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dimanche 15 décembre 2013

The Sydney Morning Herald - 15 décembre 2013 [Traduction]

Dido raconte comment elle se détend

Dido Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong, ou plus simplement, l'auteur-interprète londonienne Dido, a cumulé 30 millions d'albums vendus, s'est fait kidnappée dans le coffre d'une voiture par Eminem dans le clip de 'Stan', et a produit plusieurs tubes, dont 'Here With Me', en 1999, et 'White Flag', en 2003. Aujourd'hui, à l'âge tendre de 41 ans, elle sort son premier best of : un double album contenant de nombreux titres qu'elle préfère, ainsi que des collaborations avec Kendrick Lamar et Faithless.

Que faites-vous généralement 10 minutes avant un concert ?
Le trac me fait me précipiter aux toilettes, c'est malheureusement ce qui arrive juste avant un concert. Je m'échauffe, tout simplement, et j'aime être seule juste avant un concert, pour me concentrer, mais je n'ai pas de rituel particulier.

Et juste après un concert ?
Habituellement, j'ai très faim. Je n'aime pas manger juste avant de chanter, donc je n'ai en général pas mangé depuis très tôt dans la journée, donc après, je meurs littéralement de faim. Je trouve que, lorsque j'ai l'estomac plein, ma voix n'est pas aussi belle.

Quel sujet de conversation revient régulièrement avec vous ?
Probablement, mon enfant [son fils Stanley, âgé de 2 ans]. Lorsqu'on a un enfant, on finit par beaucoup en parler. La maternité vous change énormément. Par certains aspects, vous restez la même, mais tout votre monde tourne autour de lui, et c'est en fait très libérateur, et très relaxant, d'une certaine manière, parce qu'on cesse de s'inquiéter pour soi, et de se torturer pour des décisions minimes qui n'étaient, de toute façon, pas importantes.

Comment réagit-il à votre musique ?
Je chante pour lui depuis qu'il est tout petit, et avant qu'il s'endorme, tous les soirs, et même avant qu'il puisse parler correctement, il connaissait des mots qu'il avait entendus dans des chansons, et je pouvais ainsi savoir quelles chansons il voulait [que je lui chante]. Il y a deux soirs de ça, j'étais en train de lui chanter quelque chose, et il m'a dit : "Eteins ça." [rires] Il est complètement obsédé par les Wiggles [Ndlt : un groupe de musique pour enfants], c'est comme une drogue pour enfants. Il se réveille, le matin, et il dit seulement : "Wiggles". Il adore toutes leurs chansons et connait tous les gestes.

Qu'est-ce que vous avez ressenti en réalisant le best of ?
Lorsque la maison de disques m'a contactée et a annoncé qu'ils sortaient un best of pour Noël, j'ai répondu : "Vous faites quoi ?" Au début, j'ai été un peu surprise, et puis, je dois dire que je me suis tellement amusée à le faire, parce que c'est comme un journal intime des 15 dernières années de ma vie, compactées en un peu plus d'une heure. Pour moi, c'est une célébration très sympa et amusante de ma carrière jusqu'ici, et j'en suis fière.

Quel est l'événement le plus important de votre carrière à ce jour ?
Il y en a tellement. J'ai adoré faire le clip de 'Stan' [avec Eminem, en 2000]. C'était génial, ces choses précises qu'on ne peut pas voir se répéter. On n'aura plus la possibilité de les faire. C'était drôle, parce que, lorsqu'on m'a mise dans le coffre (je suis très maladroite, quoi qu'il arrive, et lorsqu'on est attaché, on l'est encore plus), j'ai fini par me cogner la tête contre un cric qui se trouvait dedans, donc je pleure réellement dans le clip. Ils ont dû penser que je jouais la comédie, ou quelque chose comme ça. Personne n'a arrêté le tournage, ils ont continué, et ma tête cognait. C'est ma seule et unique tentative de la méthode Actors Studio.

Quel est le meilleur conseil professionnel que vous ayez reçu ?
Mon frère [et collaborateur professionnel, Rollo Armstrong], m'a dit : "Quoi que tu sortes, assure-toi de toujours vraiment l'adorer, parce que, si tu réussis tout en gardant ton intégrité, alors ce sera génial." C'est vrai, parce que, lorsqu'on sort quelque chose, et qu'on en est satisfait, quoi que vous disent les gens, vous vous en fichez réellement. Rollo m'a aussi donné les pires conseils : "N'essaie pas de devenir chanteuse, tu n'y arriveras pas, ça ne se fera jamais." Ce conseil est aussi le meilleur qu'il ait pu me donner, parce que j'ai pensé : "Je vais te montrer, on verra bien qui va gagner ce pari." Il m'a donné la rage de continuer à mes débuts.

Si vous n'étiez pas chanteuse, que seriez-vous ?
Je ne sais pas, c'est terrifiant de penser à faire quelque chose d'autre. Je suis nulle pour la plupart des autres choses. Je suis très forte en pâtisserie, peut-être que j'aurais une petite pâtisserie et que j'y chanterais, de temps en temps, dans un coin. Je suis très forte pour la pâtisserie expérimentale et saine, je n'utilise pas de sucre ou de gluten. Certains des aliments que je prépare sont absolument dégoûtants, et mon pauvre époux [l'auteur Rohan Gavin]... Habituellement, il dit : "C'est un peu trop sain pour moi", mais Stanley aime ça.

Qui sont vos plus grandes sources d'inspirations artistiques ?
Wouah, il y en a tellement. Je suis une enfant des années 1980, donc je ne peux pas taire mon amour de Duran Duran, Paul Young et Spandau Ballet, tous ces gens qui, lorsque j'absorbais littéralement de la musique, étaient forcément là. Et puis, j'adore Carole King et Sinead O'Connor, et toutes ces femmes incroyables qui écrivent des chansons superbes. James Taylor et Neil Young, et la liste se poursuit encore. J'adore Police, j'étais une énorme fan de Police. Je dois dire que j'adore vraiment les années 1980, Foreigner et tous ces groupes.

Comment vous détendez-vous ?
Mon nouveau hobby est le footing, mais je suis complètement nulle. Sinon, il m'arrive souvent de me réveiller et de demander à Stanley : "Qu'est-ce que tu veux faire ?", et on monte en voiture, sans savoir où l'on va, et on part à l'aventure, quelque part. Ca a beau être un endroit que j'ai vu des milliers de fois, lorsque je le vois à travers ses yeux, c'est incroyable. En gros, passer du temps avec lui et mon mari est très relaxant. Ca, ou un bon verre d'alcool. [rires]

Le best of de Dido, chez Sony, est actuellement en vente.

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

The Sydney Morning Herald - 15 décembre 2013

How I unwind: Dido

Dido Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong, or more simply London singer-songwriter Dido, has racked up 30 million album sales, been memorably kidnapped in a car boot by Eminem in the video for 'Stan', and scored multiple hits including 1999's 'Here With Me', 2003's 'White Flag'. Now, at the tender age of 41, she is getting her first Greatest Hits collection - a double-album featuring numerous favourites plus collaborations with Kendrick Lamar and Faithless.

What are you usually doing 10 minutes before a show?
Nerves send me running to the bathroom, that's what's happening annoyingly right before the show. I basically just warm up and I like to be on my own just before the show just to get my head straight, but there's no special ritual.

And right after a gig?
Usually I'm pretty hungry. I don't like eating just before I sing, so I wouldn't have eaten since really early in the day, so after I'd be absolutely starving. I just find that if I've got a full stomach, my voice doesn't sound as good.

What's a recurring topic of conversation for you?
Probably my kid [son Stanley, 2]. When you have a kid, you end up talking about them a lot. Motherhood changes you hugely. In some ways you're still the same but your whole world becomes about them, which is actually very liberating and quite relaxing in a way, because you stop worrying about yourself and torturing yourself about miniscule decisions that didn't really matter anyway.

How does he react to your music?
I've been singing to him since he was little and before he goes to sleep every night, and even before he could talk properly, he got certain words that he picked out of songs and I'd know what songs he wanted. Literally two nights ago, I was singing to him and he just went ''turn it off'' [laughs]. He's absolutely obsessed with the Wiggles, it's like baby crack. He wakes up in the morning and he's just like ''Wiggles'' - he loves all the songs and knows all the movements.

How does it feel putting the Greatest Hits collection together?
When the record company came to me and said we're putting your Greatest Hits out at Christmas, I was like "you're doing what?" At first I was a bit surprised, then I have to say I had so much fun doing it because it's a sort of diary of my last 15 years, all compressed into an hour or so. It's like a really nice fun celebration for me of my career so far, and I feel proud of it.

What's been the biggest career highlight to date?
There are so many. I loved making the 'Stan' video [with Eminem in 2000]. That was just brilliant, those certain unrepeatable things - you're just not going to get to do that again. It was funny because when I was put in the trunk - I'm quite clumsy anyway and when you're tied up you're more clumsy - I ended up hitting my head on a car jack that was in the boot, so I was actually crying in the video. They must have thought I was method acting or something. No one stopped filming, they kept going and my head was pounding. So that's my one and only attempt at method acting.

What has been the best career advice you've ever received?
My brother [and musical collaborator, Rollo Armstrong] said to me, whatever you put out, just always make sure you absolutely love it, because if you do well and keep your integrity, then it's amazing. It's right because if you put something out and you feel good about it, whatever anyone says, you genuinely don't care. Rollo has also given me some of the worst advice as well, "just don't be a singer, you're not going to make it, it's not going to happen". Again that advice is also the best advice he could have given me because I was like "I'm going to show you, let's see who wins that argument". So he gave me the fight to carry on in the early days.

If you weren't a singer, what would you be?
I don't know, it's terrifying to think about doing something else. I'm rubbish at most other stuff. I'm quite good at baking, maybe I'd have a little bakery and just sing in the corner of it occasionally. I'm quite good at experimental healthy baking - I don't use sugar and gluten. Some things I make are absolutely disgusting and my poor husband [writer Rohan Gavin] … usually his comment is ''it's a little too healthy for me'', but Stanley likes it.

Who are your greatest creative inspirations?
Wow, so many. I was a kid from the '80s so I can't ignore the fact that I just loved Duran Duran, Paul Young and Spandau Ballet - all of those people that when I was just really soaking up music definitely got in there. And then I love Carole King and Sinead O'Connor and just all those amazing women who write amazing songs. James Taylor and Neil Young, the list is endless. I love the Police, I was a huge Police fan. I have to say I just absolutely love the '80s, Foreigner and all of those things.

