigious Guildhall School of Music in London, played violin and piano and toured Europe in a classical music ensemble. She dreamt of becoming a concert pianist until she realised she’d never be good enough.

After her A-levels she worked at a leading literary agents while studying law at night. 'I don't know why I picked law. I just wanted to use my brain in some way. It didn't last long. I was just trying to work out what I wanted to do. Music was a hobby and didn't seem like a realistic thing. I was in a band and we did gigs. I'd do sessions that were advertised in the back of music magazines. Dreadful.'

She was emotionally fragile in those early days. She suffered panic attacks after signing with song publishers in October 1996. In her head she thought she'd signed away the most personal part of herself, the solace her songs brought her. 'Music had been my only refuge, the one solid thing in my life that I would go to if I was happy or sad. It was the way I expressed myself. On signing a deal most people would go out and party, but I thought, "Oh no!" I felt I'd given the one uncontaminated piece of my life away. But I got over it.'

Her music came to the attention of American hit maker Clive Davis, who nurtured Whitney Houston's career, and later record executive LA Reid, who went on to become a judge on American X Factor. Despite both men's reputations as tough operators they were sensitive to her fragile talent and it took several years before she was ready to face the public. The result was the 1999 album No Angel, which she took on a three-year tour round America and went on to sell 21 million copies.

After its release she was surprised to receive a letter from notorious rapper Eminem requesting permission to use part of her song 'Thank You' in his song Stan. She agreed and the song helped make her a star.

Having not seen Eminem for eight years, Dido got an unexpected call from his people earlier this year asking if she would like to perform Stan with him at the Reading and Leeds Festivals in the summer. 'I kept it totally quiet and we just rocked up on the night. The crowds were unbelievable. They worked out who it was pretty quickly.'

Despite the trauma of signing that earlier publishing deal, she found fame a comfortable fit, largely because she couldn't comprehend how famous she had become.

'In a funny way it was less hard to get used to fame than signing the publishing deal because I wasn't properly aware of it. By the time things kicked off with the record I was on a tour that lasted three years, so you're not aware of what's going on in the real world.

'You're in this pretty cool place where you get up, get on the bus and do your show. It wasn't until I came home that I realised what had happened. There were little moments that made me realise it, like a journalist turning up at my mum's house. I think I've been treated incredibly respectfully, which I'm thankful for. But I don't have anything to hide, it's all in my music anyway.'

She is still as passionate about her music and is working on new material, but everything is subservient to her role as a mum. Stanley, whose name has nothing to do with the Eminem song, has also helped her bond with her own mother. When Dido was 15 or 16 – she can't quite remember which – she moved away from home because of their difficult relationship.

She once said, 'It was just hard for us to live in the same house as each other.' She laughs, perhaps with a twinge of embarrassment, at the recollection and lays the blame on herself. 'I probably wasn't the best company. But now we have wonderful chats. She's one of my favourite people to talk to.'

They now live round the corner from each other. 'She's an amazing person, scarily intelligent, brilliant company and a revelation as a grandmother. The love and happi- ness on Stanley's face when she comes around the corner – I wouldn't lose that for the world.'

Dido was very close to her father, who died in 2006 after a long illness. Her debut single 'Here With Me' was written the night she came home from the hospital when he was first taken seriously ill, and she was at his bedside singing his favourite song, The Dubliners' Raglan Road, as he lay dying.

The lyrics, written by poet Patrick Kavanagh, were about William's aunt Hilda O'Malley. 'Dad played me that song when I was young. It was a song we both had a huge connection with, and I sang it to him all the time when he was ill.' She wrote the song 'Grafton Street' on her 2008 album Safe Trip Home, based on Raglan Road, as a tribute to her father. 'My love I know we're losing but I will stand here by you,' she wrote.

Dido's personality has been transformed over the years. She exudes contentment, though not in a smug way. She's simply found her centre of gravity. 'I was probably a lot more fragile when I started out in my career. I'm a way more confident person than I was. Part of that is getting older. Turning 40 you get this wave of acceptance.

'I feel like I've got it now. I don't mind not being liked, that's what it is. It's taken me a good 20 years to spot that. Half my career is based on wanting to be liked but you get to the stage where you think, "I'm not going to be liked by everybody and I'm OK with it." As long as the people I love want me back.'

(Source)