How do you unwind?
My new thing is running but I'm absolutely hopeless at it. Also, I often wake up and say to Stanley ''what do you want to do?'' and we just get in the car and don't know where we're going, and go on an adventure somewhere. It might have been something I've seen a thousand times, but then I see it through his eyes and it's brilliant. Basically, hanging out with him and my husband is pretty relaxing. That or a big drink [laughs].

Dido: Greatest Hits is out now on Sony.

(Source)

dimanche 8 décembre 2013

Express - 8 décembre 2013 [Traduction]

Qui est cette fille ? Dido parle de la maternité, de garder un profil bas et d'écrire des chansons

Vous vous souvenez de Dido, la chanteuse plusieurs fois disque de platine, interprète des hymnes du millénaire 'Thank You et 'White Flag' ? Elle est de retour, et toujours aussi énigmatique. Rachel Corcoran l'a rencontrée.

Vous ne trouverez pas de pop star plus terre à terre que Dido. Bien qu'elle reste l'une des artistes ayant vendu le plus de disques au monde, elle possède un remarquable talent pour passer inaperçue.

Prendre un peu de repos pour mettre au monde son fils âgé aujourd'hui de deux ans, Stanley, l'a aidée dans ce sens, mais Dido estime qu'elle a toujours mené une vie discrète. "C'est vraiment cool, sourit la chanteuse de 41 ans. Parce que mon visage n'apparaissait pas sur la pochette de mon premier et de mon troisième album, j'ai réussi à le garder caché. Pendant longtemps, les gens pensaient que j'étais un groupe suédois." Et lorsqu'on la reconnait, les fans, dit-elle, sont toujours adorables.

"C'est extraordinaire lorsqu'on se trouve quelque part dans le monde où l'on n'est jamais allé auparavant, et que quelqu'un vous approche et vous chante votre propre chanson. Je crois que l'occurrence la plus fortuite s'est produite alors que j'étais en Ethiopie avec Oxfam [Ndlt : une association caritative], et que le chauffeur a commencé à chanter 'Thank You'. C'était dément. Je me souviens aussi être allée dans un lieu minuscule en Thaïlande, et être passée devant une femme qui chantait l'une de mes chansons, au bar d'un hôtel. Dans ces moments là, on ressent une adrénaline, on n'arrive pas à appréhender entièrement jusqu'où cela s'est étendu. On se sent bienvenue partout, et tout ça grâce à la musique, ce qui est génial."

Dido a commencé à être remarquée en 1998, lorsque son premier single, 'Here With Me', a été utilisé comme musique du générique de la série de science-fiction américaine "Roswell". Puis son second single, 'Thank You', est apparu dans le film "Pile & face", avec Gwyneth Paltrow. Le premier album de Dido, No Angel, est sorti en 1999, mais c'est l'année suivante que sa carrière a été propulsée, lorsque 'Thank You' a été samplée par Eminem, dans le single du rappeur devenu un tube, 'Stan'. Soudain, sa musique touchait un tout autre public. No Angel a été réédité en 2001, et reste, avec son second album, Life For Rent, l'un des disques les plus vendus au Royaume-Uni.

Combien doit-elle a Eminem, alors ?

"Oh, beaucoup, concède-t-elle. 'Stan' était complètement inattendue. Je me souviens l'avoir entendue la première fois, alors que j'étais dans une chambre d'hôtel, à New York, et m'être dis : 'Wouah, c'est génial'. J'étais tellement époustouflée par le rap du morceau. Je m'en sortais bien aux Etats-Unis, quoi qu'il arrive, donc je pensais que les choses iraient bien, mais ça a pris une proportion gigantesque à ce moment là. Ma vie a changé à 100%."

Mais Dido est restée la même, de façon remarquable. Comment y parvient-elle ?

"Je n'ai jamais vraiment lutté avec la célébrité, peut-être parce que je ne l'ai jamais cherchée", résonne-t-elle, en précisant qu'elle a gardé tous ses vieux amis à travers les années, mais "[s'en est] fait beaucoup de nouveaux, également".

Quelques uns de ces amis occupent des postes très bien placés. En plus de sa collaboration avec Eminem (ils se sont retrouvés sur scène lors du festival de Reading et de Leeds, cette année), Dido a fait équipe avec des gens tels que Annie Lennox, Brian Eno et Sting ("J'étais en admiration. J'étais une énorme fan de Police, et il a été vraiment cool"). Mais l'un des temps les plus forts de sa carrière, dit-elle, a été de travailler avec son frère aîné, Rollo.

Producteur de musique et l'un des membres fondateurs du groupe Faithless, il a aussi fortement contribué au catalogue de sa sœur au cours des années, en coécrivant et en produisant des chansons sur tous ses albums.

"Travailler avec mon frère a été merveilleux, dit-elle, rayonnante. Nous avons eu nos disputes, mais toujours à propos de la musique, et jamais pour autre chose. Nos valeurs sont très similaires, et nous aimons la même musique. Nous nous sommes rapprochés, toujours un peu plus."

Née Florian Cloud de Bounevialle Armstrong, le jour de Noël 1971, la fille qui deviendrait Dido a eu la chance de baigner dans un environnement créatif dès le début. Son père, William, dirigeait la maison d'édition Sidgwick & Jackson, tandis que sa mère, Clare, est poète. Et il semble que la tradition artistique des Armstrong va continuer sur sa lancée. L'époux de Dido depuis trois ans, Rohan Gavin, est un scénariste et romancier, tandis que le petit Stanley se joint déjà aux répétions du groupe de sa maman.

"Il est obsédé par la batterie et son clavier. Il marche en le transportant partout où il va, et il se met à en jouer inopinément, rit-elle. Il adore quand les gars viennent répéter, et il croit vraiment qu'il fait partie du groupe, maintenant. Il adopte un visage sérieux et il tape sur la batterie et sur les cymbales pendant qu'on joue. Je ne sais pas où il a appris à faire ça, mais il ne laisse personne d'autre que lui toucher à sa batterie : c'est sa possession matérielle la plus précieuse."

Dido avoue qu'avoir un enfant a affecté sa manière d'écrire des chansons, et qu'en tant que parent, elle cherche désormais des sources d'inspiration différentes.

"Je suis en train d'écrire un album de chansons inédites, et il m'a fallu un bon moment pour m'y remettre après la naissance de Stanley, parce que je m'étais tellement concentrée sur lui et sur mon mari", révèle-t-elle.

"On s'investit tellement dans les menus détails de la vie quotidienne, et à être une famille, ce qui est très important pour moi. Et puis, pendant longtemps, vous avez la tête pleine de comptines pour enfants, et ce n'est pas de ça que vous voulez parler dans vos chansons."

La chanteuse a aussi été occupée par l'assemblage de son best of, une compilation de 18 titres recouvrant sa carrière plusieurs fois décorée de disques de platine.

"Je n'ai jamais vraiment regardé en arrière, avant, parce que j'écris constamment des nouvelles chansons, et je vais de l'avant, dit-elle. Donc ç'a été très émouvant de travailler sur l'album. Les souvenirs sont revenus en masse : je me souviens de tout ce qui entoure chaque chanson que j'ai écrite, même la tenue que je portais à l'époque. L'album est aussi dans l'ordre chronologique, donc ça ressemble à une journal intime fou de 15 ans, résumé en une heure et dix minutes."

Elle concède que l'industrie musicale a beaucoup avancé à cette époque, et qu'en grande partie, elle est contente de ne pas débuter de nos jours.

"Ca a énormément changé, aussi bien en bien qu'en mal, estime-t-elle. J'ai eu tellement de soutien de la part de ma maison de disques, et j'ai vraiment pu construire mon assurance. La même patience n'existe plus, aujourd'hui : les gens doivent réussir plus rapidement, mais en même temps, c'est génial qu'il soit possible d'écrire une chanson, la mettre sur Internet, et que le jour suivant, les gens l'entendent. C'est complètement libérateur."

Que pense-t-elle alors des nombreux télé-crochets actuels ?

"On peut trouver un excellent chanteur partout, dit-elle. Vous pouvez très bien passer devant quelqu'un qui joue dans la rue, ou voir quelqu'un dans 'The X Factor' ou dans une pub, et le trouver formidable. L'essentiel c'est que, si quelqu'un vous donne des frissons et vous émeut, alors il vaut la peine d'être écouté."

Dido a servi de mentor plus tôt cette année, dans "The Voice" (un rôle qu'elle reprend avec plaisir), mais vous ne la trouverez jamais parmi les membres d'un jury.

"Pour moi, la musique n'est pas une compétition, donc je trouve que le concept qui veut que l'on juge est très étrange", admet-elle.

"J'ai vraiment aimé être mentor dans 'The Voice' : les participants étaient excellents et c'est un gros défi. Je me disais : 'Seigneur, je ne pourrais pas faire ça !' Je ne pense pas que j'aurais eu l'assurance nécessaire pour chanter en direct à la télé devant autant de gens, et je suis en complète admiration devant quelques uns des incroyables artistes que j'ai rencontrés, qui sont si jeunes mais complètement posés."

Il est probable que l'on voie d'avantage des talents de Dido en coulisses : elle a déjà écrit des chansons pour de multiples artistes, dont Britney Spears, et révèle qu'elle aimerait le faire encore alors qu'elle avance dans la vie.

"J'adore travailler avec la voix d'autres personnes, explique-t-elle, et j'ai toujours envie d'écrire une meilleure chanson. Lorsque je me réveille, ce sera toujours présent dans mon esprit. Mais Stanley passe en premier, c'est aussi simple que ça."

Dans cette optique, elle se concentre en ce moment sur la préparation d'une réunion familiale festive. "Tout le monde sera là pour Noël, dont les cousins, et c'est la première année où Stanley comprendra ce qui se passe. Il est déjà excité, même si je ne crois pas qu'il réalise que c'est aussi l'anniversaire de sa maman. Il lui faudra quelques années. Mais je suis impatiente. Tout semble bien plus excitant et plus agréable lorsqu'on a un bébé."

Le best of de Dido est disponible. Visitez www.didomusic.com pour connaitre les détails.

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

Express - 8 décembre 2013

Who's that girl: Dido on motherhood, keeping a low profile and song-writing

Remember Dido – the multi platinum-selling singer of millennium anthems 'Thank You' and 'White Flag'? She's back – and as enigmatic as ever. Rachel Corcoran met her

You won't find a pop star more down-to-earth than Dido. Even though she remains one of the biggest-selling artists of all time, she has a remarkable talent for staying under the radar.

Taking some time out to have her son Stanley, now two, helped with that, but Dido reckons she's always led a low-key life. "It's really cool," smiles the 41-year-old singer. "Because my face wasn't on the first or third albums, I've managed to keep it hidden. For a long time people thought I was a Swedish band." And when she does get recognised, the fans, she says, are always lovely.

"It's amazing being somewhere in the world you've never gone to before when someone comes up and sings your song at you. I think the most random incident was when I was in Ethiopia with Oxfam and the guys driving us started singing 'Thank You'. It was insane. I also remember being in a teeny place in Thailand and walking past this woman singing one of my songs in a hotel bar. In those moments you get this rush, where you can't quite comprehend how far it's spread. You feel welcome anywhere and all because of music, which is amazing."

Dido began to get noticed back in 1998 when her first single 'Here With Me' was used as the theme music for the US science fiction programme "Roswell". Then her second single, 'Thank You', featured in the Gwyneth Paltrow film "Sliding Doors" later that year. Dido's debut album No Angel was released in 1999 but it was the following year that her career skyrocketed when 'Thank You' was sampled by Eminem in the rapper's hit single 'Stan'. Suddenly her music was reaching a whole new audience. No Angel was re-released in 2001 and remains – along with her second album Life for Rent – one of the UK's biggest sellers.

So how much does she owe to Eminem?

"Oh loads," she concedes. "'Stan' was just so out of the blue. I remember first hearing it, sitting in a hotel room in New York and I thought, 'Wow, this is just brilliant' – I was so blown away by the rap on it. I was doing pretty well in America anyway, so I thought things would be solid, but it just went stratospheric at that point. My life was changed 100 per cent."

But Dido herself stayed remarkably the same. How does she do it?

"I've never really struggled with fame, maybe because I've never gone out seeking it," she reasons, pointing out that she's kept all her old friends over the years, but "made lots of new ones, too."

Some of those friends are in pretty high places. As well as collaborating with Eminem – they shared a stage again at this year's Reading and Leeds Festival – Dido has teamed up with the likes of Annie Lennox, Brian Eno and Sting ("I was so starstruck – I was such a big Police fan and he was really cool"). But one of her biggest career highlights, she says, has been working with her elder brother Rollo.

A music producer and founder-member of the band Faithless, he has also contributed heavily to his sister's back catalogue over the years, co-writing and producing tracks on all her albums.

"Working with my brother has just been brilliant," she beams. "We've had our fights but always about music, never about anything else. Our values are really similar and we like the same music. We've just got closer and closer."

Born Florian Cloud de Bounevialle Armstrong on Christmas Day 1971, the girl who would be Dido was blessed with a creative environment from the start. Her father William ran the literary publishing house Sidgwick & Jackson, while her mother Clare is a poet. And the Armstrong artistic tradition looks set to continue. Dido's husband of three years, Rohan Gavin, is a screenwriter and novelist, while little Stanley is already muscling in on Mum's band rehearsals.

"He's obsessed with drumming and his keyboard. He walks around carrying it wherever we go and just starts playing," she laughs. "He loves it when the guys come round to rehearse and he truly believes he's in the band now. He gets his serious face on and he bangs the drums and cymbals while we play. I don't know where he learnt to do that, but he won't let anyone else on his drum kit – it's his most precious possession."

Dido admits that having a baby affected her song-writing, and that as a parent she now looks for different inspirations.

"I'm in the middle of writing an album of original material and it took me a while to get back in to it after Stanley was born just because I was so focused on him and my husband," she reveals.

"You get so involved in the minutiae of daily life and being a family, which is so important to me. Plus for a while you have a head full of nursery rhymes and they're not the things you want to write songs about."

The singer has also been busy assembling a greatest hits album, an 18-track compilation covering her multi-platinum career.

"I've never really looked back before because I'm always writing new songs and moving forward," she says. "So it was quite emotional putting the album together. The memories came flooding back – I remember everything around every song I've written, even what I was wearing at the time. The album is chronological too, so it's like this crazy 15-year diary of my life compressed into an hour and 10 minutes."

She concedes that the music industry has moved on a lot in that time and, for the most part, she's glad that she's not starting out in it today.

"It's changed massively – in good and bad ways," she reckons.

"I had so much support from my record company and really got to build up my confidence. There's not the same patience now – people need to be doing well quicker – but then it's amazing that you can write a song, put it up on the internet and the next day people hear it. That's utterly liberating."

So what does she think of the current glut of TV talent shows?

"You can find a great singer anywhere," she says. "You might walk past someone busking, or see someone on 'The X Factor' or an advert and think they're amazing. The simple fact is, if someone gives you chills and moves you, then their voice is worth listening to."

Dido did some mentoring on "The Voice" earlier this year – a role that she's happy to return to – but you'll never catch her on a judging panel.

"Music, for me, isn't a competition so I find the whole concept of judging really funny," she admits.

"I really enjoyed mentoring on 'The Voice' – the contestants were amazing and it's quite a challenge. I was like, 'God, I wouldn't do this!' I don't think I would have had the confidence to perform on live TV in front of so many people – and I'm in total awe of some of the amazing artists I've met who are so young but totally poised."

We're likely to see more of Dido's backstage talents – she has already penned songs for numerous artists, including Britney Spears, and says she'd like to do more of the sameas she gets older.

"I love working with other people's voices," she says, "and I'm always wanting to write a better song. When I wake up that will always be in the back of my mind. But Stanley comes first, it's that simple."

To that end, she is now focused on planning a festive family get-together. "Everyone will be here for Christmas – cousins included – and it's the first year Stanley will know what's happening. He's already getting excited, although I don't think he realises it's mummy's birthday too – that might take a few years. But I'm really looking forward to it. Everything just seems so much more exciting and fun with a baby around."

Dido's Greatest Hits is out now. Visit www.didomusic.com for details.

(Source)

mardi 26 novembre 2013

Hit Fix - 26 novembre 2013 [Traduction]

Dido parle de son best of et du fait d'être libre de ses mouvements : entretien

Affranchie de son contrat avec sa maison de disques, elle regarder vers l'avenir

Suite à la sortie de son best of cette semaine, chez RCA, Dido en a officiellement fini avec son contrat et est libre de ses mouvements.

"Je suis comme un gosse surexcité, raconte l'auteur et interprète britannique à HitFix. J'ai tellement d'idées. Je peux faire ci, je peux faire ça. Je dois me calmer."

Nous reviendrons un peu plus tard sur ce qui attend Dido, mais d'abord, elle a passé quelques instants avec nous à revenir sur ses près de 15 ans de carrière, que couvre son best of : une compilation de tous ses singles, de son premier album, sorti en 1999, No Angel, à aujourd'hui. Parmi les titres, 'Here With Me', 'Thank You', 'White Flag', 'Life For Rent', et le titre d'Eminem, 'Stan', qui sample 'Thank You' et a aidé à propulser Dido sur le devant de la scène.

Elle a écouté l'album du début à la fin, pendant qu'elle dirigeait le projet. "C'était un journal de 15 ans, émouvant et fou, déroulé sur une heure, dit-elle. Quand on écrit une chanson, on sait clairement où l'on était et ce que l'on ressentait, bien plus qu'avec une photo. J'ai des souvenirs tellement nets."

Comme cela arrive souvent, les chansons prennent un autre sens et une autre forme alors que la vie progresse. 'Everything To Lose', qui apparaît à l'origine sur la bande originale de "Sex and the City 2", sorti en 2010, "est probablement plus pertinente aujourd'hui, révèle Dido. Lorsqu'on tombe finalement réellement amoureux, qu'on a un enfant, et qu'on a peur" de tout perdre.

En effet, la naissance de son fils, en 2011, a changé le prisme à travers lequel elle voit la vie. "Je suis plus émotive depuis que j'ai eu Stanley. Je n'ai jamais été du genre à pleurer facilement. Alors qu'aujourd'hui, je peux être au cinéma et me mettre à pleurer. J'ai pleuré au bout de 10 minutes devant 'Philomena' [Ndlt : un film datant de 2013, réalisé par Stephen Frears, avec Judi Dench et Steve Coogan, et qui raconte l'histoire d'un journaliste qui écrit sur une femme qui cherche son fils après qu'on le lui ait enlevé, bien des années auparavant]. Mon mari m'a dit : 'Est-ce que ça va ?' Donc toutes ces chansons, qui sont émouvantes, je les ressens de manière plus forte, grâce à Stanley. Ca libère quelque chose en vous."

La compilation inclut un nouveau titre, 'NYC'. Ecrite récemment, elle fait pourtant référence à une période, avant 1999, lorsque tout était encore possible pour elle, y compris l'échec. "Ca parle d'une autre époque, au tout début, lorsque je suis arrivée à New York, avec les paroles de mon frère qui tournait dans ma tête : 'Ca ne marchera probablement pas pour toi, mais bonne chance.'"

Même après tout son succès (elle a vendu plus de 30 millions d'albums dans le monde et a été nommée aux Oscars pour 'If I Rise', extraite du film "127 heures"), l'incertitude demeure. Et elle s'en accommode très bien. "Je ne suis toujours pas sûre de ce que me réserve l'avenir, dit-elle. Je serai toujours ainsi. Je suis plus à l'aise en ne sachant pas. Je recherche ces sentiments. Il y a la place pour de la magie."

Alors que se retrouver sans contrat avec une maison de disques déclencherait la peur chez certains, chez Dido, cela déclenche un sentiment de possibilité, où la musique dicte chaque décision. "On peut sortir de la musique, tout simplement. Pour moi, c'est extrêmement excitant, dit-elle. Parfois, [avec une maison de disques], j'ai l'impression qu'on crée quelque chose et qu'il faille attendre une éternité, que le jeu consiste à attendre longtemps. Maintenant, je peux travailler sur tel projet ou sur tel autre. C'est la créativité qui dicte [les règles]."

Elle reste évasive quant à son prochain projet, puisque son travail actuel la mène en ce moment dans deux "directions complètement différentes", et elle n'a pas encore choisi laquelle suivre. "Tout se résume à la musique, maintenant, et c'est le monde dans lequel je vis."

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

Hit Fix - 26 novembre 2013

Dido on her greatest hits and becoming a free agent: Interview

Done with her record contract, she looks ahead

Following the release of her best-of collection this week on RCA, Dido is officially out of her record contract and a free agent.

"I'm like an overexcited kid," the British singer/songwriter tells HitFix. "I have so many ideas. 'I can do this, I can do that.' I'm like 'take a breath'."

More about what's next for Dido a little later, but first she spent a few minutes looking back with us over her nearly 15-year career covered on "Greatest Hits," a compilation of all her singles from her 1999 debut, "No Angel," on. Among the selections are "Here With Me," "Thank You," "White Flag," "Life for Rent," and Eminem's "Stan," which samples "Thank You," and helped catapult Dido to stardom.

She listened to the album from start to finish while mastering the project. "It was this crazy, emotional 15-year diary in an hour," she says. "When you write a song, you're so clear about where you were and what you were feeling, even more so than when I see a picture. I have such clear memories."

As often happens, the songs take different meaning and shapes as life progresses. "Everything to Lose," originally featured on the 2010 "Sex and the City 2" soundtrack, "is probably more relevant now," Dido says. "When you do finally really fall in love, having a kid, and having the fear" of losing it all.

Indeed, the birth of her son in 2011 has changed the prism through which she views life. "I'm a more emotional person since having Stanley. I was never the big cry person. Now I'll be in the cinema and I start crying. I was crying at 'Philomena' 10 minutes in. My husband was like, 'Are you alright?' So any of these songs that are emotional, I feel it all bigger because of Stanley. It opens up a part of you."

The collection includes a new track, "NYC." Though written recently, it is about an era, pre-1999, when everything was still possible for her, including failure. "It's about a time back at the very beginning when I came to New York City with the words of my brother ringing in my head: 'This is probably not going to happen for you, but good luck'."

Even after all her success —she's sold more than 30 million albums worldwide and garnered an Oscar nod for "If I Rise" from "127 Hours"—the uncertainty remains. And she's fine with that. "I'm still unsure of where the road ahead goes," she says. "I'll always be that person. I feel more comfortable not knowing. I crave those feelings. There's room for magic to happen."

While being without a record contract would strike fear in some, for Dido, it strikes a sense of possibility where music dictates every decision. "You can just put music out. For me that's extremely exciting," she says. "Sometimes [on a label] I feel like you make things and you have to wait for ages and you just play this big waiting game. Now, you can do this project here and that project there. It's dictated by what you're doing creatively."

She's coy about what's next as she has material now that is taking her in two "extremely different ways," and she hasn't chosen which path to take yet. "It all becomes about the music and that's the world I live in."

(Source)

vendredi 22 novembre 2013

Mail Online - 22 novembre 2013 [Traduction]

Elle vaut des millions, mais Dido était atteinte d'un manque d'assurance chronique. Jusqu'à ce que fonder une famille et fêter ses 40 ans lui ait donné la confiance en elle qu'elle désirait absolument

Balandez vous dans Upper Street, dans Islington, dans le nord de Londres, ou faites un saut dans le Waitrose [Ndlt : un supermarché] local et, qui sait ? vous pourriez bien rencontrer une superstar de la pop.

Avec 38 millions d'albums vendu et un best of prévu pour cette semaine, Dido est l'une des artistes du 21ème siècle ayant vendu le plus de disques, mais les hôtels particuliers, les avions privés et les équipes qui trainent à sa suite ne sont pas sa tasse de thé.

Aujourd'hui encore, 14 ans après qu'elle soit devenue célèbre avec l'album No Angel, Dido est toujours discrète et douce. Elle a 41 ans mais en fait dix de moins, elle ressemble en fait plus à une adolescente, tandis qu'elle joue avec son collier, son vernis à ongle noir écaillé. Ce qui a changé, c'est qu'elle a trouvé la paix de l'esprit.

Elle est mariée au romancier Rohan Gavin, fils de l'auteur pour enfants Jamila Gavin ; ils ont un fils de deux ans, Stanley, et elle est déterminée à vivre une vie ordinaire.

"Stanley adore faire les courses, parcourir les allées, porter les sacs de salades, explique-t-elle. Je ne veux pas d'une vie qui soit complètement différente de celle des autres, où je n'aurais pas mes amis et ma famille auprès de moi."

Stanley croit que sa maman ne chante que pour lui, et lorsque son groupe passe à la maison pour répéter, il pense être l'un des leurs. Lorsqu'elle a demandé à Stanley ce que faisait son papa, plus tôt dans la journée, lors de notre rencontre, il a répondu : "Il écrit des livres."

"Quand je lui ai demandé ce que faisait sa maman comme travail, il a semblé un peu pensif, comme pour dire : 'Elle travaille ?' Et puis, il a répondu : 'Maman mange des livres.' Je me suis dis : 'Où est-ce que tu as pêché ça ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ?'"

En réalité, Dido a bien dévoré des livres toute sa vie, venant d'une famille de littéraires. Son père (qui est décédé), William Armstrong, était directeur général des éditions Sidgwick & Jackson, et sa mère, Clare, est poète. Baptisée Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong (mais elle est devenue Dido au sein de sa famille, d'après la tragique Reine de Carthage), elle préférait, à juste titre, être appelée du nom plus commun Clare, d'après sa mère.

"Je suis sûre que ma mère est très fière du choix de mon nom, aujourd'hui, mais ça n'était pas marrant quand j'étais gamine. On n'a pas besoin d'une raison de plus de se sentir un peu exclu. C'est déjà assez dur d'être un enfant."

Sa mère, bohémienne, n'aimait pas que Dido et son frère Rollo (qui est devenu plus tard un de membres du groupe Faithless) invitent des amis à la maison, et il n'y avait pas de poste de télé ou de radio sous leur toit, mais il y avait beaucoup de livres. En grandissant, ils se sentaient en marge, mais Dido a l'impression que l'expérience leur a laissé un héritage riche.

"Ce que Rollo et moi avons gardé de notre enfance, c'est une véritable capacité à être seuls, à utiliser notre imagination pour créer notre propre divertissement. Nous adorons tous les deux lire, et créer des choses, alors quoi qu'aient fait nos parents, ça a marché, que ça ait été intentionnel ou non."

"Lorsque j'étais enfant, et ensuite adolescente, je voulais désespéramment rentrer dans le moule, et je n'ai jamais eu vraiment l'impression d'y être parvenue. Il faut être rebelle d'une certaine manière, lorsqu'on grandit, et j'étais une adolescente très difficile. Sur des photos de moi de cette époque, je suis un peu renfrognée, j'avais des cheveux très sombres, à la gothique. Le but n'était pas d'être belle, je ne l'étais pas, mais je croyais être cool, et j'ai gardé cette allure pendant toute cette période."

"On ne pouvait pas être tout sourire et heureux. Mais quoi que ce soit qui m'ait conduite jusqu'ici, je le considère comme une chance. J'ai toujours vécu ainsi. Je ne regarde jamais en arrière pour regretter quelque chose, parce que je me dis : 'Est-ce que je suis heureuse aujourd'hui ? Est-ce que ça va maintenant ? Oui.'"

Les racines de Dido se trouvent dans la musique classique. Elle a suivi des cours à la prestigieuse Guildhall School of Music de Londres, a joué du violon et du piano, et est partie en tournée en Europe au sein d'un ensemble de musique classique. Elle rêvait de devenir pianiste concertiste, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle ne serait jamais assez bonne.

Après ses examens, à la fin du lycée, elle a travaillé dans une maison d'édition de renom, tout en étudiant le droit le soir. "Je ne sais pas pourquoi j'ai étudié le droit. Je voulais utiliser mon cerveau, d'une manière ou d'une autre. Ca n'a pas duré longtemps. J'essayais seulement de déterminer ce que je voulais faire [de ma vie]. La musique n'était qu'un hobby et ne semblait pas être quelque chose de réaliste. J'étais dans un groupe et on se produisait sur scène. Je faisais des concerts dont la publicité était imprimée sur la quatrième de couverture des magazines. Affreux."

Elle était fragile sur le plan émotionnel, durant ce temps là. Elle a souffert de crises de panique après avoir signé avec un producteur de musique, en octobre 1996. Dans son esprit, elle pensait avoir renoncé à la partie la plus intime d'elle-même, au réconfort que lui apportaient ses chansons. "La musique était mon unique refuge, le chose la plus solide dans ma vie, vers laquelle je me réfugiais lorsque j'étais heureuse ou triste. C'était mon moyen d'expression. Après avoir signé un contrat, la plupart des gens iraient faire la fête pour célébrer ça, mais j'ai pensé : 'Oh non !' J'avais le sentiment d'avoir cédé la seule partie non-contaminée de ma vie. Mais je m'en suis remise."

Sa musique est parvenue jusqu'au faiseur de tubes américain Clive Davis, qui s'est occupé de la carrière de Whitney Houston, et jusqu'au directeur de maison de disques L.A. Reid, qui est devenu par la suite juré dans le "X Factor" américain. En dépit de leur réputation de durs de la profession, les deux hommes se sont montrés sensibles à son talent fragile, et cela a pris plusieurs années avant qu'elle ne soit prête à affronter le public. Le résultat : l'album No Angel, sorti en 1999, qu'elle a emmené sur une tournée de trois ans autour des Etats-Unis, et dont elle a vendu 21 millions d'exemplaires.

Après sa sortie, elle a été surprise de recevoir une lettre du célèbre rappeur Eminem, lui demandant la permission d'utiliser une partie de sa chanson 'Thank You' dans son titre 'Stan'. Elle a accepté, et la chanson l'a aidée à devenir une star.

N'ayant pas vu Eminem pendant 8 ans, Dido a reçu un appel inopiné de son équipe, plus tôt cette année, pour lui demander si elle voulait interpréter 'Stan' à ses côtés aux festivals de Reading et de Leeds, pendant l'été. "J'ai tenu ça secret, et nous avons débarqué ce soir là. Le public était incroyable. Ils ont deviné de qui il s'agissait très rapidement."

Malgré le traumatisme d'avoir signé ce contrat quelque temps auparavant, elle a trouvé en la célébrité une place confortable, en grande majorité parce qu'elle ne pouvait appréhender l'étendue de sa célébrité.

"De manière assez amusante, c'était moins dur de m'habituer à la célébrité que de signer le contrat, parce que je n'en avais pas vraiment conscience. Lorsque les choses ont décollé, avec l'album, j'étais sur une tournée qui a duré trois ans, donc on n'a pas conscience de ce qui se passe dans la vraie vie."

"Vous êtes dans un contexte super cool où vous vous levez, vous montez dans le bus et vous faites votre concert. Jusqu'à ce que je rentre chez moi, je n'avais pas réalisé ce qui s'était passé. Il y a eu des petits incidents qui m'ont fait réaliser, comme lorsqu'un journaliste s'est présenté chez ma mère. Je pense avoir été traitée avec un incroyable respect, et j'en suis reconnaissante. Mais je n'ai rien à cacher, tout est dans ma musique, de toute façon."

Elle est toujours autant passionnée par sa musique, et elle travaille en ce moment sur un nouveau projet, mais tout est secondaire face à son rôle de maman. Stanley, dont le nom n'a rien à voir avec la chanson d'Eminem, l'a aussi aidée à se lier avec sa propre mère. Lorsque Dido avait 15 ou 16 ans (elle n'arrive pas à déterminer son âge), elle a quitté le foyer familial à cause de leur relation conflictuelle.

Elle a dit un jour : "C'était simplement difficile pour nous deux de vivre dans la même maison." Elle rit, avec peut-être un brin d'embarras, à ce souvenir, et endosse toute la responsabilité. "Je n'étais probablement pas de la meilleure compagnie. Mais aujourd'hui, nous avons des discussions merveilleuses. Elle est l'une des personnes avec qui j'aime le plus parler."

Elles vivent désormais à quelques mètres de distance. "C'est une personne formidable, intelligente à en faire peur, une compagnie géniale et une révélation dans le rôle de grand-mère. L'amour et la joie qui apparaissent sur le visage de Stanley lorsqu'elle vient rendre visite... Je ne voudrais perdre ça pour rien au monde."

Dido était très proche de son père, qui est décédé en 2006 des suites d'une longue maladie. Son premier single, 'Here With Me', a été écrit le soir où elle est rentrée chez elle, après être revenue de l'hôpital où son père avait été admis pour la première fois, gravement malade. Elle était présente à son chevet, pour lui chanter sa chanson préférée, 'Raglan Road' de The Dubliners, tandis qu'il était mourant.

Les paroles, écrites par le poète Patrick Kavanagh, parlaient de la tante de William, Hilda O'Malley. "Papa me jouait cette chanson lorsque j'étais enfant. C'était une chanson à laquelle nous étions tous les deux très attachés, et je la lui ai chantée sans arrêt lorsqu'il était malade." Elle a écrit le titre 'Grafton Street' sur son album Safe Trip Home, sorti en 2008, d'après 'Raglan Road', comme un hommage à son père. "My love I know we're losing but I will stand here by you "("Mon amour je sais que nous sommes en train de perdre mais je resterai ici à tes côtés"), a-t-elle écrit.

La personnalité de Dido s'est transformée au cours des années. Elle respire la satisfaction, mais pas d'une mannière suffisante. Elle a simplement trouvé son centre de gravité. "J'étais probablement beaucoup plus fragile lorsque j'ai débuté ma carrière. Je suis bien plus sûre de moi qu'auparavant. C'est en partie dû au fait de vieillir. Avec vos 40 ans survient une vague d'acceptation."

"J'ai l'impression de comprendre maintenant. Peu m'importe d'être appréciée, c'est comme ça. Ca m'a pris une bonne vingtaine d'années pour comprendre ça. La moitié de ma carrière est basée sur le fait de vouloir être aimée, mais on en arrive à un point où on se dit : 'Tout le monde ne peut pas m'aimer, et je l'accepte.' Du moment que les gens que j'aime m'aiment en retour."

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

Mail Online - 22 novembre 2013

She's worth millions, but Dido was racked with chronic insecurity - until having a family and turning 40 gave her the confidence she craved

Wander down Upper Street in Islington, north London, or pop into the local Waitrose and you never know, you might just bump into a pop superstar.

Dido, with 38 million album sales and a Greatest Hits album coming out this week, is one of the biggest-selling artists of the 21st century, but mansions, private planes and entourages are not her thing.

Even now, 14 years since she shot to fame with the album No Angel, Dido is still demure and softly spoken. She's 41 but looks ten years younger, more like a teenager in fact, as she fiddles with her necklace, her black nail polish chipped. What's changed is that she's found peace of mind.

She's married to novelist Rohan Gavin, son of children's writer Jamila Gavin, they have a two-year-old son Stanley, and she's determined to live an ordinary life.

'Stanley loves shopping, going round the aisles, holding the bags of salad,' she says. 'I don't want a life that's so different from everybody else's, where I don't have all my friends and family around me.'

Stanley thinks Mummy only performs for him, and when her band comes over to rehearse he thinks he's one of them. When she asked Stanley what does Daddy do, earlier on the day we met, he replied, 'He writes books'.

'When I asked what does Mummy do when she's working, he looked a bit thoughtful as if to say, "She works?" Then he said, "Mummy eats books." I thought, "Where are you even getting that? What have I been doing?"'

Dido has actually been devouring books all her life, coming from a literary family. Her late father William Armstrong was managing director of publishers Sidgwick & Jackson and her mother Clare is a poet. Christened Florian Cloud de Bounevialle O'Malley Armstrong – though she became known by the family as Dido after the tragic Queen of Carthage – she understandably preferred to call herself the more commonplace Clare, after her mother.

'I'm sure my mum feels quite proud of her name choice now, but it wasn't fun as a kid. You don't need more reason to feel a bit isolated. It's hard enough being a kid.'

Her bohemian mother didn't like Dido and her brother Rollo (who went on to become one of the band Faithless) having friends around and there was no TV or stereo in the house, though plenty of books. They felt like outsiders growing up, but Dido feels this left them with a rich legacy.

'What Rollo and I do have from our childhood is a real ability to be on our own, using our imaginations to create our own fun. We both love reading and creating things, so whatever our parents did, it worked, whether it was intentional or not.

'As a kid and a teenager I desperately wanted to fit in, I never felt quite like I did. You have to be a rebel in some way growing up and I was quite a difficult teenager. In pictures of me then I'm a bit scowly, I had really dark gothy hair. It wasn't about looking good, I did not look good, but I thought I was cool and kept it up the whole time.

'You couldn't be all smiley and happy. But whatever got me here I feel lucky to have had. I've always lived like that. I don't ever look back and regret things because I think, "Am I happy now? Is it good now? Yes."'

Dido's background was in classical music. She went for lessons at the prestigious Guildhall School of Music in London, played violin and piano and toured Europe in a classical music ensemble. She dreamt of becoming a concert pianist until she realised she’d never be good enough.

After her A-levels she worked at a leading literary agents while studying law at night. 'I don't know why I picked law. I just wanted to use my brain in some way. It didn't last long. I was just trying to work out what I wanted to do. Music was a hobby and didn't seem like a realistic thing. I was in a band and we did gigs. I'd do sessions that were advertised in the back of music magazines. Dreadful.'

She was emotionally fragile in those early days. She suffered panic attacks after signing with song publishers in October 1996. In her head she thought she'd signed away the most personal part of herself, the solace her songs brought her. 'Music had been my only refuge, the one solid thing in my life that I would go to if I was happy or sad. It was the way I expressed myself. On signing a deal most people would go out and party, but I thought, "Oh no!" I felt I'd given the one uncontaminated piece of my life away. But I got over it.'

Her music came to the attention of American hit maker Clive Davis, who nurtured Whitney Houston's career, and later record executive LA Reid, who went on to become a judge on American X Factor. Despite both men's reputations as tough operators they were sensitive to her fragile talent and it took several years before she was ready to face the public. The result was the 1999 album No Angel, which she took on a three-year tour round America and went on to sell 21 million copies.

After its release she was surprised to receive a letter from notorious rapper Eminem requesting permission to use part of her song 'Thank You' in his song Stan. She agreed and the song helped make her a star.

Having not seen Eminem for eight years, Dido got an unexpected call from his people earlier this year asking if she would like to perform Stan with him at the Reading and Leeds Festivals in the summer. 'I kept it totally quiet and we just rocked up on the night. The crowds were unbelievable. They worked out who it was pretty quickly.'

Despite the trauma of signing that earlier publishing deal, she found fame a comfortable fit, largely because she couldn't comprehend how famous she had become.

'In a funny way it was less hard to get used to fame than signing the publishing deal because I wasn't properly aware of it. By the time things kicked off with the record I was on a tour that lasted three years, so you're not aware of what's going on in the real world.

'You're in this pretty cool place where you get up, get on the bus and do your show. It wasn't until I came home that I realised what had happened. There were little moments that made me realise it, like a journalist turning up at my mum's house. I think I've been treated incredibly respectfully, which I'm thankful for. But I don't have anything to hide, it's all in my music anyway.'

She is still as passionate about her music and is working on new material, but everything is subservient to her role as a mum. Stanley, whose name has nothing to do with the Eminem song, has also helped her bond with her own mother. When Dido was 15 or 16 – she can't quite remember which – she moved away from home because of their difficult relationship.

She once said, 'It was just hard for us to live in the same house as each other.' She laughs, perhaps with a twinge of embarrassment, at the recollection and lays the blame on herself. 'I probably wasn't the best company. But now we have wonderful chats. She's one of my favourite people to talk to.'

They now live round the corner from each other. 'She's an amazing person, scarily intelligent, brilliant company and a revelation as a grandmother. The love and happi- ness on Stanley's face when she comes around the corner – I wouldn't lose that for the world.'

Dido was very close to her father, who died in 2006 after a long illness. Her debut single 'Here With Me' was written the night she came home from the hospital when he was first taken seriously ill, and she was at his bedside singing his favourite song, The Dubliners' Raglan Road, as he lay dying.

The lyrics, written by poet Patrick Kavanagh, were about William's aunt Hilda O'Malley. 'Dad played me that song when I was young. It was a song we both had a huge connection with, and I sang it to him all the time when he was ill.' She wrote the song 'Grafton Street' on her 2008 album Safe Trip Home, based on Raglan Road, as a tribute to her father. 'My love I know we're losing but I will stand here by you,' she wrote.

Dido's personality has been transformed over the years. She exudes contentment, though not in a smug way. She's simply found her centre of gravity. 'I was probably a lot more fragile when I started out in my career. I'm a way more confident person than I was. Part of that is getting older. Turning 40 you get this wave of acceptance.

'I feel like I've got it now. I don't mind not being liked, that's what it is. It's taken me a good 20 years to spot that. Half my career is based on wanting to be liked but you get to the stage where you think, "I'm not going to be liked by everybody and I'm OK with it." As long as the people I love want me back.'

(Source)

mardi 19 novembre 2013

The Huffington Post - 19 novembre 2013 [Traduction]

Cher journal : Dido s'ouvre au grand jour avec son best of

Au bout du compte, Dido considère que sa prochaine compilation de morceaux est plus "le journal intime fou de ma vie" qu'un simple best of.

Le best of de Dido, qui sera distribué dès le 25 novembre par RCA Records, dans des formats standard et deluxe, couvre près de 15 ans de carrière, laquelle a commencé en 1999, avec la sortie de No Angel.

Le disque, ainsi que ses trois autres albums studio (dont le dernier, sorti en mars, Girl Who Got Away), sont joliment représentés sur cette compilation de 18 titres, accompagnée de bonus, comme le titre nominé aux Oscars 'If I Rise' (avec A.R. Rahman), et 'NYC', une nouvelle chanson dance entrainante, sortie en octobre.

Le titre 'Stan' d'Eminem, single rap qui a permis à l'Anglaise dotée d'un seul nom de se faire une place aux Etats-Unis, grâce à son sample de 'Thank You', est également sur le disque, représentant le début d'une aventure mondiale remarquable.

L'édition deluxe comporte en plus 13 remixes de quelques unes de ses chansons les plus connues, dont une version inédite de 'White Flag' (Timabland Remix).

De tels exemples prouvent qu'elle était destinée à de grandes choses. Pourtant, lors d'une conversation téléphonique depuis l'Angleterre, la semaine dernière, la londonienne solitaire semblait presque gênée d'accoler des superlatifs à son travail.

"Bonne question", répond Dido d'un ton badin, oscillant entre la douceur et le sarcasme, à la question : qu'est-ce que cette compilation de chansons en particulier a de meilleur ?

"Ce n'est pas quelque chose que j'aurais personnellement suggéré, explique-t-elle doucement. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : 'Oh, je vais sortir un best of !' Ca ne m'a même jamais traversé l'esprit."

Après que Sony l'ait contactée à propos de ce projet, Dido raconte qu'elle était encore en train de travailler sur Girl Who Got Away et avait besoin d'y réfléchir.

"Je me suis dit que, du moment où je pouvais réaliser quelque chose que j'aimerais vraiment, qui ressemblerait à une célébration en bonne et due forme de ces 15 dernières années", elle trouverait le temps de s'y consacrer. Même pour une British qui jongle entre ses rôles d'épouse/mère/fille/sœur/chanteuse/auteur.

Non pas qu'elle ait besoin de prouver le poids de sa carrière, mais peut-être que son best of servira de douce piqure de rappel quant à ce que Dido a discrètement mais habilement accompli depuis son arrivée sur le devant de la scène.

La grâce innée de sa voix raffinée se mélange magnifiquement avec la nature personnelle et puissante de ses paroles. Bien sûr, la chanteuse détachée qui, pendant des années, a produit des disques de platine et des clips créatifs mais de bon goût, sans la moindre trace de boule de démolition ou de masse [Ndlt : en référence au clip de Miley Cyrus, 'Wrecking Ball', dans lequel elle chevauche et embrasse les objets en question], n'est pas contre un peu de chaos maîtrisé dans sa vie.

L'interprète expérimentée, qui joue de divers instruments, dont la guitare, le clavier, la flûte à bec et la batterie, met en valeur sa musique avec des tempos électro dance, des basses propulsives, et des collaborations passionnées avec des artistes allant d'Eminem à Kendrick Lamar.

La lauréate du MTV Europe Music Award de la révélation de l'année 2001 n'a pas regardé la cérémonie de cette année, diffusée plus tôt ce mois-ci, lorsque le dernier coup de pub de Miley Cyrus est parti en fumée [Ndlt : Miley Cyrus a allumé un joint au moment de recevoir un prix], mais elle est assez curieuse pour demander comment était l'émission.

"Je trouve que c'est une époque très excitante, explique Dido à propos de la scène pop actuelle, bien trop élégante pour dénigrer qui que ce soit. J'aime le fait que les gens aient la possibilité de faire connaitre leur travail, quel que soit la manière [de le faire]. Et pas nécessairement tout un album, mais des collaborations diverses. Je trouve qu'il y a beaucoup de bons sons en ce moment."

Tandis qu'elle dit découvrir de nouvelles choses chaque jour, en ce moment, Dido s'extasie sur le son électro de Pete Lawrie Winfield (connu sous le pseudo Until The Ribbon Breaks), et sur les derniers albums de London Grammar (If You Wait) et Lorde (Pure Heroine). Elle ajoute : "J'ai d'ailleurs téléchargé l'album d'Eminem [(The Marshall Mathers LP 2], il y a deux jours, et je l'adore vraiment."

Malgré tout, Dido reste une sorte de romantique à l'ancienne qui écoute toujours la musique à la radio, influençant les audiophiles qui regrettent les jours passés, ceux d'avant les livres confessions et les vidéos virales montrant des garçons (et des filles) qui se comportent mal.

En clair, lui dit-on, la beauté de sa musique réside dans... la beauté de sa musique.

"C'est tout ce que j'ai, en quelque sorte, dit-elle modestement, avec un rire bref, en se souvenant de l'époque où les gens pensaient que Dido était le nom d'un groupe suédois. Mais c'est ce que j'aime... Avant, on n'avait pas besoin de se connaitre aussi bien. On se disait simplement : 'J'adore cette musique, et je me fiche de ne rien savoir de la vie de son interprète.'"

"Je crois que l'une des raisons qui font que quelqu'un comme Adele parle tellement aux gens, c'est qu'en fait, on n'en sait pas beaucoup sur sa vie. Et je trouve ça super. Ca implique qu'on écoute ses chansons et qu'on puisse se les approprier."

Avec plus de 29 millions d'albums vendus, Dido a un large public à travers le monde. Et, bien qu'elle dise être satisfaite de l'accueil fait à Girl Who Got Away, son premier album studio depuis cinq ans, après qu'elle ait pris une pause pour fonder une famille, le disque n'est resté que trois semaines dans le top 200 de Billboard, avec un pic à la 32 position du classement. En comparaison, son second album, Life For Rent, s'est classé 4ème, et est resté classé pendant 47 semaines.

Dans un monde où des fans capricieux demandent souvent : "Qu'est-ce que tu as sorti pour moi, récemment ?", une interruption de carrière peut se révéler être la plus grande peur d'un artiste.

Etre éloigné des projecteurs pendant si longtemps effraierait quasiment quiconque court après la gloire. Mais Dido n'y a pas réfléchi à deux fois.

"Ce n'est pas comme si j'essayais de me raccrocher à quoi que ce soit, si je puis dire, explique-t-elle après avoir décidé de ne pas faire de 'grande tournée mondiale' avant qu'elle ne termine son prochain album, qu'elle 'espère' finir l'année prochaine. Tout ce que j'essaie de faire, c'est créer de la musique et la mettre à la disposition de ceux qui voudraient l'écouter. Mais je ne ressens pas un besoin désespéré de m'accrocher à un certain degré de célébrité, ou un truc dans le genre."

Dido a été plus déçue quant à la réaction peu enthousiaste face à Safe Trip Home, album sorti en 2008 et ignoré par la plupart des gens, qu'elle a coproduit avec Jon Brion, et qui inclut les participations de Mick Fleetwood à la batterie, Brian Eno au clavier, et son coauteur de frère, Rollo Armstrong. Le moment semblait opportun pour marquer une pause et faire de sa famille une priorité.

"J'ai mis mon coeur et mon âme dans cet album, dit-elle sans la moindre trace d'amertume. Et pratiquement personne ne l'a entendu. Ce n'est pas grave, il est là pour être entendu, un jour."

D'un point de vue personnel, elle considère 'Grafton Street' comme "de loin" sa chanson la plus significative. Elle l'a écrite en 2006, juste après le décès de son père, William O'Malley Armstrong, à l'âge de 68 ans, après qu'il ait passé 10 ans à l'hôpital.

No more trips to Grafton Street
(Plus de visites à Grafton Street)
No more going there
(Plus de visites là-bas)
To see you lying still
(Pour te voir étendu, immobile)
While we all come and go
(Alors que nous allons et venons tous)


"'Grafton Street' peut encore réussir à me faire pleurer, révèle-t-elle. Je ne pleure pas facilement, mais si je me sens vulnérable, ce titre peut tout à fait [me faire pleurer]..."

"Ma vie entière se résumait à ça : mes visites à l'hôpital, mes voyages en avion pour me rendre sur un lieu de concert, et revenir pour lui rendre visite à l'hôpital, dit-elle. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. Nous avons passé des moments extraordinaires, malgré le fait que l'hôpital ait été un lieu très sombre. Nous avons passé des grands moments dans cette chambre. Et la chanson parle du fait de regretter ce temps passé en ce lieu."

Il est vrai, cependant, que cette chanson "très, très honnête était très dure à interpréter sur scène, admet Dido. Et je n'y avais pas vraiment réfléchi auparavant. Une grande partie de cet album était très sombre et très dure à interpréter sur scène. Bien sûr, je ne voulais pas vraiment partir sur une grande tournée avec cet album en particulier. C'est à ce moment là que j'ai pensé à me retirer un petit peu de la vie publique."

'Grafton Street' et 'Quiet Times', également extraite de Safe Trip Home, "figurent parmi les meilleurs chansons que j'ai pu écrire, explique-t-elle. Et elle n'ont pas eu droit à leur moment de gloire."

Ainsi donc, l'entrepreneur plein de ressources qu'elle est a décidé de leur donner, ainsi qu'aux auditeurs, une deuxième chance, en les incluant toutes deux dans son best of.

Lorsqu'elle s'est finalement dévouée au projet qui avait "surgi devant elle", Dido a pris le contrôle total quant au choix des titres.

"J'ai passé deux semaines complètement dingues à mettre en place le projet. Mais c'était très appréciable", dit-elle.

Si d'aventure quiconque voulait lui apporter sa contribution, il se voyait remercié.

"J'ai dit à tout le monde qu'ils étaient libre d'avoir leur opinion, mais que... [rires] Vraiment, j'aurais aussi bien pu envoyer un e-mail collectif pour dire : 'C'est très gentil à vous de me dire ce que vous voulez voir sur le disque, mais c'est mon disque, alors c'est moi qui choisis.'"

Alors que sa voix apaisante et stimulante brille sur des titres comme 'Here With Me' et 'Thank You', Dido révèle qu'elle ne s'est mise à chanter que sur le tard.

"Je ne me souviens pas d'une époque où je ne jouais pas de la musique, dit-elle. Mes souvenirs les plus anciens remontent à l'école primaire, lorsque je jouais de la flûte à bec, de la musique, et que je courais à l'étage après être rentrée de l'école pour m'entraîner à jouer. C'est tout ce que je voulais faire."

Il est aisé de comprendre pourquoi elle n'a jamais pris de cours de chant, mais à ce jour, la perfectionniste qui sommeille en elle se dit toujours que, peut-être, elle le devrait.

C'est difficile à croire, en particulier après avoir entendu son don inné, ses cordes vocales bénies qui n'ont aucunement besoin d'être améliorées.

Alors qu'elle a chanté pour la première fois en public, âgée de 17 ans, à l'école pour garçons qu'elle fréquentait, Dido se souvient qu'interpréter 'Summertime' et 'Cry Me A River' avec un orchestre de jazz était un pari risqué. "J'étais en osmose avec Ella Fitzgerald."

Dido a pris une autre direction, et semble avoir bu quelques verres de la Fontaine de Jouvence. Aujourd'hui, près de 25 ans plus tard (son 42ème anniversaire tombe le jour de Noël), elle élève un autre musicien dont le penchant premier et de jouer de la musique, et non pas de chanter.

Telle mère, tel fils.

"C'est un batteur incroyable", confie joyeusement Dido à propos de son fils Stanley, âgé de 2 ans, qu'elle a eu avec son époux Rohan Gavin, un auteur britannique qu'elle qualifie également de musicien talentueux.

Etant donné que les deux parents ont appris à jouer de la musique tôt dans leur vie, son fils "a probablement hérité d'un peu de ça dans son ADN." Mais la passion de Stanley réussit à l'étonner.

"Il ne s'arrête jamais... Depuis le moment où il a pu bouger ses mains, il ne s'est plus arrêté de jouer de la batterie, raconte Dido. Il ne me laisse même pas approcher de la batterie. Je n'ai jamais pu lui montrer comment en jouer, parce qu'il attrape toujours les baguettes et s'assoit pour jouer... Tout sert de batterie de substitution. Le moindre meuble, le moindre jouet se transforme en batterie, et il adore ça..."

"C'est tellement adorable à voir. Vous savez quoi ? Il oubliera sûrement cette obsession lorsqu'il aura 4 ans, mais pour l'instant, je crois que c'est un de ses grands plaisirs dans la vie."

Pour Dido, son petit garçon qui bat le rythme est sans doute l'interprète des meilleures chansons qu'ils soient.

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

The Huffington Post - 19 novembre 2013

Dear Diary: Going on Record, Dido Opens Up With Greatest Hits

Ultimately, Dido believes her upcoming collection of songs is "the crazy diary of my life" rather than a greatest hits record.

Dido's Greatest Hits, available on November 25 through RCA Records in standard and deluxe editions, covers almost 15 years, beginning in 1999 with the release of No Angel.

That and her three other studio albums, including last March's Girl Who Got Away, are nicely represented on this 18-song compilation, along with treats such as the Academy Award-nominated "If I Rise" (with A.R. Rahman) and "NYC," a lively new dance track that was released in October.

Eminem's "Stan," the rap single that put the UK woman who only needs one name on the U.S. map thanks to her sample of "Thank You," is also there, signifying the start of a remarkable global adventure.

The deluxe edition adds 13 remixes of some of her most popular songs, including a previously unreleased version of "White Flag (Timbaland Remix)."

Such examples provide proof that she was destined for greatness, yet during an overseas phone conversation last week, the lovely Londoner almost seemed embarrassed to attach superlatives to her work.

"Nice question," Dido said in a playful tone ranging somewhere between sweet and sarcastic when asked what makes this particular collection of songs great.

"It's not something that I would have suggested doing," she explained softly. "I didn't wake up one morning and think, 'Oh, I'm going to do a greatest hits album.' It never even crossed my mind."

After Sony approached her with the idea, Dido said she still was in the middle of making Girl Who Got Away and needed some time to consider it.

"And I thought as long as I can put together something that I truly love, that feels like a proper celebration of the last 15 years," there would be enough hours in the day to make it happen. Even for a Great Brit who's balancing being a wife-mother-daughter-sister-singer-songwriter.

Not that she needs a career validation, but perhaps Greatest Hits will serve as a gentle reminder of what Dido has quietly but skillfully accomplished since bursting on the scene.

The effortless grace of her understated vocals blend splendidly with the powerfully personal nature of her lyrics. Of course, the cool chanteuse who for years was cranking out platinum records and imaginative but tasteful videos without a wrecking ball or sledgehammer in sight doesn't mind some controlled chaos in her life.

The seasoned performer who plays various instruments, including guitar, keyboards, recorder and drums, enhances her sound with electronica dance beats, propulsive bass lines and impassioned collaborations with artists ranging from Eminem to Kendrick Lamar.

The winner of the MTV Europe Music Award for best new act in 2001 didn't watch the EMA's earlier this month, when Miley Cyrus' latest publicity stunt went up in smoke, but still was curious enough to ask if it was a good show.

"I think it's quite an exciting time," Dido said of today's pop music scene, too classy to diss anyone. "I like that people can put things out any which way. It's not necessarily a whole album. It's just sort of various collaborations and I think there's a lot of good stuff around."

Saying she's discovering new things everyday, Dido at the moment is raving about electronic act Pete Lawrie Winfield (under the guise of Until the Ribbon Breaks), recent albums by London Grammar (If You Wait) and Lorde (Pure Heroine), then added, "I actually downloaded the Eminem album (The Marshall Mathers LP 2) a couple of days ago; I'm really enjoying that."

Still, Dido remains a romantic throwback of sorts who still listens to music on the radio, influencing audiophiles who yearn for the days or yore before tell-all books and viral videos captured boys (and girls) behaving badly.

Simply put, she's told, the beauty of her music lies in the beauty of her music.

"I mean, yeah, it's sort of all I've got, really," she modestly said with a laugh, remembering when people thought Dido was the name of a Swedish band. "But I mean that's what I love. ... Back then, we didn't have to know each other quite so well. It was like, 'I just like this music and I don't care if I don't know anything about this person's life.'

"I think one of the reasons that someone like Adele resonates so much with people is that actually we don't know much about her life. And I think that's great. And it means that you listen to her songs and you make them your own."

Having sold more than 29 million albums, Dido has plenty of listeners worldwide. And though she said she's pleased with the response to Girl Who Got Away, her first studio album in five years after taking some time off to start a family, it only remained on the Billboard 200 charts for three weeks, peaking at No. 32. By comparison, her second album, Life For Rent, peaked at No. 4 and was on the list for 47 weeks.

In a world where fickle fans often ask -- "What have you done for me lately?" -- career interruptus might be an artist's biggest fear.

Being out of the limelight for so long would scare almost anyone who craves attention. But Dido didn't give it a second thought.

"It's not like I'm trying to hang on to anything, if that makes sense," she said, deciding to hold off on a "full-blown around-the-globe tour" until she completes her next record "hopefully" next year. "Like, you know, all I'm ever trying to do is make music and put it out there and it's there for people if they want to hear it. But I'm not feeling like a desperate need to hang on to a certain level of fame or anything like that."

Dido was more disappointed with the lukewarm reaction to 2008's mostly overlooked Safe Trip Home, the album she co-produced with Jon Brion that features Mick Fleetwood (drums), Brian Eno (keyboards) and her co-songwriting brother, Rollo Armstrong. The timing seemed right to press pause and make family a priority.

"I put my heart and soul into that record," she said without a tinge of bitterness. "And pretty much no one's heard it, which is fine, and it's sort of there to be heard one day."

Personally, she considers "Grafton Street" her most meaningful song "by far," written just after the 2006 death of her 68-year-old father, William O'Malley Armstrong, who had spent 10 years in the hospital.

No more trips to Grafton Street
No more going there
To see you lying still
While we all come and go


"'Grafton Street' still could make me cry," she said. "I'm not a big crier but if I was feeling vulnerable, that one definitely could...

"My whole life was sort of built around visiting him in the hospital and then getting on a plane and going and doing a show and then coming back and visiting the hospital," she said. "You know, we spent so much time together. We had these amazing times, even though the hospital was this really dark place. We had amazing times in that room. And it's sort of a song about, wow, actually really missing being with you in this place."

Admittedly, though, this "very, very honest" song "was quite hard to sing live," Dido said. "And I hadn't really thought it through, you know. And a lot of that album was very dark and quite hard to do live. Of course, I didn't really want to do a big tour on that particular record. And that's when I thought I'd disappear from view a little bit."

"Grafton Street" and "Quiet Times," also from from Safe Trip Home, "were some of the best songs I've ever written," she said. "And they don't get their moment in the sun."

Yet the ever resourceful entrepreneur decided to give them -- and listeners -- a second chance by including both in the Greatest Hits package.

When she finally committed to the project that "was sprung on me," Dido took total control of song selection.

"I had a crazy, crazy couple of weeks of putting the whole thing together. But it was really enjoyable," she said.

If others wanted to provide input, it was a matter of thanks, but no thanks.

"I basically told everyone that they were entitled to their opinions but ... (laughs) I definitely, I was very much like I could've sent out an email saying, 'You're very welcome to tell me what you want on it but this is my record, so I'm choosing.'... And I'm like, 'You know what, this feels right for me, so I trust my instincts on it.' "

While her calming, inspirational voice shines on tracks such as "Here With Me" and "Thank You," Dido revealed that she was a late bloomer when it came to singing.

"I don't remember a time not playing music," she said. "Like my earliest memories are from being at primary school playing recorder, playing music, and just running upstairs when I got home from school to practice. That's just all I wanted to do."

It's easy to understand why she never took a voice lesson, but to this day the perfectionist in Dido still thinks, "Maybe I should."

That's hard to believe, especially after hearing her innate gift, those golden pipes that don't require any fine-tuning.

Singing publicly for the first time as a 17-year-old at the boys school she attended, Dido recalled it was a risky move to perform "Summertime" and "Cry Me a River" with a jazz band and thought, "I was channeling Ella Fitzgerald."

Dido went in another direction, and apparently made a few side trips to the Fountain of Youth. Now, nearly 25 years later (her 42nd birthday is on Christmas Day), she is raising another musician whose initial inkling is to play music, not sing it.

Like mother, like son.

"He's an insane drummer," Dido joyously said about her 2-year-old Stanley with husband Rohan Gavin, a British writer who she said is also a great musician.

Since both parents learned to play music early in life, her son "is probably getting a little bit of that passed down through the DNA." But Stanley's passion even amazes her.

"He just doesn't stop. ... Since the moment he could move his hands, he hasn't stopped drumming," Dido said. "He won't even let me on the drum kit. So I've never been able to show him how to drum because he always grabs the sticks and just sits there. ... Everything's a drum. Like every single piece of furniture, every toy eventually becomes a drum and he just loves it. ...

"It's so sweet to watch. You know what? He'll probably forget all about it when he's 4, but right now I think that's one of his huge pleasures in life."

For Dido, her little drummer boy undoubtedly is delivering the greatest hits of them all.

(Source)

jeudi 7 novembre 2013

Express - 7 novembre 2013 [Traduction]

"Tout ce que j'avais en tête, c'étaient The Wiggles [Ndlt : un groupe de musique pour enfants] !" Dido révèle les risques du syndrome de la page blanche après avoir donné naissance à son fils

Malgré une carrière qui s'est étendue sur 15 ans, et le fait d'être l'heureux artisan d'un best of, Dido révèle qu'elle a souffert du syndrome de la page blanche après avoir eu son premier enfant.

L'auteur et interprète britannique explique qu'après la naissance de Stanley, âgé de deux ans, tout ce qu'elle entendait en boucle dans sa tête, c'étaient des jingles pour enfants.

Dans un entretien exclusif avec le Daily Express Online, Dido explique que même son époux, Rohan Gavin, a commencé à douter de ce que l'avenir réservait à l'interprète de 'White Flag'.

A propos du temps écoulé entre ses troisième et quatrième albums, Dido, 41 ans, déclare : "On a toujours l'impression de faire de la musique, et puis, en un clin d'œil, quatre ans ont passé."

"Bien sûr, j'ai eu un enfant, et je faisais différentes choses, mais quand Stanley est arrivé, je n'ai pratiquement rien fait pendant un an. Je passais du temps avec lui."

"Je ne pouvais rien écrire, de toute façon. Tout ce que j'entendais dans ma tête, c'était le jingle de The Wiggles."

"Je me rappelle de mon mari me disant : 'Je ne vois pas comment tu pourrais écrire une nouvelle chanson à l'avenir.'"

"On chante des comptines toute la journée, et quand on s'assoit au piano, on ne peut pas s'en défaire."

Elle poursuit : "C'est bizarre, maintenant, de jongler entre la maternité et ma carrière. C'est comme garder un équilibre entre deux choses diamétralement opposées."

"Avant le festival de Reading [Dido a fait une apparition pendant le concert d'Eminem], comme je devais passer tard, j'ai passé une super journée avec Stanley, je lui ai fait à manger, on a joué, puis je suis montée en voiture et puis sur scène."

"C'est éprouvant, mais c'est ce qui est bien : tout à un sens maintenant."

"Des années auparavant, j'aurais pu faire le plus grand concert de ma vie, avec le public qui chante en chœur, et ç'aurait été la chose la plus incroyable au monde, mais on ne le ressent pas forcément."

"Mais avec Stanley à mes côtés, je le ressens. C'est difficile à expliquer sans avoir l'air idiot, mais il a changé ma manière de voir la vie."

"Les petits détails ont une très grande importance maintenant. Et ça me rend beaucoup plus efficace en ce qui concerne le temps."

"J'avais l'habitude de trainer, assise dans le studio, pendant des jours entiers, pour réfléchir à une idée, sans que ça me mène quelque part plus vite ou plus efficacement.

La lauréate d'un Brit Award ajoute : "Je lui ai montré la vidéo de Reading, et il ne se rend pas vraiment compte de ce qu'il se passe, il dit simplement : 'Maman chante !' Et, pour moi, ça donne tout son sens à la vie."

Une autre raison qui a forcé Dido à lutter pour coucher ses idées sur la papier est qu'elle était, en gros, trop étourdie de bonheur.

Elle révèle que son inspiration pour écrire requiert normalement une situation "conflictuelle", mais elle ne pouvait tout simplement pas ressentir ça après avoir eu son fils.

Dido explique : "Les paroles ne peuvent pas être simplement gaies, ou simplement tristes. Si elles n'étaient que tristes, ce serait tellement épouvantable."

"J'ai vraiment remarqué ça quand Stanley est arrivé, étant donné que mes sentiments pour lui ne sont absolument pas conflictuels. Je l'aime, tout simplement."

"C'est le sentiment le plus pur, mais on ne veut pas écrire sur ça, il n'y a aucune part sombre."

"Une chanson à besoin d'obscurité et de lumière, de solitude, et elle doit peut-être même posséder un sentiment de d'isolement."

"Mais on ne se sent plus jamais seul lorsqu'on a un enfant ; j'ai totalement reconsidéré ma manière d'écrire."

"Je peux parfois utiliser l'émotion de l'histoire d'une tierce personne, puisque je peux ressentir très profondément les choses que d'autres ressentent. Si j'aime quelqu'un, et que cette personne souffre, je le ressens."

Dido, dont le best of sort le 25 novembre, confesse qu'elle a été surprise lorsque Sony l'a approchée pour le disque.

Mais lorsqu'elle a commencé à le mettre en place, ainsi que les remixes, elle s'est beaucoup impliquée dans le processus.

Elle raconte : "J'ai fini par réunir tous ces souvenirs, des photos, des anciens passes, des paroles originales, de rangements que j'avais oubliés. C'est devenu un incroyable journal intime."

"Les chansons rappellent des souvenirs tellement nets et vrais, comparés à la version confuse et floue dont on croit se souvenir."

"Alors quand j'écoute [un titre], je me souviens précisément où je me trouvais et ce que j'éprouvais lorsque j'ai écrit une chanson. C'était une variation de sentiments très émouvants."

"C'est sans aucun doute une célébration de ces 15 dernières années. J'aime réécouter, je ne me dis jamais que j'aurais dû changer telle chose ou telle autre."

"J'étais sur la route, en tournée, pendant tellement longtemps, et on s'habitue à jouer des titres en live d'une certaine manière. De sorte que, lorsqu'on réécoute un titre, on avait oublié ce que donnait la version enregistrée, et j'adore ça."

Traduction de Dido France. Reproduction interdite.

Express - 7 novembre 2013

'All I could hear was The Wiggles!' Dido reveals perils of writer's block after having son

DESPITE having a career that spans 15 years, and now being the proud artist of her Greatest Hits album, Dido revealed she hit writer's block after having her first child.

The British singer/songwriter said that following the birth of two-year-old Stanley, all she could hear in her head playing on loop were children's jingles.

Speaking exclusively to Daily Express Online, Dido explained that even husband Rohan Gavin began to question what the future held for the White Flag songbird.

Reflecting on the gap between her third and fourth albums, Dido, 41, said: "You always think you're making music, then suddenly four years has passed.

"Obviously I had a baby, and I was doing various things, then after Stanley came along I didn't do anything pretty much for the first year. I just hung out with him.

"I couldn't write anything anyway, all I could hear in my head was the jingle to The Wiggles.

"I remember my husband saying to me, 'I don't know how you're ever going to write another song again.'

"You find yourself singing these nursery rhymes all day, then you're sitting at the piano, and you can't clear them out."

She continued: "It's strange now, juggling motherhood and my career. It's like balancing two completely different entities.

"Before Reading Festival [Dido made a guest appearance during Eminem's set], I was on late, so had a lovely day with Stanley, made his dinner, played, got in a car, then went onstage.

"You do have to flip, but that is what's so lovely, everything means something now.

"Years ago, I might have been doing the biggest gig ever and everyone's singing along, and it's the most amazing thing in the world, but you don't necessarily feel it.

"Whereas with Stanley around, I feel it. It's hard to explain and sounds really naff, but he's changed the way I look at life.

"The little things mean so much now. And it also makes me really efficient with time.

"I used to sit around in the studio for days and days, just meandering on an idea, and it didn't necessarily get me anywhere any faster or better."

The BRIT-winner added: "I showed him the footage of Reading, and he doesn't really know what's going on, he just goes, 'Mummy, singing!' And that for me makes it all make sense."

Another reason Dido struggled to get her ideas down on paper was because she was, essentially, too giddy with happiness.

She revealed that being inspired to write songs usually requires a situation that's "conflicted", but she simply couldn't feel this way after having her son.

Dido said: "Lyrics can't just be happy, or just be sad. If it was just sad, it would be so miserable.

"I really noticed this when Stanley came along, as I just don't feel conflicted about him in anyway. I just love him.

"It's the purest feeling, but you don't want to write about it, there's no darkness to it.

"What a track needs is dark and light, loneliness, and maybe a solitary feeling within it.

"But you never feel lonely again when you have a child, I've definitely reassessed how I write.

"Sometimes I can use emotion from someone else's story, as I feel things quite deeply that others do. If I love someone and they're hurt, I feel it."

Dido, who is to release her Greatest Hits compilation on November 25, confessed she was surprised when Sony approached her about the record.

But as she began to piece it together, as well as the remixes, she became heavily involved in the process.

She said: "I ended up pulling all this memorabilia – photographs, old passes, original lyrics – out of storage I had forgotten I owned. It became this amazing diary.

"Songs bring back such clear, true memories, compared to the muddled hazy version we think we remember.

"So when I listen, I remember exactly where I was and how I was feeling when I wrote the song. It was an emotional roller coaster.

"It definitely feels like a celebration of the last 15 years. I enjoy listening back, I never think I should have changed that or that.

"I toured for so long, and you get so used to playing songs live in a certain way, that when you listen, you forget how the record sounded, which I love."

(Source)